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Dell rattrapé par les taxes contre le Mexique : les obligations résistent

Le groupe informatique Dell Technologies a connu une fin de mois de mai difficile à Wall Street. L’explication? La publication de ses résultats trimestriels et la brutale dégradation des relations entre les États-Unis et le Mexique.

Donald Trump a ouvert un nouveau front dans la guerre commerciale sino-américaine en annonçant, le jeudi 30 mai, la mise en place de droits de douane progressifs sur l’ensemble des marchandises importées du Mexique. De 5% dès le 10 juin prochain, ils seront portés à 10% au 1er juillet pour grimper ensuite de 5 points de pourcentage chaque mois jusqu’à atteindre la limite de 25% en octobre, si le Mexique « n’arrête pas le flux d’étrangers illégaux passant par le territoire américain », selon un communiqué de la Maison Blanche. Trump prétend ainsi agir en représailles du laxisme dont ferait preuve le Mexique.

Cette décision n’est pas sans conséquence pour les groupes informatiques comme Dell Technologies qui fabrique des produits au Mexique, notamment des ordinateurs, des imprimantes ou encore des serveurs. Jusqu’ici, le Mexique était un havre de paix pour Dell qui y avait réalloué une partie de sa production, pour échapper aux conséquences du conflit commercial entre Washington et Pékin, rappelle Bloomberg.

"Nous croyons fermement au libre-échange", a réagi le porte-parole de Dell, Steve Gilmore, cité par Bloomberg. "L’une des solutions, si ces nouveaux droits de douane sont adoptés, serait d’augmenter les prix. La bonne nouvelle est que nous disposons d’une chaîne d’approvisionnement mondiale et flexible avec plus de 25 sites de production. C'est un avantage qui nous permet de pivoter très rapidement et de minimiser l'impact sur les clients du mieux que nous pouvons", a-t-il précisé à l’agence financière.

L’annonce de nouveaux droits de douane a éclipsé la publication des résultats trimestriels de Dell, marqués notamment par un chiffre d’affaires en hausse de 3% à 21,91 milliards de dollars, grâce à la fin programmée de Windows 7 (qui soutient la demande de nouveaux produits) et les bonnes performances de la filiale VMware (logiciels de virtualisation). Il est toutefois inférieur aux attentes des analystes, ce que la société basée au Texas a expliqué par la faiblesse de la demande chinoise pour ses serveurs informatiques.

Les investisseurs n’ont pas tardé à réagir : l’action Dell a perdu 16% depuis la décision de Donald Trump, portant la capitalisation boursière à un peu plus de 40 milliards de dollars.

Sur le front obligataire, les emprunts ont eux aussi cédé du terrain, mais dans une moindre mesure. A telle enseigne que l’obligation Dell International LLC (une structure de Dell Technologies) d’une maturité égale au 15 juillet 2024 assortie d’un coupon de 4% est désormais proche du pair, puisqu’elle se négocie aux alentours de 100,88% du nominal, correspondant à un rendement de 3,81%. Libellée par coupures de 2.000 dollars, elle bénéficie d’un rating BBB- chez Standard & Poor’s.

Précisons que Dell Technologies, qui s’articule autour de trois divisions (infrastructures informatiques, solutions clients et logiciels de virtualisation via la filiale VMware), doit gérer un endettement important, hérité du rachat à 67 milliards de dollars en 2016 d’EMC (logiciels et stockage). Sa dette à long terme était de 48,64 milliards de dollars le 3 mai, date de clôture du premier trimestre de l’exercice fiscal décalé 2020.

Sources

Dell, HP in line of from Trump’s tariff vow on Mexico (Bloomberg.com)

Wall Street : nouvelles secousses, Trump taxe le Mexique (Boursedirect.fr)