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Focus sur Ageas et sa nouvelle obligation subordonnée au coupon de 3,25%

Classé parmi les plus grands assureurs européens, Ageas a mené tambour battant l’émission d’un emprunt obligataire de type subordonné. Disponible sur le secondaire, il pourrait séduire les investisseurs qui cherchent du rendement en euro. A condition toutefois qu'ils ne soient pas résidents belges. 

Ruée sur cet emprunt

Ageas a récolté la semaine passée 500 millions d’euros au détour d’une obligation de type subordonné, dont la maturité est fixée en 2049 et qui sera rémunérée par un coupon annuel de 3,25% jusqu’en 2029.

A cette date, l’assureur s’est réservé le droit de rembourser par anticipation son emprunt. S’il ne le fait pas, le coupon deviendra variable (voir la fiche de l’obligation pour plus de détails sur l’échéancier et la formule de calcul du coupon).

Rappelons brièvement que les obligations subordonnées ne sont pas dénuées de risques. En cas d’insolvabilité de l'émetteur par exemple, les détenteurs de ces obligations ne seront remboursés qu’après le remboursement intégral des détenteurs d’obligations senior.

Pour compenser ce niveau de risque, l’émetteur doit dès lors proposer un niveau de rémunération plus ou moins élevé pour séduire les investisseurs sur le marché primaire.

Notons toutefois qu'en dépit du statut de dette subordonnée de l’obligation sous revue, elle bénéfice tout de même d’un « BBB+ » chez Moody’s, un niveau de rating attribué aux placement jugés de qualité solide par l’agence.

A souligner encore que les investisseurs se sont véritablement arrachés ces titres (nécessitant une mise de fonds de 100.000 euros), en témoigne une demande sept fois supérieure à l’offre. Attention, comme évoqué en introduction, cette obligation n’est pas accessible aux résidents belges.

L’action Ageas comme alternative ?

S’il se trouve dans l’incapacité de souscrire à l’obligation sous revue, que ce soit à cause de la mise de fonds initiale ou parce qu'il est résident belge, l'investisseur peut toujours diversifier son portefeuille dans l’action Ageas, une action à haut dividende incontournable de la place bruxelloise.

Depuis le début en 2009, l’assureur a ainsi retourné près de cinq milliards d’euros via une politique généreuse de distribution de dividendes, conjuguée à des rachats d’actions réguliers.

Indépendamment de sa politique de redistribution généreuse, soulignons que l’assureur affiche un parcours boursier pour le moins remarquable depuis 2009. Sur la période, Ageas a ainsi vu sa valorisation boursière être pratiquement décuplée, passant de 1,2 milliard à 9 milliards d’euros.

Potentielles acquisitions dans le viseur ?

En faisant appel aux obligataires, Ageas s’assure donc une manne de cash supplémentaire portant ses liquidités à 1,3 milliard d'euros, un véritable trésor de guerre qui pourrait aider l’assureur à réaliser ses projets de croissance externe.

Certes, le communiqué d’entreprise souligne que le produit de l’emprunt servira aux besoins généraux du groupe, à optimiser sa structure en capital et à renforcer sa solvabilité réglementaire et celle de ses filiales opérationnelles.

Observateurs et analystes semblent toutefois s’accorder à dire que ce joli matelas servira à financer des acquisitions ciblées en Europe ou en Asie.

La direction ne s’en est d’ailleurs jamais cachée. Sont citées notamment comme potentielles cibles, les assureurs portugais Tranquilidade et Açoreana ou encore en Belgique, Ethias voire Fidea.

Leader de l’assurance-vie en Belgique

Poids lourd de l’indice Bel20, rappelons qu’Ageas est né il y a dix ans sur les décombres de l’ancienne Fortis Banque dont il a conservé les activités d’assurance.

AG Insurance, sa filiale à 75%, est le leader du marché belge de l’assurance vie ainsi que le numéro 2 de l’assurance non-vie.

Et alors que près d’un ménage belge sur deux est client d’AG Insurance, le groupe est également présent à l’étranger, notamment au Royaume-Uni et sur le continent asiatique. Ageas compte plus de 50.000 collaborateurs et a réalisé un encaissement annuel de près de 34 milliards d’euros l’an dernier