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Focus sur l’industrie papetière

Dans le cadre d’une bonne gestion d’un portefeuille obligataire, il est sain de diversifier ses positions, ce qui permet en principe de réduire le risque global, tout en maintenant un certain niveau de rendement. Cette diversification peut passer, éventuellement, par des obligations du secteur papetier.

L’industrie regroupe les entreprises productrices de pâte à papier (à partir de bois ou de matières recyclées), laquelle sert de base à la fabrication de supports d’impression ou à usages graphiques, d’emballages ou autres matériaux plus spécifiques comme les articles d’hygiène par exemple.

Le compartiment est dominé par quelques grands acteurs alors que les investissements en biens d’équipement (machines de production) se chiffrent en centaines de millions d’euros. On peut citer notamment International Paper, par ailleurs principal fabricant de boîtes en carton ondulé d’Amérique du Nord. On retrouve également comme acteur de taille le hollando- finlandais Stora Enso ou encore Smurfit Kappa, le leader en Europe au niveau de l’emballage à base de papier.

Boom de l’e-commerce

Le secteur, hautement cyclique, profite pour l’instant d’un contexte favorable grâce à l’amélioration de la conjoncture économique au niveau mondial, à l’explosion du commerce électronique ou encore aux politiques de substitution des sacs en papier aux sacs plastiques. A l’opposé, le rôle sans cesse plus important joué par la Chine au niveau de la demande de pâte à papier pourrait freiner l’expansion du secteur européen, en leur limitant l’accès aux matières premières.

Fusions et acquisitions

C’est dans ce contexte que l’américain International Paper a lancé fin février une offre de rachat non sollicitée sur Smurfit Kappa, qui l'a rejetée à deux reprises la jugeant sous-valorisée. International Paper avait déjà tenté de racheter son concurrent il y a trois ans. L’opération s’inscrit dans le contexte d'une vague de rachats dans l’industrie. Le sud-africain Mondi et le britannique DS Smith ont également réalisé des acquisitions ces derniers mois.

L’offre d’International Paper a eu des répercussions négatives pour l’entreprise sur le marché obligataire, les investisseurs craignant pour l’évolution de l’endettement du papetier, comme le reflète la baisse du prix de son obligation d’une taille de 1,1 milliard de dollars, à échéance 2027 et au coupon de 3%. Elle se négocie actuellement aux alentours de 90,45% du nominal, correspondant à un rendement de 4,31%.

Moins médiatique, la victoire remportée par le brésilien Suzano Papel e Celulose dans la course au rachat de son compatriote Fibria Celulose SA, lui permettra de créer le numéro un mondial de la pâte à papier. La société cible est présente sur le marché secondaire à travers sa structure Fibria Overseas Finance qui a notamment émis un emprunt à échéance 14 janvier 2025 au coupon de 4%. L’obligation peut être achetée à 97,84% du nominal, de quoi tabler sur un rendement de 4,37% pour cette souche obligataire notée « BBB- » chez S&P et disponible par 2.000 dollars.

Toujours au Brésil, Klabin, spécialiste de l’emballage industriel à base de pâtes à papier, a émis en septembre dernier un emprunt de 500 millions de dollars rémunéré par un coupon de 4,875% et d’une durée de 9 ans. L’obligation se négocie à 97,4% du nominal, correspondant à un rendement de 5,23%. La coupure est de 200.000 dollars et le rating « BB+ » chez Standard & Poor’s.

Plus récemment, le finlandais Stora Enso a proposé aux investisseurs cette souche obligataire dont l’échéance est fixée au 21 mars 2028 au coupon de 2,5%. Il y a moyen d’acheter cette obligation à 99,99% du nominal, ce qui permet d’espérer un rendement 2,50%. L’emprunt, qui ne bénéficie d’aucun rating, se négocie par coupures de 100.000 euros.

Sources

L’industrie papetière relève la tête (LesEchos.fr)

Boxed in? Smurfit fights to escape the clutches of US rival (Irishtimes.com)