Goldwasser Exchange

+32 (0)2 533 22 40
Du lundi au vendredi de 8h30 à 18h

Accès client

Un coupon de 2,25% pour la nouvelle obligation ArcelorMittal en euro

ArcelorMittal, le géant mondial de l’acier, faisait son retour sur le marché des capitaux ce jeudi avec une obligation à 5 ans. Sur le marché secondaire, elle se traite au rendement de 2,15%.

Pour mener à bien sa levée de fonds, il a pu compter sur l'engouement des investisseurs illustré par une demande près de cinq fois supérieure à l'offre.

C’est dans un contexte de protectionnisme croissant aux États-Unis et en Europe, contexte qui est de nature à soutenir l’évolution du prix des métaux, que le numéro un mondial de l’acier est venu solliciter les investisseurs obligataires.

Le groupe dirigé par l’homme d’affaires milliardaire indien Lakshmi Mittal a ainsi levé 750 millions d’euros qu’il s’engage à rembourser dans cinq ans et à rémunérer par un coupon fixe de 2,25%.

Avec un prix d'émission légèrement sous le pair le rendement ressortait à 2,30% ce qui correspond à une prime de 210 points de base en regard des taux interbancaires de la même échéance. 

Le rendement à l’émission offert par cet emprunt, qui nécessite une mise de fonds minimale de 100.000 euros, aura donc été révisé à la baisse par rapport aux indications initiales. 

Les parties prenantes avaient en effet annoncé à l’entame de l’émission une prime comprise entre 245 et 250 points de base. Cette révision à la baisse est donc tout profit pour l'aciériste qui voit sa charge d’intérêts moins élevée que prévu.

En marge de l’émission, l’agence Bloomberg souligne que la guerre commerciale lancée par le président Donald Trump a constitué une aubaine pour ArcelorMittal, les taxes sur les importations d’acier à faible coût ayant entraîné une hausse des prix de l’acier produit dans ses usines américaines. Les premières cotations sur le marché secondaire s'écartent légèrement du pair, avec un prix de 100,50% et un rendement aux alentours de 2,17%. 

Emetteur de qualité « Investment grade »

En outre, le sidérurgiste a retrouvé une certaine grâce aux yeux des agences de notation ces derniers mois. En juin dernier, on se souvient que Moody’s avait relevé d’un cran à « Baa3 » la note de sa dette, qu’elle avait assortie d’une perspective stable.

ArcelorMittal renouait au passage avec la catégorie des émetteurs jugés de qualité solide par l’agence, catégorie que l’aciériste avait quittée six mois plus tôt. L’institut saluait dans ce sens ‘la politique du groupe qui s'efforce à réduire de manière significative son endettement’.

‘Cette mise à jour reflète nos attentes selon lesquelles ArcelorMittal va poursuivre son désendettement, soutenu par l’amélioration de ses résultats et de son cash-flow opérationnel, et qu’il va préserver son profil financier ainsi amélioré en gérant de manière prudente ses investissements futurs et ses fusions-acquisitions’, avait expliqué Gianmarco Migliavacca, analyste en charge de la valeur chez Moody’s.

L’agence de notation s’attend par ailleurs à ce qu’ArcelorMittal ne verse pas de dividendes significatifs avant d’avoir atteint son objectif d’une dette nette de 6 milliards de dollars (contre 11 milliards fin mars), ce qui pourrait être le cas à la fin de l’année 2019.

Quant aux tensions commerciales, nées de la décision des États-Unis d’imposer des droits de douane de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium à la plupart des pays du monde, ‘elles ne devraient pas avoir d'impact significatif sur ArcelorMittal‘ estime Moody’s. ‘Le groupe peut fournir presque tous ses principaux marchés exclusivement à partir de ses usines nationales, sans devoir compter sur des importations provenant d'usines situées ailleurs’.

Avec cette décision, ArcelorMittal consolide donc un peu plus son profil d’émetteur de qualité (« Investment grade ») puisqu’il est également noté « BBB- » chez Standard & Poor’s.