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Le point sur l’emprunt argentin remboursable en 2117

Il y a moins de douze mois, l’Argentine levait aisément 2,75 milliards de dollars à cent ans, signe, sans doute, des excès du marché obligataire. Aujourd’hui, plombé par la chute de sa devise, le gouvernement n’a d’autre choix que d'appeler à l'aide le Fonds Monétaire International.

Alors que son dernier défaut de paiement remonte à 2001, la troisième économie d'Amérique latine va-t-elle connaître une nouvelle banqueroute ? C’est ce que cherche visiblement à éviter le Président Mauricio Macri, qui a « préventivement décidé d'entamer des discussions avec le FMI, en vue d’obtenir une ligne de soutien financier ».

Le Président de centre-droite espère ainsi rassurer les marchés et enrayer la chute du peso argentin, lequel a perdu non moins de 10% ces deux dernières semaines et près de 20% depuis le début d’année.

Pour freiner la dépréciation de sa devise, la Banque centrale du pays a bien relevé à plusieurs reprises son principal taux directeur pour le porter à… 40%, un niveau inédit à l’échelle mondiale. But de l’opération: convaincre les argentins de placer leur argent en devise locale plutôt que d'acheter des dollars, monnaie refuge lorsque l'inflation est élevée.

La baisse du peso, qui soit dit en passant atteint 95% depuis l’abandon de la parité avec le dollar il y a dix-sept ans, s’explique bien sûr par l'effet de la hausse des taux des bons du Trésor américain et du billet vert, et qui touche d’ailleurs l’ensemble des pays émergents.

Mais l'Argentine fait également face à une crise de liquidités, « passagère », selon Macri, provoquée par un choc exogène et des facteurs climatiques, « en l'occurrence une sécheresse exceptionnelle qui entraîne une baisse de la production agricole, secteur clé d'exportation », souligne Le Figaro.

Hausse des rendements obligataires

Sur le marché secondaire, où s’échangent les emprunts d’Etat et d’entreprises, les investisseurs ont revu à la hausse leur prétention de rendement sur la dette du pays.

Ainsi, le bon d'Etat argentin échéant en 2117, émis l'été passé, se traite désormais autour des 88% du nominal, portant son rendement annuel à plus de 8% en dollar.

Avec un certains recul, prêter à cent ans son argent à un pays qui a fait huit fois défaut sur sa dette peut paraître insensé, et être considéré comme le summum de la folie haussière du marché obligataire des dernières années. Et ce d’autant que la dette argentine reste considérée comme très spéculative aux yeux des agences de notation.

L’objectif de l’investisseur était-il pour autant d’acheter cette obligation afin que ses petits-enfants profitent du remboursement du capital à l’échéance ?

C’est possible, mais comme le Financial Times le rappelait ce vendredi, pour autant bien sûr que l’Argentine ne fasse pas défaut, et sachant que le coupon annuel est généreux (7,125%), ce même investisseur aura récupéré sa mise de départ en 2030.

On notera à ce tire que si le cours de l’obligation affiche une décote de 17 points depuis son plus haut observé en octobre dernier, elle ne se traite que de deux points en-dessous de son prix d’émission, l’emprunt ayant en effet été émis sous le pair à 90%.

Signalons encore que le trésor argentin a également émis des emprunts en euro, dont la tranche remboursable en 2027 qui affiche un rendement annuel supérieur à 6%, sur base d’un cours de 92% du nominal (coupure de 100.000 euros).