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Plusieurs acheteurs potentiels pour Air Berlin

Après que son actionnaire principal, Etihad, ait refusé mardi dernier de verser une nouvelle tranche de 50 millions d’euros d’un prêt global de 350 millions promis en avril, la compagnie aérienne allemande Air Berlin n’a pas eu d’autre choix que d’annoncer son dépôt de bilan.

Etihad, qui injectait des fonds à perte dans la compagnie allemande depuis six ans, a justifié sa décision en indiquant qu’Air Berlin avait manqué les objectifs qu’elle s’était elle-même fixés. Après Alitalia, c’est donc deux partenaires importants d’Etihad qui font faillite en peu de temps, marquant l’échec de la stratégie de la compagnie arabe consistant à multiplier les partenariats européens.

Suite à cette nouvelle, le ministère de l’économie allemand a annoncé avoir accordé un prêt d’urgence de 150 millions d’euros à Air Berlin, afin de permettre à la compagnie de maintenir ses vols ces trois prochains mois et d'essayer de trouver une solution pour les 8.500 salariés.

Lufthansa, Condor et easyJet intéressés de reprendre certains actifs

Depuis une semaine, les discussions vont bon train pour savoir comment va être reprise la compagnie aérienne allemande. Dans un entretien avec le quotidien Frankfurter Allgmeine Zeitung, le CEO d’Air Berlin Thomas Winkelmann a indiqué dimanche, que deux ou trois compagnies pourraient reprendre certains actifs, dont le leader allemand Lufthansa. Ce dernier, qui avait en effet déjà marqué son intérêt pour reprendre son concurrent en juin dernier, a réaffirmé celui-ci dès l’annonce de la faillite.

Bien que Thomas Winkelmann n’ait pas souhaité citer les deux autres intéressés, il a toutefois souligné qu’ils sont « sérieux sur le plan financier, suffisamment importants en termes de volume pour assurer un avenir à Air Berlin et souhaitent opérer depuis l’Allemagne ». Sur le site du Journal de l’Aviation, les noms de Condor, filiale de Thomas Cook, et d’easyJet sont évoqués.

Alexander Dobrindt, le ministre allemand des Transports, a déclaré au Rheinishe Post, espérer que l’essentiel revienne à Lufthansa. « Nous avons besoin d'un champion allemand dans le transport aérien international. C'est pourquoi il est essentiel que Lufthansa puisse reprendre une part importante d'Air Berlin », a-t-il mentionné.

Les négociations entre Air Berlin et Lufthansa semblent déjà avoir commencé. Toujours selon Le Journal de l’Aviation, un accord portant sur l’intégration dans la flotte du leader allemand, de 90 des 140 appareils d’Air Berlin pourrait être conclu dès la semaine prochaine.

Les parties devront cependant compter avec le Bundeskartellamt allemand (office fédéral de lutte contre les cartels) et la Commission européenne. Une union entre la première (Lufthansa) et la deuxième (Air Berlin) compagnie allemande, concurrentes jusqu’à présent, pourrait en effet créer des situations de quasi-monopole sur plusieurs secteurs.

Les obligations 2018 et 2019 en légère hausse

Alors que les obligations s’étaient totalement effondrées le jour de l’annonce de la faillite, affichant un cours d’environ 5% pour l’échéance 2019 et de 7% pour la 2018, celles-ci s’échangent toutes les deux ce jour à un cours proche de 15% du nominal.

L’intérêt marqué par plusieurs potentiels repreneurs permet d’expliquer cette légère hausse. En effet, la vente des actifs d’Air Berlin permettra éventuellement, en fonction des sommes récoltées, de rembourser certains de ses créanciers (selon le rang du subordination), même partiellement. Un énorme coup de poker pour ceux qui se positionnent actuellement sur ces emprunts.

Sources

Le Monde – Lâchée par son actionnaire Etihad, Air Berlin dépose le bilan

Le Journal de l’Aviation – Trois compagnies pourraient se partager les actifs majeurs d’Air Berlin