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La possible réaction des marchés en cas de victoire de Marine Le Pen

A quelques semaines des élections présidentielles françaises, Marine Le Pen semble toujours en tête des intentions de vote du premier tour, selon un sondage Opinionway-Orpi publié cette semaine. Quelle pourrait être la réaction des marchés en cas de victoire du FN ?

Selon les analystes d’UBS, le sort des marchés en cas de victoire de Le Pen n’est pas très réjouissant.

Ils tablent en effet sur une perte allant jusqu’à 35% du marché des actions, un effondrement de l’euro de 10% et des écarts de rendement (spreads) entre les obligations de la zone euro et les Bunds allemands de référence pouvant atteindre jusqu’à 5%.

Les mêmes analystes estiment par ailleurs que l’impact pourrait s’étendre hors Europe. Ils chiffrent une perte potentielle du rendement des Treasuries de 100 points de base ainsi qu’une chute de 30% des actions des marchés émergents et de 15% de leur devise.

Les principales banques françaises en ligne de mire

Selon Citigroup, l’une des plus grandes banques du monde, les principales banques françaises risquent également de perdre des plumes en cas de victoire de Le Pen, en voyant fondre leur valeur boursière d’un quart.

Leurs experts estiment ainsi notamment que les activités bancaires sur le territoire français seraient moins rentables, que les revenus stagneraient et que les pertes sur les emprunts seraient en hausse.

« D'après nos simulations, BNP semble la banque présentant le risque de baisse le moins prononcé, tandis que Société Générale a le plus fort. Plus l'exposition à la France, à la dette souveraine française et aux activités de banque d'investissement et de financement est élevée, plus le potentiel de baisse l'est aussi. En moyenne, notre scénario conservateur « sous stress » indique des valorisations inférieures d'environ 25% par rapport à leurs cours de Bourse actuels. »

Citigroup pense cependant que la probabilité de voir Marine Le Pen occuper la présidence de la France est de l’ordre de 20%. Cette victoire du Front National n’est peut-être pas prête de se présenter, mais les récents événements tels le Brexit ou l’élection de Donald Trump nous rappelle de ne pas forcément sous-estimer les scénarios jugés peu probables.  

Les obligations bancaires ne semblent actuellement pas préoccupées par ce scénario

Du côté obligataire, les banques ne semblent (à ce stade) pas intégrer ce risque potentiel.

A titre d’exemple, la perpétuelle* subordonnée BNP Paribas au coupon de 4,875% s’affiche ce jour à plus de 102% du nominal, flirtant avec ses plus hauts historiques, et portant le rendement à 4,755%. Le titre est disponible par coupures de 1.000 euros et est noté BBB- par l’agence de notation Standard & Poor’s, dans le bas de la catégorie investissement.

Sources et note

Les Echos – Les actions en zone euro chuteraient de 35% si Le Pen gagnait, selon UBS

La Tribune – Le scénario noir pour les banques en cas de victoire de Le Pen

* Nous avons sélectionné la perpétuelle en euro de la banque BNP Paribas étant donné que ce sont les titres aux plus longues échéances qui fluctuent le plus lors de craintes sur les marchés