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Le marché primaire est le « lieu » (il n’y pas à proprement parler d’endroit physique puisque toutes les transactions se font par ordinateur) où sont émises les obligations. Une société qui souhaite emprunter de l’argent auprès d’investisseurs, plutôt qu’à sa banque, va émettre des obligations sur le marché primaire obligataire. Pour cela, l’émetteur va mandater une ou plusieurs banques pour placer les titres auprès des investisseurs.

En général, le marché primaire obligataire, encore plus que celui des actions, est réservé aux investisseurs professionnels. Certaines émissions peuvent toutefois être, en partie ou en totalité, proposées aux particuliers dans le cadre d’offres publiques. Dans ce cas, l’émetteur devra respecter certaines règles, notamment en matière de communication et de documentation, sensées protéger les « petits épargnants ».

Les plus grands marchés obligataires sont ceux de la dette d’Etat. Les plus importants émetteurs, comme les Etats-Unis, l’Allemagne ou le Japon, mais aussi la plupart des pays de la zone euro et la Grande-Bretagne, procèdent régulièrement à des adjudications de dette sur de nouvelles émissions ou sur des lignes existantes.

C’est l’agence en charge de la gestion de la dette publique de ces Etats (US Treasury pour les Etats-Unis ou la Deutsche Finanzagentur pour l’Allemagne, par exemple) qui s’occupe de placer les titres dans le cadre de procédures d’enchères. En effet, pour obtenir le meilleur prix de marché, ces Etats placent leurs emprunts via des adjudications au cours desquelles un nombre limité de banques, triées sur le volet (les primary dealers), achètent les titres de dette publique en passant un ordre avec un prix défini. Une fois les enchères terminées, l’agence de gestion de la dette procède aux allocations en fonction des prix offerts et des lots demandés. Les primary dealers placent ensuite les titres auprès de leurs clients, mais ce n’est plus le marché primaire.

Certains Etats réservent certaines émissions aux investisseurs particuliers. C’est notamment le cas de la Belgique avec les émissions de bons d’Etat. Ces derniers sont destinés aux investisseurs non-professionnels et placés via un panel d’établissements placeurs agréés par le Ministère des Finances. Ont seuls accès au marché primaire des bons d’Etat, les particuliers et certaines associations. Ils sont émis quatre fois par an, en mars, juin, septembre et décembre. Les maturités vont de 3 à 8 ans.

Tous les Etats ne procèdent pas en outre à des adjudications. Ceux qui n’effectuent pas régulièrement des émissions mandatent des banques d’affaires pour effectuer leurs placements dans le cadre d’une procédure classique de constitution de livres auprès d’investisseurs qualifiés (professionnels), comme pour les obligations privées.

Les obligations privées (corporates, high yield, financières,…) sont en effet, généralement, placées dans le cadre d’une procédure de constitution de carnet d’ordres (book-building). Ce type de placement est réservé aux investisseurs professionnels. Les particuliers peuvent y participer, mais seulement par l’intermédiaire d’une banque ou d’une Société de Bourse comme Goldwasser Exchange, pas directement.

Les banques en charge de l’émission collectent auprès des investisseurs (sociétés de gestion, sociétés d’assurance, fonds de pension, caisses de retraite, banques privées, Sociétés de Bourse, courtiers,…) les ordres de souscription. Le client de la banque donne alors le montant qu’il souhaite recevoir.

Une fois les ordres collectés, les banquiers allouent des lots à chacun de leurs clients. Cette étape du processus d’émission est très opaque. Généralement, l’allocation est en fonction de la relation entre la banque et son client, et de la taille de l’investisseur. Les émetteurs privilégient plutôt les investisseurs dits « buy and hold », car ils souhaitent avoir des investisseurs stables. Ces derniers sont souvent privilégiés par rapport aux hedge funds.

Certaines émissions peuvent se faire via une offre publique. Dans ce cas, l’émetteur propose une partie ou la totalité des obligations aux particuliers. Le prix de souscription est fixé à l‘avance. L’investisseur individuel connaît donc le rendement de l’obligation. Il ne lui reste plus qu’à passer un ordre sur la quantité voulue. En cas de succès de l’opération, il recevra, généralement, une quantité inférieure à celle demandée, en fonction de l’allocation. Il pourra alors compléter sa ligne sur le marché secondaire s’il le souhaite.