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Le point sur les emprunts Jaguar Land Rover après l’annonce d’une troisième perte trimestrielle consécutive

Face à l’engouement relatif pour certains de ses nouveaux modèles dont la Discovery, le plus grand constructeur britannique a signé une perte de 3,5 milliards de livres au titre du dernier trimestre de l’année 2018. Sur le marché obligataire, les rendements dépassent les 8% en euro.

Cette nouvelle perte, la troisième en autant de trimestre, s’inscrit dans un contexte de demande atone pour les moteurs diesel et de performances médiocres en Chine, où les ventes de voitures durant le trimestre ont chuté de 47% sur un an.

Partant, la propriété de l’indien Tata Motors a annoncé avoir inscrit une dépréciation d’actifs de quelque 3,1 milliards de livres, disant ne pas avoir d’autre choix que de réviser à la baisse la valeur de certains de ses investissements passés.

En cause notamment, les ventes de voitures diesel en forte baisse, qui représentent 90% de ses activités au Royaume-Uni et en Europe. En d'autres termes, cela signifie que la société ne récupérera pas la totalité d'investissements réalisés dans sa nouvelle usine à Wolverhampton.

Cette dépréciation d’actifs porte la valeur nette de l'entreprise de plus de neuf milliards à 6,2 milliards de livres sterling, souligne le Financial Times.

Evoquant un moment difficile pour l’industrie, Ralf Speth, directeur général du constructeur, estime que ‘cet ajustement comptable est cohérent avec les autres mesures déterminantes à prendre afin de créer une entreprise efficace et résistante.

Il fait référence à la décision annoncée en janvier de supprimer 4500 emplois, soit plus de 10% de ses effectifs. Le groupe prévoit en outre de réorganiser sa gamme de modèles afin d'économiser 2,5 milliards de livres de coûts et de permettre un retour à la rentabilité.

Ralf Speth a également averti que le secteur serait contraint de procéder à des réductions encore plus importantes dans l'éventualité d'un Brexit sans accord, qui, selon lui, coûterait à la société plus d'un milliard de livres par an.

Indépendamment des dépréciations, le constructeur a réduit ses pertes à 273 millions de livres, pour un chiffre d’affaires en léger repli à hauteur de 6,2 milliards.

Les ventes en recul de 40% du Discovery - l’un des modèles les plus récents de JLR - ont notamment pesé sur les revenus. En outre, la demande de berlines Jaguar a été beaucoup plus faible que prévu par le management, tandis que plusieurs des modèles Range Rover se font concurrence.

Les rendements obligataires au-dessus des 8%

Sur le marché secondaire, cette publication trimestrielle n’a bien sûr par été de nature à rassurer les créanciers. A titre d’exemple, l’obligation en euro que doit rembourser JLR en 2026 se traite désormais à un cours indicatif de 78%.

Sur base d’un coupon fixe de 4,50%, son rendement annuel est porté à 8,70% tandis que sur le segment des emprunts en dollar, le rendement approche les 9% pour l'échéance à huit ans.

Des rendements qui ont pratiquement quintuplé sur un an, les investisseurs ayant revu nettement à la hausse leur prétention de rémunération pour détenir la dette du constructeur.

On notera que dernièrement, l’agence de notation Fitch Rating a placé ces emprunts sous perspective négative, « compte tenu des risques croissants liés au Brexit ».