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5 obligations émergentes qui rapportent plus de 8%

Dans un contexte de crise commerciale et de resserrement monétaire aux Etats-Unis, la défiance des investisseurs à l’égard des pays émergents s’est accentuée, plongeant devises et bourses de nombreux de ces pays dans une spirale baissière.

Confiné dans un premier temps à l’Argentine et à la Turquie, le mouvement de défiance s’est propagé dernièrement à des pays comme le Brésil, qui fait face à des échéances électorales, à l’Afrique du Sud, dont l’économie est tombée en récession au second trimestre, ou encore, à l’Indonésie, première économie de l’Asie du Sud-Est.

Indépendamment des risques et faiblesses spécifiques à ces pays, susceptibles de peser sur le cours de leurs monnaies, le resserrement monétaire en cours aux Etats-Unis constitue la raison principale à la chute des devises émergentes.

Un tel scénario était somme toute prévisible. Durant les années qui ont suivi la crise de 2008, les économies émergentes ont su séduire et capter, par des rendements élevés, des capitaux étrangers déprimés par la politique de taux zéro en application outre-Atlantique.

Mais la donne s’est inversée. Face à la vigueur de son économie, la FED s’est engagée dans un processus de normalisation, relevant à plusieurs reprises ses taux. Les investisseurs ont alors rapatrié leurs capitaux vers un marché américain devenu plus attractif.

Cette normalisation monétaire et les flux de capitaux ont provoqué une appréciation du billet vert, renforçant les difficultés des pays émergents, qui possèdent généralement une importante dette en dollar. La chute des devises locales renchérit le coût de la dette, mais aussi celui des importations, avec des conséquences inflationnistes non négligeables, une sorte de cercle vicieux difficile à enrayer.

C’est le cas de l’Afrique du Sud, de l’Indonésie, mais surtout de la Turquie, dont les entreprises se sont lourdement endettées en devises étrangères ces dernières années. On pense également à l’Argentine, contrainte de refinancer une énorme dette, après avoir largement profité de l’appétit des marchés ces dernières années.

Ajoutez à cela une intensification de la guerre commerciale, le retrait des investisseurs s’accélère, plongeant même dans la tourmente des pays où la croissance est pourtant dynamique. On pense à l’Indonésie, dont la devise, la roupie, est tombée à un niveau proche de celui de la crise des devises asiatiques de la fin des années 1990.

Considérer un placement en devise émergente?

Si le peso argentin affiche un repli de 48% cette année face à l’euro, 39% pour la livre turque ou encore 15% pour le rand sud-africain, rien ne dit que la purge est terminée, d’autant que robustesse de l’économie américaine risque de pousser Fed à accélérer la cadence au cours des prochains mois.

Pour autant, certains investisseurs considèrent cette baisse comme un point d’entrée attractif dans l’optique d’un placement à long terme.

Pour ceux qui seraient par exemple tenté de diversifier leur épargne dans du rand sud-africain, nous avons épinglé l'emprunt de la banque néerlandaise Rabobank, au rendement annuel de 8,36% pour un cours de 99,80%.

En réal brésilien, devise qui affiche une baisse de 16% cette année face à l’euro, l’emprunt à quatre ans de la Banque européenne d’investissement laisse entrevoir un rendement annuel de 96,40%, sur base d’un cours de 8,66%.

On rappellera qu’il est également possible de se positionner sur une obligations gouvernementale turque ou argentine libellée en devise forte, évitant d’une certaine manière de courir le risque de change, tout en profitant d’un rendement élevé.

Il est ainsi possible de tabler sur un rendement annuel de 8% en dollar en se positionnant sur l’emprunt turc à sept ans, dont le cours s’affiche à 94% (coupure de 2.000 dollars).

Toujours en dollar, l’emprunt gouvernemental argentin, remboursable dans cinq ans, affiche plus de 10% de rendement annuel, sur base d’un cours de 80% du nominal (coupure de 1.000 dollars).

L’exception du peso mexicain

A l’inverse de la plupart de ses homologues émergents, il est à noter le très bon comportement du peso mexicain, qui affiche en 2018 un gain de plus de 5% face à l’euro.

La devise n’en menait pourtant pas large jusqu’aux élections présidentielles du mois de juillet. Mais la victoire de Manuel Lopez Obrador, qui a manifestement donné un coup de boost aux négociations et à un accord sur le traité de libre échange avec les Etats-Unis, ont permis au peso de rebondir et de reprendre entre-temps quelque 20% face aux devises fortes.

Si vous souhaitez diversifier votre épargne dans un placement libellé peso, il y a par exemple l'obligation remboursable dans moins de trois ans émise par le conglomérat américain General Electric. Sur base d’un cours actuel de 98,70%, le rendement annuel jusqu'à l'échéance atteint 8,73%.

 

Source

Les Echos, Bourse: la Chine met en garde contre les risques de surchauffe