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Rebond des obligations Softbank en marge des résultats

Les investisseurs sont repassés à l’achat sur les obligations Softbank Group ces derniers jours, alors que le géant japonais des télécoms et des nouvelles technologies vient d’annoncer un bénéfice semestriel multiplié par huit.

Fondé et dirigé par le milliardaire japonais Masayoshi Son, le conglomérat dont la capitalisation boursière atteint 9.690 milliards de yens (environ 74 milliards d'euros), était attendu au tournant à l’occasion de la publication de ses résultats ce lundi, lui qui a vu son cours de bourse être malmené ces dernières semaines.

Une baisse de régime s'expliquant par le repli des valeurs technologiques dans lesquelles Softbank Group investit massivement, mais aussi, suite à la vague d'indignations suscitée par le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, assassiné début octobre à l'intérieur du consulat d'Arabie saoudite à Istanbul.

On rapellera que le conglomérat a mis sur pied avec le prince héritier saoudien le plus grand fonds d'investissement technologique au monde, le SoftBank Vision Fund, d’une taille de quelque 93 milliards de dollars et financé pour moitié environ par Ryad.

Son partenaire étant impliqué dans le meurtre du journaliste, le marché s’est logiquement interrogé sur l’éventuel impact financier de cette affaire sur la société holding. Lors de la présentation des états financiers du groupe, le patron de Softbank a d'ailleurs accepté, pour la première fois, de s'exprimer sur les faits, défendant au passage ses liens avec Ryad.

Soulignant qu’il s’agissait 'd’une terrible tragédie qui n'aurait pas dû se produire', Masayoshi Son a rappelé 'avoir accepté un investissement important des citoyens saoudiens, dédié à la diversification économique du pays, pour qu'il ne dépende plus uniquement du pétrole brut'.

‘Dans ce cadre, Softbank ne peut se permettre de tourner le dos au peuple saoudien. Nous avons le devoir de gérer l'argent que nous avons reçu’, a indiqué le dirigeant japonais, qui a par ailleurs reconnu que le scandale avait un impact sur les investissements du fonds, tout en précisant ne pas avoir eu connaissance de cas où des entreprises refusaient des fonds venant de SoftBank en raison de ses liens avec l’Arabie Saoudite.

Gains financiers

Quoiqu’il en soit, les comptes semestriels du conglomérat ont très nettement profité des investissements réalisés dans le fonds en question.

Tirant profit d’une envolée de la valeur de ses investissements dans les nouvelles technologies, Softbank a ainsi annoncé un bénéfice semestriel multiplié par huit en glissement annuel, à hauteur de 6,4 milliards d’euros.

Le conglomérat a notamment profité de la vente de parts qu’il détenait dans le site de commerce en ligne indien Flipkart, suite au rachat par le géant américain Walmart. Il a par ailleurs annoncé avoir généré une recette de 3,9 milliards d’euros découlant de la réévaluation d'actifs dans Nvidia et Oyo.

On soulignera qu’avec le temps, le conglomérat s’apparente de plus en plus à une société holding entrant au capital de multiples sociétés via ses fonds d'investissement qu'il contrôle. Outre ses prises de participation conjointes avec l’Arabie Saoudite, Softbank est également un actionnaire de référence dans de nombreuses sociétés côtées comme le groupe de VTC Uber Technologies.

A ce titre, les activités historiques du groupe que sont les télécommunications mobiles vont prendre une forme d'indépendance, avec la mise en Bourse prévue d'ici la fin de l'année de sa filiale télécoms au Japon et la fusion annoncée de Sprint avec T-Mobile aux Etats-Unis.

Hausse des titres financiers

Le bénéfice net spectaculaire du conglomérat a en tous les cas rassuré les investisseurs.

A titre d’exemple, l’obligation remboursable dans sept ans, rémunérée par un coupon fixe de 3,125%, a repris ces derniers jours près de trois points à un cours indicatif actuel de 93,85% du nominal.

Nécessitant une mise de fonds de 100.000 euros en nominal, cet emprunt de type senior non-sécurisé est noté « BB+ » chez Standard & Poor’s, à un cran de la catégorie des investissements jugés de qualité solide par l’agence d’évaluation financière.