High yield, spéculative, junk, … Derrière ces termes se cache une seule et même catégorie, celle des obligations à haut rendement.
Si ces titres offrent des rendements élevés, c’est parce qu’ils ont été placés par des émetteurs présentant un profil de risque important. Une situation qui s'explique par une position financière (devenue) délicate, une taille (de bilan) insuffisante, un secteur, un modèle ou un contexte économique difficile. En corollaire, ces émetteurs ont donc une capacité (potentielle) plus limitée à faire face au remboursement de leur dette.
Comment distinguer ces émetteurs à risque élevé des autres? Par la note (rating) attribuée à leur dette à long terme.
Les émetteurs de la catégorie « high yield » ont un rating égal ou inférieur à BB+ chez Standard & Poor’s et Fitch, ou Ba1 chez Moody’s. Au-dessus de ces ratings, se trouve la catégorie « investissement grade », c’est-à-dire celle des émetteurs jugés plus solides.
Le niveau de ce rating influe directement sur la prime de rendement que devra offrir un émetteur pour placer une nouvelle obligation. Plus le rating sera faible, plus l’émetteur sera considéré comme risqué, et plus il devra offrir une prime (de risque) conséquente par rapport à un investissement réputé sûr. L’écart entre le rendement offert par un emprunt « high yield » et le rendement d’un placement sans risque constitue la prime de rendement, ou en encore la prime de risque. Celle-ci est exprimée en point(s) de base ou en pourcentage (100 points de base égalent un pourcent). La prime de rendement est un bon baromètre pour évaluer/situer une émission obligataire.
Spécificités possibles des emprunts high yield
Les émissions « high yield » peuvent avoir certaines spécificités. Les plus courantes sont un « call » dans le chef de l’émetteur, et un « put » dans le chef du détenteur de l’obligation.
Dans le cas d’un call, l’émetteur dispose du droit de rembourser par anticipation son obligation – on dit alors que l’emprunt obligataire est callable (par référence au call) – à certaines dates précises et à un prix déterminé à l’avance. En général, la première date du call est fixée plusieurs années après l’émission de l’obligation. Ce délai permet de garantir au porteur de l’obligation un minimum de rendement. L'émetteur, peut, quant à lui, être tenté d'exercer ce call aussi tôt que possible, si sa situation financière s'améliore et qu'il peut alors emprunter à des taux plus faibles.
Les détenteurs de titres peuvent bénéficier quant à eux d’un put. Ils disposent alors du droit de se faire racheter l’obligation par l’émetteur, à un prix connu à l’avance. Cependant, il y a, dans la plupart des cas, des conditions à l’exercice de ce put, comme par exemple un changement dans l’actionnariat de l’entreprise. Le détenteur de l’obligation, qui ne serait pas d’accord avec la politique de management du nouvel actionnaire, pourrait être alors tenté de se faire racheter son obligation, en exerçant son put.
Si de telles clauses sont prévues dans le cadre de l’émission obligataire, elles sont nécessairement détaillées dans le prospectus d’émission. Une lecture attentive de celui-ci s’impose, avant de souscrire à l’émission obligataire.











