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La dette française plus risquée que la dette belge

Le constat est sans appel. À choisir entre la dette souveraine française et la dette souveraine belge à long terme, c’est désormais la seconde qui l’emporte chez les investisseurs. Cette tendance est très nette depuis la mi-février.

Pour ne citer qu’un exemple, les investisseurs exige ce lundi matin un rendement de 0,556% pour détenir du papier belge à 10 ans contre 0,597% pour son homologue français. À plus long terme encore (30 ans), les rendements s’élèvent à respectivement 1,334% et 1,412%.

La France bénéficie pourtant d’une note meilleure note que sa voisine. Chez Moody’s, la République française peut compter sur un « Aa1 », deux crans supérieurs au Royaume de Belgique (« Aa3 »). Les deux pays bénéficient d’un rating identique (« AA ») chez Standard & Poor’s et Fitch.

Meilleure santé économique

Contacté par Oblis, Jean Deboutte, Directeur Stratégie et Gestion des Risques de l'Agence de la Dette, explique : « Depuis le début de cette année, on voit qu’il y a plus d’achats d’OLO (*) belge de la part de l’Asie. Il semble même qu’on ait gagné quelques clients, quelques gros même.

Pendant tout un temps, les rendements belges et français étaient plus ou moins équivalents. Dans un premier temps, les investisseurs ont sans doute privilégié la dette française qui offre une liquidité légèrement supérieure en cas de grosses transactions. »

Mais visiblement l’argument de liquidité n’est plus un critère déterminant en faveur de la France. Jean Deboutte estime que les investisseurs retiennent désormais la meilleure santé économique affichée par la Belgique, tandis que la facilité de notre pays à se financer en devises étrangères a renforcé sa crédibilité sur la scène internationale.

« En termes de croissance économique, la Belgique a fait mieux que la France. Dernièrement, notre plat pays a échappé aux sanctions de la Commission européenne tandis que la France, qui affiche un déficit supérieur au nôtre, a obtenu un délai supplémentaire de deux ans (pour mettre de l’ordre dans ses comptes). En outre, les derniers commentaires du FMI et de la Commission européenne étaient assez positifs sur la Belgique. Le gouvernement de centre droit et les réformes réalisées semblent plaire aux investisseurs. La confiance semble là. »

Facilité d’emprunts en devises étrangères

« Le fait que la Belgique puisse sans problème solliciter le marché obligataire libellé en devise étrangère semble également rassurer les investisseurs », poursuit Jean Deboutte.

La Belgique a notamment émis pour deux milliards de dollars il y a quelques jours, rémunérés avec un coupon de 1,125%. « C’est un élément de soutien important, alors que la France n’émet toujours pas en devises étrangères ».

Dagong

La décision de l’agence chinoise Dagong, le 16 février dernier, de dégrader la note souveraine française a sans doute participé aussi à créer une certaine méfiance vis-à-vis du papier français.

Certes moins suivies que ses grandes sœurs Moody’s, Standard & Poor’s ou Fitch, Dagong note désormais la France à « A » contre « A+ » précédemment. Elle a justifié sa décision par « la faiblesse de la croissance économique qui a retardé le processus de consolidation budgétaire ». L’agence s'interroge aussi sur les capacités du gouvernement français à rembourser sa dette.

Sources - Notes

L’agence chinoise Dagong dégrade la dette française

(*) Rappelons utilement que les obligations linéaires (OLO) sont le principal outil de financement de la Belgique sur le marché des capitaux.