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Sauvetage de Nyrstar, quel sort réservé aux créanciers obligataires

Comme prévu, Nyrstar tombe sous le contrôle du géant mondial du négoce de matières premières Trafigura, jusqu’alors son principal actionnaire et soutien financier. Si les petits actionnaires du spécialiste mondial du zinc n’ont plus grand-chose à espérer, le sort réservé à ses créanciers obligataires est un peu plus enviable.

L’annonce était attendue et est tombée ce matin: c’en est fini du Nyrstar qu’on avait l’habitude de connaître.

Son actionnaire majoritaire, le géant du négoce de matière première Trafigura, prend le pouvoir et le contrôle de ses activités opérationnelles constituées de l'exploitation minière et du traitement des métaux.

Celles-ci seront logées dans une nouvelle entité, tandis que les petits actionnaires du groupe seront (pour la dernière fois) laissés sur le carreau, eux qui ont vu leurs titres être véritablement dézingué ces dernières années.

Née peu avant l’éclatement de la crise financière, on rappellera que Nyrstar est une ancienne division d’Umicore et fut pendant un temps, membre de l’indice Bel 20, c’était en 2008.

Les perspectives étaient alors prometteuses. Mais rapidement, l’entreprise a dû déchanter, confrontée à l’effondrement des cours du zinc et à la faillite de son partenaire finlandais Talvivaara.

La faiblesse du billet vert ces dix dernières années a également pesé sur les résultats du smelter belge, qui réalise ses ventes en dollar mais dont une partie significative des coûts est libellée en euro et en dollar australien.

La stratégie d’intégration menée par son ancien CEO, Roland Junck, passant par l’achat de mines de minerais de zinc et gonflant au passage l'endettement, s’est en outre révélée un cuisant échec.

Quid des obligataires ?

A l’inverse des actionnaires qui ont subi des augmentations de capital en cascade, pratiquement au rythme d'une tous les deux ans, un triste record, les créanciers avaient eu l’habitude d’être logés à meilleure enseigne, Nyrstar ayant toujours honoré le paiement des coupons de ses obligations 2015 et 2016, par ailleurs remboursées en temps et en heure.

Il en ira cette fois autrement pour les emprunts encore en circulation du groupe, portant sur près d'un milliard d'euros.

Dans le cadre de la restructuration financière et en échange de leurs créances sur Nyrstar totalisant 955 millions d’euros, les porteurs obligataires devraient recevoir de Trafigura un "package" comprenant des obligations perpétuelles, des billets de premier rang et des instruments liés au prix du zinc pour un total de 568,1 millions d’euros (source L'Echo).

Le processus, qui suivra plusieurs étapes, n'en est qu'à ses débuts. Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant sur Oblis.  

Sur le secondaire, on notera que le cours de l'obligation Nyrstar Netherlands Holding BV 6,50% - 2024 progressait de quelques points ce lundi matin, aux alentours des 42% du nominal.

Rappelons que dans le cadre des pourparlers liés à son sauvetage, Nyrstar a activé une clause lui permettant de suspendre le paiement du coupon de cette émission, au même titre que son émission 2019, coupons qu’il aurait dû normalement payer le 15 mars dernier.

 

A propos de Trafigura

Les créanciers de Nyrstar devraient donc recevoir en échange des obligations Trafigura, une société qui n’est pas inconnue des lecteurs d’Oblis, elle qui émet régulièrement des emprunts de tout type (senior, perpétuels) et dans toutes devises (euro, dollar, franc suisse)…

Parmi les obligations Trafigura en circulation, il y a une perpétuelle par 200.000 dollars dont le coupon fixe de 6,875% est amené à devenir variable dans trois ans.

Sur le marché secondaire, on remarque que la tendance est plutôt à la stabilité, le cours de cette perpétuelle subordonnée se traitant aux alentours des 90% du nominal, en ligne avec les niveaux des derniers jours.

La tendance est également à la stabilité pour l’obligation senior qui arrivera à maturité en 2023, également en dollars et dont le cours indicatif s'affiche sur les écrans à 93% du nominal, pour un rendement de 7%.

Ce niveau élevé de rémunération s’explique notamment par l’endettement élevé de Trafigura (plus de huit milliards de dollars), par une absence de rating mais aussi, par l’environnement fortement volatile du secteur des matières premières.

Trafigura est l’un des leaders mondiaux dans le négoce de matières premières et la logistique, occupant notamment le top trois dans le courtage de produits pétroliers avec Glencore et Vitol.

L’activité du groupe se définit en quatre étapes : l’approvisionnement, en négociant des contrats d’enlèvement avec des producteurs de pétrole, des raffineurs, des fondeurs et des sociétés minières, le stockage des produits pétroliers, métaux et minerais, le mélange des matières premières pour répondre aux demandes, ainsi que leur livraison par barge, camion, train pipeline et bateau.

Créée en 1993, l’entreprise dispose actuellement de 31 bureaux et emploie quelque 1.800 salariés, en Europe, au Moyen-Orient, en Asie et Australie, ainsi qu’en Afrique.

Son dernier exercice fiscal s'est soldé par un bénéfice net de 873 millions de dollars, soutenu par le bon comportement de sa division de négoce de métaux et de minéraux.