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Les obligations Pemex en euro/dollar sous pression, le point sur la situation

Retour sur les obligations émises par l’entreprise mexicaine qui ont perdu plusieurs points ces dernières semaines, et ce, malgré le fait que l’agence Moody’s ait revu positivement ses vues sur la dette du pétrolier.

Ainsi, l’émission remboursable en 2023 au coupon de 3,50% par coupures de 2.000 dollars a perdu plus de cinq points cette année tombant à 92% du nominal, contre un rendement annuel porté à 5,30%.

Même topo pour l’emprunt en euro échéant en 2026, assorti d’un coupon de 3,75%, qui se traite désormais à 97,56% du nominal, pour un rendement annuel de 4,12%.

Comme indique le graphique, la baisse des cours a été pratiquement continue depuis le début de l’année. Même la décision communiquée par Moody's en avril dernier, de réviser ses perspectives de notation de « négative » à « stable », n’a pas été en mesure d’interrompre l’érosion.

L’agence assigne pour rappel un « Baa3 » à la dette senior non-sécurisée émise par Pemex, dans la catégorie des investissements jugés de bonne qualité par Moody's.

Le resserrement monétaire en vigueur aux Etats-Unis, rendant comme vous le savez les placements en dollar plus rémunérateurs, est semble-t-il la principale raison à cette baisse des cours des obligations émises par l’entreprise pétrolière, principal contributeur fiscal du Mexique.

 

Risque politique ?

Le risque politique pourrait également avoir refroidi les investisseurs, alors que le Mexique va connaître d’ici quelques semaines ses élections fédérales présidentielles.

Il faut savoir que le favori du suffrage n’est autre que López Obrador, l'ancien maire de la capitale, que ses rivaux qualifient de populiste. En dehors de sa croisade anticorruption, le candidat « anti-élite » combat vigoureusement les réformes énergétiques et les investissements étrangers dans le secteur pétrolier. Il s'est d’ailleurs engagé à les réviser, voire les révoquer s’il était élu.

Selon Johan Nebel, analyste financier chez Bridport & Cie et chroniqueur pour un média financier suisse, "bien que cela puisse s'avérer difficile, il est probable que cette nouvelle lourdeur administrative pèse sur les investissements étrangers, ce qui en finalité, réduira le flux de liquidité de Pemex et par conséquent, le service de sa dette.

"Il est également possible que Pemex ne voit son argent siphonné par le nouveau gouvernement, comme ce fut le cas pendant de nombreuses années avant les réformes", ajoute Johan Nebel.

On rappellera au passage qu’avec une dette de près de 100 milliards de dollars, PEMEX est le plus grand émetteur d'obligations d'entreprises en Amérique Latine mais aussi la major la plus endettée.

A propos de Pemex

Détenue à 100% par l’Etat mexicain, Pemex est une société pétrolière et gazière mexicaine entièrement intégrée. Elle est impliquée dans tous les aspects de la chaîne de valeur du pétrole et du gaz, de l'exploration, la production, le raffinage, la distribution et la commercialisation. Elle est détenue à 100% par le gouvernement mexicain.

Source

allnews.ch, Obligations: le cas PEMEX