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Feu vert pour la reprise d'Essar Steel par ArcelorMittal, qui place une nouvelle obligation 4,55% à sept ans

Le numéro un mondial de la sidérurgie ArcelorMittal, qui a retrouvé un crédit certains aux yeux des agences de notation, vient d’émettre un emprunt de 750 millions de dollars qu’il s’engage à rembourser dans sept ans. But de l’opération: financer le rachat d’Essar Steel.

Cette émission permet plus précisément au géant mondial de l’acier de rembourser une facilité de crédit sollicitée dans le cadre de l’acquisition, via une joint-venture avec le groupe Nippon Steel & Sumitomo Metal, du sidérurgiste indien Essar Steel.

L’accord prévoit qu'ArcelorMittal et son comparse japonais détiendront respectivement 60% et 40% du capital-actions de la co-entreprise. Ils jouiront par ailleurs d’une représentation et de droits de vote égaux au sein de son conseil d'administration.

A ce sujet, le Tribunal national indien du droit des sociétés a approuvé vendredi la reprise d'Essar Steel, une décision qui permet pour la première fois à une entreprise étrangère (Nippon Steel en l’occurrence) d'entrer dans le secteur indien de l'acier.

Selon l’agence Bloomberg, Mittal et le premier sidérurgiste japonais auraient mis environ 420 milliards de roupies, l’équivalent de cinq milliards d'euros, sur la table.

Le site spécialisé Capital.fr révèle pour sa part que cela faisait plus de dix ans qu’Arcelor tentait de pénétrer le marché indien de l'acier, « un secteur en forte croissance, dominé par des sociétés locales, mais que des problèmes administratifs combinés à des difficultés d'acquisition de terrains l'en avaient jusqu'à présent empêchée ».

Dans un communiqué, le management a indiqué son intention de porter la production d'Essar Steel à 8,5 millions de tonnes par an, contre 6,5 millions actuellement. Il prévoit de la porter, à terme, à 15 millions de tonnes par an.

Une obligation en euro

Arcelor Mittal, qui a dégagé l’année passée un bénéfice net en croissance de 12,7% à 5,1 milliards de dollars, avait déjà sollicité les investisseurs en ce début d’année 2019.

Il l’avait fait sur le segment de la dette en euro avec une obligation remboursable dans cinq ans, offrant un coupon fixe de 2,25%.

Nécessitant une mise de fonds de 100.000 euros, l’obligation est disponible aux alentours du pair.

Emetteur de qualité « Investment grade »

On rappellera que le groupe dirigé par le milliardaire Lakshmi Mittal est à nouveau dans les petits papiers des agences de notation. En juin dernier, on se souvient que Moody’s avait relevé d’un cran à « Baa3 » la note de sa dette, qu’elle avait assortie d’une perspective stable.

ArcelorMittal renouait au passage avec la catégorie des émetteurs jugés de qualité solide par l’agence, catégorie que l’aciériste avait quittée six mois plus tôt. L’institut saluait dans ce sens ‘la politique du groupe qui s'efforce à réduire de manière significative son endettement’.

‘Cette mise à jour reflète nos attentes selon lesquelles ArcelorMittal va poursuivre son désendettement, soutenu par l’amélioration de ses résultats et de son cash-flow opérationnel, et qu’il va préserver son profil financier ainsi amélioré en gérant de manière prudente ses investissements futurs et ses fusions-acquisitions’, avait expliqué Gianmarco Migliavacca, analyste en charge de la valeur chez Moody’s.

L’agence de notation s’attend par ailleurs à ce qu’ArcelorMittal ne verse pas de dividendes significatifs avant d’avoir atteint son objectif d’une dette nette de 6 milliards de dollars (contre 11 milliards fin mars), ce qui pourrait être le cas à la fin de l’année 2019.

Grâce à cette décision, ArcelorMittal consolidait encore davantage son profil d’émetteur de qualité (« Investment grade ») puisqu’il est également noté « BBB- » chez Standard & Poor’s.