Goldwasser Exchange

+32 (0)2 533 22 40
Du lundi au vendredi de 8h30 à 18h

Accès client

En dépit des tensions, Moscou et Gazprom se financent sur le marché londonien

Malgré les tensions accrues entre le gouvernement britannique et son homologue moscovite, la société gazière contrôlée par le Kremlin et le Trésor russe sont venus se refinancer sur les marchés londoniens la semaine passée.

Tandis que Theresa May prononçait un discours musclé, menaçant de sanctions Moscou suite à la tentative de meurtre sur un ancien espion russe, Gazprom se refinançait à Londres, au détour d’un emprunt de 750 millions d'euros à huit ans.

« Business as usual ? » C’est ce dont se vantait en tout cas l’ambassade russe au Royaume-Uni dans une série de tweets à destinations des politiciens britanniques. Elle se félicitait ainsi « d’avoir émis des obligations à Londres et d’avoir pu compter sur une demande trois fois supérieure à l’offre ».

Dans le même temps et en dépit de la montée des tensions entre les deux gouvernements, le ministère russe des Finances levait avec succès quatre milliards de dollars, dont près d’un milliard aurait été souscrit par des investisseurs londoniens, selon le Financial Times.

L’opération constituait en l’émission d’une obligation remboursable en 2029 assortie d’un coupon de 4,625%, ainsi qu’à l’augmentation de la taille d’un emprunt existant, remboursable en 2047 et rémunéré par un coupon de 5,25%.

Clauses inhabituelles

Les observateurs attentifs auront toutefois remarqué que des clauses pour le moins inhabituelles ont été introduites dans les prospectus d’émission de ces deux obligations, lesquels prévoient notamment « une possibilité de paiement en devises alternatives » explique Oleg Kouzmin, analyste de la banque d'investissement Renaissance Capital à Moscou.

La page 217 du prospectus de l’obligation remboursable en 2047 stipule notamment que, "si pour des raisons indépendantes de sa volonté, la Fédération de Russie se voit incapable de rembourser le capital ou les intérêts en dollars américains, elle fera en euros, en livres sterling ou en francs suisses".

« Il s’agit d’une clause totalement inhabituelle et nouvelle dans le cadre de l’émission d’obligations souveraines », précise Oleg Kouzmin. Dans le cas de l'obligation remboursable 2029, Moscou aurait même la possibilité d'effectuer les remboursements en roubles.

Il semblerait que ces dispositions soient destinées à protéger les porteurs obligataires dans le cas où les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou d'autres pays décideraient de nouvelles sanctions à l’égard de la Russie, lesquelles lui empêcheraient d’honorer ses paiements en devises fortes.

A noter que ces refinancements cadraient avec le plan d'emprunts à l’étranger prévu dans le budget russe pour l’année en cours.

"Nous savons depuis toujours que ces émissions n'ont d'autre but que d'alimenter le jeu géo-politique", a expliqué, toujours au Financial Times, un gestionnaire d'actifs basé à Londres.

"Les Russes veulent simplement montrer que l'Occident ne peut pas les empêcher d'émettre de la dette et que les sociétés financières occidentales sont toujours disposées à financer la Russie ».

Source

This is Money, 'Business as usual?' Russian gas firm Gazprom used London money markets this week to raise nearly £700m