Comme leur nom l’indique, les obligations perpétuelles n’ont pas de date de maturité : l’argent emprunté n’est donc, théoriquement, jamais remboursé par l’émetteur (ou parfois à une date qui n’a pas encore été fixée).
Quel est donc l’intérêt de ces titres ?
Si cela peut sembler à priori un peu étrange, les obligations perpétuelles constituent en fait des titres financiers au comportement spécifique, qui peuvent répondre à certains profils d’investisseurs, mais également être utilisés dans le cadre de diversifications d’actifs.
En effet, pour compenser la dimension perpétuelle (ou du moins inconnue dans le temps) de la dette ainsi que le caractère subordonné du titre (en cas de faillite de l'émetteur, le remboursement de ces titres ne sera possible que lorsque les autres créanciers [personnel, fournisseurs, détenteurs d'obligations classiques,...] auront été préalablement remboursés], les obligations perpétuelles distribuent des coupons qui offrent des rendements généralement largement supérieurs (parfois plus de 10%) aux taux offerts par les obligations classiques. Les investisseurs en recherche d’un cash-flow rapide et important doivent donc leur porter une attention particulière.
Le caractère perpétuel de ces obligations est théorique car certaines émissions prévoient la possibilité pour l’émetteur de racheter les titres émis à des dates déterminées. On dit alors de l'obligation qu’elle est "callable". Le prix du call dépendra de l'émission. Cela peut être au pair ou à un autre prix. Il est donc important de se référer aux notes d’opération qui précisent toutes les caractéristiques de ces titres un peu particuliers.
Toutefois, avant de miser sur ce type de produit, l’investisseur doit avoir en tête quelques spécificités des obligations perpétuelles.
D’abord, le coupon peut être fixe ou variable. Il peut également évoluer dans le temps. Fixe dans un premier temps, il pourra devenir variable après une certaine période. A chaque émission ses caractéristiques propres.
Pour autant, même s’ils portent le nom d’obligation, ces titres ne présentent pas le même profil de risque que les obligations classiques. Il s’agit en effet là d’un produit beaucoup plus spéculatif, étant donné que sa valeur future n’est aucunement garantie à terme (contrairement à une obligation qui vaudra toujours dans le futur la somme remboursée par l’émetteur à l’échéance, indépendamment des conditions de marchés).
Le cours d’une obligation perpétuelle est donc particulièrement sensible aux différents risques obligataires, et ceci de manière beaucoup plus exacerbée qu’une obligation classique. En effet, le rendement étant le principal attrait de ce produit, il est en effet logique que tous les paramètres qui puissent venir confirmer ou compromettre ce rendement aient des conséquences notoires sur la valeur du produit.
Alimentée soit par des paramètres intéressants directement l’émetteur (note de crédit, solidité financière) ou par des paramètres d’ordre macro-économique (taux d’intérêt), la volatilité sur ce type de produit obligataire est ainsi plus importante. De plus, l’inflation joue ici un rôle déterminant, en rognant plus ou moins rapidement la valeur réelle du coupon au fil du temps.
Mais sur ces titres particuliers, un autre facteur vient également accroître sensiblement le niveau de risque. En cas de difficultés financières de l’émetteur, une réduction du coupon distribué, voire même sa suspension temporaire, peut être décidée. De plus, en cas de faillite, les détenteurs d’obligations perpétuelles sont le plus souvent remboursés après tous les autres créanciers, c’est-à-dire jamais dans certains cas.
Ainsi, en terme de profil de risque, certains comparent les obligations perpétuelles aux actions : valeur future non garantie et rendement incertain en cas de difficultés financières. Mais attention, alors qu’une action est une part du capital de l’entreprise, l’obligation perpétuelle est une part de sa dette. Si ce produit n’ouvre donc pas les mêmes droits, il présente néanmoins l’indéniable avantage de proposer des rendements souvent supérieurs, pour une échelle de risque sensiblement identique. C’est là que réside donc tout son intérêt.













