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Tensions sur les bourses, quel impact sur le marché obligataire ?

Dans le sillage de Wall Street et des marchés asiatiques, la purge sur les actions se prolongeait ce jeudi matin à l’ouverture des bourses européennes. Sur le marché obligataire, la tendance est davantage à la stabilité, à quelques exceptions près.

Les marchés enchainent depuis une semaine les séances teintées de rouge vif un peu partout à l’échelle du globe. En toile de fonds, les tensions commerciales conjuguées aux inquiétudes liées à la remontée des taux d’intérêts aux Etats-Unis.

Pour rappel, en augmentant ses taux directeurs, ce qu’elle vient de faire pour la troisième fois cette année et la huitième fois en trois ans, la Banque centrale américaine continue de renchérir le coût du crédit bancaire, risquant de freiner l’activité économique et les profits des entreprises.

Et alors que le Nasdaq clôturait la séance de ce mercredi en repli de 4%, sa plus forte baisse en l'espace de sept ans, Donald Trump s’en est une nouvelle fois pris à l’institution monétaire, affirmant que 'la FED était tombée sur la tête'.

Une chose est sûre, cette correction ressemble à s'y méprendre à celle que l’on a connue en février dernier, et ce pour les mêmes raisons. Déjà, à l’époque, on signalait que les bourses avaient connu une période quasi ininterrompue de hausse, avec des indices américains qui défiaient toutes les lois de la gravité boursière.

En ce sens, cette nouvelle correction peut apparaître comme « saine », permettant au passage de se positionner à bon compte sur certains titres. Dans ce contexte de retour plus ou moins à la normale sur les marchés, où les opportunités d’investissement restent belles et bien réelles, se faire accompagner par des professionnels des marchés est conseillé.

Les obligations de bonne qualité recherchées

Indépendamment des taux italiens qui continuent de progresser, aux alentours des 3,50% pour le dix ans, la volatilité est nettement moins élevée sur le marché obligataire.

Et pour cause, les investisseurs semblent se détourner des actions pour se diriger vers des actifs jugés plus défensifs.

A ce titre, les obligations de bonne qualité, c’est-à-dire notées en catégorie « investissement » chez les agences de notation, sont recherchées par les investisseurs.

Le principal impact de la correction boursière se fait surtout ressentir sur le marché primaire, quasiment à l’arrêt pour le moment. Les entreprises qui avaient prévu de lever des fonds sont en effet contraintes d’attendre un retour au calme sur les marchés.

Du côté des sociétés belges, c’est le cas du promoteur immobilier Ghelamco, dont la nouvelle émission remboursable 2022, avec un coupon attendu autour des 4,50%, se fait toujours attendre.

 

Défiance sur les subordonnées

Au niveau des émissions purement et simplement annulées, on notera que la banque privée néerlandaise Van Lanschot est la cinquième en l'espace d'une semaine à avoir renoncé à son émission, faute de preneurs sur le marché primaire.

Le créancier néerlandais prévoyait d’émettre jusqu'à 100 millions d'euros, avec un taux annoncé de 6,50%. Il s’agissait d’obligations subordonnées, la forme la plus risquée de dette bancaire.

La semaine passée, la Volksbank Wien a également reporté une émission de ce type, alors que les préoccupations liées au budget italien, au Brexit et à la flambée récente des rendements des bons du Trésor américain, entament l’appétit des investisseurs pour la dette à haut rendement (spéculative).

En revanche, les émetteurs jugés solides par les agences de notation (rating supérieur ou égal à BBB-) éprouvent moins de difficultés à lever de la dette, en témoigne la demande près de six fois supérieure à l’offre rencontrée par l’emprunt du distributeur néerlandais de gaz Nederlandse Gasunie.

Selon Sébastien Barthélémi, responsable de la recherche crédit chez Kepler Cheuvreux, ‘les investisseurs sont réticents à placer leur argent dans des obligations à haut risque aux taux actuels’, ajoutant que ‘la tendance était à l'élargissement des spreads’.

En regard des obligations considérées comme solides par les agences d’évaluation, la prime exigée par les investisseurs pour détenir des obligations de sociétés à haut rendement en euros a ainsi augmenté de plus de 50 points de base cette année, atteignant 3,29% (source indice Bloomberg).