Goldwasser Exchange

+32 (0)2 533 22 40
Du lundi au vendredi de 8h30 à 18h

Accès client

Le groupe français Casino dans la tourmente

Oblis revient sur les deux étapes de la chute du cours de l'action Casino et fait le point sur la réaction des obligations.  

Rétroactes : l'action du groupe de distribution français Casino perd plus de 2% mercredi suite à une dégradation de son rating par Moody's. Elle baisse à nouveau ce jeudi suite à un avis négatif de la banque Morgan Stanley.

Acte 1 : dégradation de la note de rating par l'agence Moody's 

La structure du bilan du distributeur français était devenue un sujet d'inquiétude pour les investisseurs, d'autant que la concurrence fait rage dans le secteur de la distribution, soumis notamment à la pression du commerce internet. 

Face à ces inquiétudes, le groupe a entrepris de céder plusieurs actifs en vue de réduire sa dette financière nette. Cette dernière a diminué de 17% en 2018. Casino s'est aussi engagé vers de nouvelles formules plus adaptées à la demande de ses clients : petits formats de magasins citadins, e-commerce et offre bio.

Cette double stratégie semblait avoir convaincu au vu de l'évolution de son cours de bourse, lequel passait de € 26 début septembre dernier à € 47, six mois plus tard soit près de 80% de hausse.  

Mais l'agence de notation-crédit Moody's ne regarde pas la dette nette et a dégradé de deux crans son rating de la dette du groupe, qui se trouve désormais dans la catégorie des obligations spéculatives.

Moody's indique que la dette brute de Casino a augmenté, passant de 8,7 à plus de 9 milliards d'euros entre 2017 et 2018, dégradant ainsi le ratio d'endettement sur EBITDA. 'Le cash flow disponible généré par les activités françaises de Casino est tombé nettement au-dessous des attentes de Moody's, ce qui limite la capacité de la société à réduire sa dette brute en dépit de nombreuses cessions d'actifs', a commenté Vincent Gusdorf, analyste principal en charge du dossier.

'Notre décision reflète également l'affaiblissement de la liquidité et l'endettement toujours élevé de la société mère de Casino, le holding Rallye, d'où une forte incertitude quant à la politique financière future de Casino', ajoute-t-il.

Cette dégradation de la note est aussi assortie d'une persective négative qui fait craindre que la dégradation du rating augurant d'une autre dégradation dans le futur. Car Moody's qui ne tient pas compte de la dette nette estime que le ratio d'endettement soutenable devrait s'établir à 5 fois.

Acte 2 : recommandation négative d'un analyste de Morgan Stanley 

La Banque américaine estime que la remontée de l'action, d'environ 50% depuis septembre 2018 n'est pas justifiée car la cession de 75% des actifs du groupe est contrebalancée par des 'sales and lease back'. Autrement dit, si du cash est généré à court terme par ces opérations, elles constitueront à nouveau des charges à long terme puisque les actifs cédés sont repris en location par Casino. 

En parallèle, Morgan Stanley estime que le potentiel de réduction de coûts est faible : s'y ajoutent l'absence de désendettement généré par l'activité même du Groupe et une concurrence accrue sur le marché français qui obère les perspectives d'amélioration de la rentabilité en France.

Casino rappelle pour sa part que sa branche française dispose de cinq milliards d'euros de liquidités (en additionnant cash et lignes de crédit confirmées).

La direction rappelle qu'elle 'a récemment augmenté la cible de son plan de cession d'actifs de un milliard d'euros à au moins 2,5 milliards d'euros d'ici le 1er trimestre 2020'. Casino 'prévoit par ailleurs de générer, au-delà de ce plan de cession, un free cash-flow France de 500 millions d'euros par an, lui permettant de couvrir ses dividendes et frais financiers.'

Réaction des obligations 

L'obligation 2022 au coupon de 1.865% pour ne citer que celle-là cote de manière indicative aux environs de 93% pour un rendement de plus de 4%. Quant à l'obligation perpétuelle, son cours s'établit aux alentours de 67%, pour un rendement avoisinant 14% au prochain call en 2024. 

Sources : Moody's et Morgan Stanley