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Le courant passe mal entre Tesla et ses créanciers obligataires

L’optimisme affiché par Elon Musk, le patron de Tesla, célèbre fabricant de voitures électriques, contraste nettement avec le message envoyé par les investisseurs, et plus particulièrement le marché obligataire.

L’obligation Tesla, d’une maturité égale au 15 août 2025 et d’un coupon de 5,3%, se négocie aux alentours de 88% du nominal, de quoi tabler sur un rendement de 7,54%. Au niveau actuel, l’emprunt n’est pas très loin de ses plus bas historiques (de l’ordre de 86%) du nominal testé à plusieurs reprises ces dernières semaines (en avril, mai et juin). Le rebond observé entre ces bornes temporelles n’aura donc pas tenu bien longtemps, signe de la nervosité persistante des créanciers.

Plusieurs raisons peuvent expliquer la frilosité des investisseurs.

Il y a d’abord les interrogations lancinantes au niveau de la capacité du constructeur à atteindre ses objectifs quantitatifs (et qualitatifs) au niveau de la fabrication de son Model 3.

Le comportement d’Elon Musk, qui a attaqué et traité avec désinvolture les analystes via le réseau social Twitter, en est une autre. Cette attitude pourrait se retourner contre lui, le jour où l’entreprise aura besoin de lever des capitaux pour poursuivre son développement, avertissait un trader. Tesla ne dégage actuellement aucun cash, elle consomme (« brûle ») même de l’argent. Et l’évolution des activités sur le plan opérationnel fait dire aux observateurs que tôt ou tard le fabricant devra lever des fonds.

Dans une estimation récente, Goldman Sachs évaluait les besoins en capitaux supplémentaires de Tesla à 10 milliards de dollars d’ici 2020 (+/- un cinquième de sa capitalisation boursière actuelle). Le constructeur d’automobiles pourrait émettre des emprunts obligataires, des obligations convertibles ou avoir recours à une augmentation de capital, estimait la banque d’affaires. Mais le niveau actuel de l’action (en baisse de 13% sur un peu moins d’un mois) et/ou des rendements sur le marché obligataire ne faciliteront pas la tâche d’Elon Musk.

Les emprunts Tesla avaient bien repris un peu de hauteur en juin, en réaction aux prévisions plutôt optimistes du patron de Tesla. Celui-ci anticipait par exemple d’atteindre un free cash-flow positif au second semestre de cette année, selon un analyste présent sur place. « C’est loin de notre prévision d’un besoin de cash de 1,4 milliard de dollars au second semestre 2018 », a réagi ce dernier. Tesla ne devrait pas générer une trésorerie positive avant 2021, a-t-il ajouté.

Tesla a émis l’emprunt sous revue en août 2017, au pair, levant 1,8 milliard de dollars. Depuis lors, les prix de l’obligation ont fondu de 12%, témoignant de l’érosion de la confiance des investisseurs, à l’égard d’une compagnie qui doit aussi gérer la montée en puissance des autres constructeurs (BMW, Volkswagen, Volvo…) dans le segment des véhicules électriques.