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Les signaux sont au rouge vif pour Thomas Cook et ses obligations

Fragilisé par un environnement de marché compliqué, Thomas Cook a perdu 1,47 milliard de livres au premier semestre de son exercice fiscal décalé. Une perte colossale, supérieure aux attentes, qui a plongé encore un peu dans les abimes du marché secondaire les obligations du voyagiste britannique.

Dire que la santé opérationnelle et financière de Thomas Cook va très mal est un euphémisme. Le cours de son obligation 2023, s’affichant à 35% du nominal sur les écrans, est là pour en attester.

On rappellera que le géant du tourisme évolue dans un contexte de marché défavorable à plus d’un titre, caractérisé par une offre pléthorique, l’arrivée de nouveaux acteurs numériques, l’incertitude du Brexit qui pousse les britanniques à retarder leurs réservations, la hausse des coûts du fuel, ou encore, la récente vague de chaleur estivale qui a perturbé les habitudes des consommateurs.

La perte est également imputable pour 1,1 milliard de livres à une dépréciation d’actifs liée à la fusion avec MyTravel, que la direction a décidé de réévaluer 'à la lumière du faible environnement de marché'.

Face à cette nouvelle perte vertigineuse, Thomas Cook a bien tenté de répondre aux inquiétudes des marchés en annonçant la fermeture d’une vingtaine d’agences supplémentaires qui affectera 300 postes.

Le voyagiste, dont le conglomérat chinois Fosun, propriétaire du Club Med, possède 17% du capital, entend par ailleurs réduire les effectifs de son siège social à Peterborough et compte sur la vente de sa compagnie aérienne, rentable, pour sortir la tête de l’eau et contribuer au remboursement d’une dette dépassant le milliard d’euros.

Naturellement, compte tenu de ses difficultés financières, Thomas Cook ne parait par en position de force pour pouvoir compter sur une marge de négociation sérieuse auprès des différents acquéreurs potentiels, souligne le site spécialisé L'Echo touristique.

Se concentrer sur l'hôtellerie ?

Si Thomas Cook indique avoir reçu de "nombreuses offres" pour tout ou partie de ses activités aériennes, qui comprennent notamment la marque Condor qu'il exploite depuis l'Allemagne, seule Lufthansa s'est déclarée publiquement intéressée, la presse britannique évoquant également une potentielle offre de Virgin Atlantic.

En dégageant des liquidités, Thomas Cook voudrait accélérer son développement dans l’hôtellerie, en passant son nombre d’hôtels en marques propres de 200 à 250 et en exploitant 30% d’entre eux (contre 15% actuellement). L’activité hôtelière, jugée plus rémunératrice qu’une activité de voyagiste généraliste, lui permettrait en effet de mieux maîtriser ses coûts, et d’améliorer ses marges.

Des rendements stratosphériques en euro...

Sur le marché secondaire, la chute des affichés par les obligations Thomas Cook traduit les craintes des investisseurs quant à l’incapacité potentielle d’honorer ses engagements.

En bourse, l’action Thomas Cook a fondu de moitié depuis l’annonce des comptes semestriels, ramenant la valorisation boursière du voyagiste à moins de 150 millions de livres.