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Carton plein du Monténégro sur le marché obligataire en euro

Le gouvernement du Monténégro ne cachait pas sa satisfaction le 12 avril dernier, après avoir placé un emprunt obligataire en euro, la première émission dans cette devise pour le pays depuis 2016.

Le Monténégro a placé pour 500 millions d’euros d’obligations d’une maturité de 7 sept ans et d’un coupon de 3,375% sur les marchés internationaux. Il s’agit de la sixième et de loin la plus favorable transaction en termes de maturité et de prix, selon un communiqué des autorités.

L’opération a attiré 160 investisseurs internationaux venus des États-Unis, d’Europe et d’Asie. L’intérêt soutenu - la demande a été trois plus élevée que l’offre - a permis au Ministère d’améliorer ses conditions de financement.

Dans les premiers échanges sur le marché secondaire, l’obligation se négocie en légère hausse, à 99% du nominal contre un prix d’émission de 98,477%. L’investisseur peut tabler sur un rendement de 3,539%, par coupures de 100.000 euros (en nominal).

Des fonds collectés, 362 millions d’euros seront consacrés au refinancement d’obligations en euros émises en 2014, 2015 et 2016. Le solde est destiné à créer une réserve budgétaire en vue du paiement d’autres dettes arrivant à échéance l’année prochaine.

« Nous espérons que le succès du nouvel emprunt, ainsi que le soutien continu du FMI et de la Banque mondiale se traduiront par une augmentation de la cote de crédit du Monténégro », ont encore déclaré les autorités en marge de l’opération.

L'atout de l'adhésion européenne

Moody’s attribue un rating « B1 » au Monténégro. En octobre dernier, l’agence avait relevé la perspective d’émetteur à long terme de négative à stable, grâce aux mesures de consolidation prises par le gouvernement monténégrin, aux grands projets d’infrastructures dans les transports, le tourisme et l'énergie, ainsi que dans la perspective d’adhésion à l’Union européenne.

Même si l’adhésion n’est pas prévue avant 2025, Moody’s s’attend à ce que le processus lui-même améliore déjà l’environnement opérationnel et augmente la croissance potentielle.

En outre, l’ex République yougoslave, petit pays dont l’économie est très ouverte, dépendante notamment du tourisme et de l’énergie et qui affiche un déficit commercial important et récurrent, peut compter sur des atouts comme un PIB relativement élevé par habitant (par rapport à ses homologues régionaux) et sur l’utilisation de l’euro.

Toutefois, malgré des indicateurs conjonctures favorables, Moody’s s’attend à un ralentissement de la croissance du PIB à 3,5% en 2018 et à 3% en 2019, suite entre autres aux importantes mesures d’assainissement budgétaire prises (en vue de l'adhésion à l'Europe). Autre point faible : une part importante de la dette est libellée en devises étrangères.

Le ministre des Finances monténégrin a indiqué début avril qu’il voulait réduire le ratio de la dette publique /produit intérieur brut (PIB) à 59,3% à l’horizon 2020. La dette publique du Monténégro devrait atteindre un pic de 70,5% du PIB en 2018 contre 65,1% l'année dernière, en raison des coûts de construction de l'autoroute entre le port de Bar et Boljare, à la frontière serbe.

Sources

Les communiqués des autorités du Monténégro

Montenegro's credit profile balances relatively high wealth levels and EU prospects against weakening government debt metrics (Moody's.com)