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Un coupon de 6,50% en euro pour l’emprunt Starfruit (Nouryon)

Dans le cadre du rachat par endettement de la division « chimie de spécialité » d’AkzoNobel par des société de capital management, Starfruit Finco/Star US a émis en septembre dernier un emprunt de 485 millions d’euros à sept ans. Une obligation spéculative destinée aux investisseurs avertis.

Le géant néerlandais AkzoNobel, l'une des trois plus grandes entreprises de peintures (Dulux, Valentine...) et de revêtements au monde, également leader mondial dans la production de sel, a cédé l’année passée sa division de chimie de spécialité AkzoNobel Specialty Chemicals, rebaptisée depuis lors Nouryon.

Conjointement, la société de capital management The Carlyle Group (principale actionnaire à hauteur de 87%) et le fonds souverain de Singapour GIC se sont portés acquéreurs de cette entreprise. Montant de l’opération: plus de 10 milliards de dollars.

Ces deux organismes ne débourseront toutefois que peu de liquidités pour financer ce rachat, étant donné qu’il s’agit d’une opération de rachat par endettement (Leverage Buy Out).

Pour mémoire, un LBO permet aux fonds d’investissement de racheter des entreprises par endettement. En d’autres termes, le fonds apporte une partie de l’argent mais l’essentiel du rachat est financé par de la dette.

Comment fonctionne ce LBO ?

Pour réaliser ce montage, The Carlyle Group et GIC ont créé une holding (Starfruit Finco/Star US) qui a émis de la dette obligataire et a racheté avec les fonds levés, l'entreprise cible (Nouryon).

Fortement endettée au sortir de ce montage juridico-financier, la holding compte sur les bénéfices générés par Nouryon pour assurer le service de sa dette.

Si les bénéfices devaient diminuer et ne plus suffire, elle pourrait alors contraindre Nouryon de solliciter elle-même les marchés des capitaux, ce qui pèserait sur sa structure bilantaire.

Autant de facteurs de risque qui expliquent le niveau élevé du coupon affiché par l’obligation Starfruit Finco/Star US que nous vous présentons aujourd’hui.

Un coupon de 6,50% en euro

Dans le cadre de cette acquisition par endettement, Starfruit Finco/Star US a notamment placé un emprunt de 485 millions d’euros qu’il s’engage à rembourser dans sept ans.

Nécessitant une mise de fonds de 100.000 euros, il est assorti d’un coupon fixe de 6,50%, un niveau de coupon en ligne avec le rating spéculatif « B2 » attribué par Moody’s.

Dans son rapport (en anglais), Moody’s souligne que Nouryon dispose d'un solide profil commercial, appuyé par un portefeuille de produits de chimie de spécialité bien équilibré et par une diversification géographique.

La notation reflète également la part significative de la société néerlandaise dans le marché mondial de la chimie de spécialité, ainsi que ses marchés finaux diversifiés, lui offrant une certaine protection contre les cycles du marché.

En revanche, elle intègre également l’effet de levier significatif de la holding, qui s’affiche à 6,5 fois l’excédent brut d’exploitation, pour les raisons évoquées ci-dessus.

Notons que l’obligation a progressé depuis son émission, son cours indicatif s’affichant sur les écrans à 101,75%, contre un prix d’émission fixé au pair en septembre dernier.

A propos de Nouryon

Recensant 10.000 salariés et 85 implantations dans le monde, Nouryon était jusqu’à la fin de l’année passée la division de chimie de spécialité du géant néerlandais AkzoNobel, comptant pour près d'un tiers de son chiffre d'affaires.

Pour la petite histoire, le nom de cette spin-off provient de Jan Nourij et de Gerrit van der Lande, fondateurs de la société Noury & Van der Lande en 1838 aux Pays-Bas.

Par des jeux de consolidation du secteur, la société tombe à la fin des années soixante dans l'escarcelle d’Akzo, qui deviendra AkzoNobel en 1994.

Se disant être l’une des toutes premières entreprises à avoir pris conscience du rôle important que la chimie pouvait jouer dans la vie quotidienne, Nouryon conçoit, entre autres, des substances entrant dans la composition de produits comme des emballages plastiques, du papier de soie, des matériaux de nettoyage, des produits pharmaceutiques ou encore des adhésifs.

Ce changement de propriétaire mais aussi de nom marque une nouvelle étape pour la société, sensé lui permettre de devenir un leader mondial indépendant des produits chimiques de spécialité.

En 2017, l'entité avait généré des ventes pour près de cinq milliards d’euros, dont près de la moitié provient du continent européen, le solde étant partagé entre l'Amérique du Nord (22%), l'Asie (17%) et le reste du monde (15%).

La plupart des membres de l’équipe dirigeante faisaient auparavant partie du groupe AkzoNobel. La direction a notamment été renforcée par la nomination au poste de PDG de Charles Shaver, ancien président du conseil d’administration de l’américain Axalta (propriétaire des marques de peinture Cromax, Spies Hecker et Standox) et de Taminco.