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Daniel Kretinsky échoue à reprendre Metro, les créanciers obligataires respirent

L’homme d’affaires et milliardaire tchèque Daniel Kretinsky a échoué dans sa tentative de reprendre le groupe de distribution Metro, comme il l’a reconnu.

L’échec était dans l’air alors que EP Global Commerce (EPGC), un groupe de sociétés d’investissement contrôlé par Kretinsky et l’investisseur slovaque Patrik Tkac, avait déclaré quelques jours avant la clôture de la période d’acceptation de l’offre (le 7 août) qu’il ne relèverait sa proposition de rachat à 16 euros par action Metro, valorisant ce dernier 5,8 milliards. Une décision qui fait suite à l’échec des discussions (pourtant constructives selon EPGC) avec deux grands actionnaires : Meridian Stiftung et Beisheim Holding qui ensemble représentent près de 21% du capital.

Rappelons aussi que Metro avait rejeté la proposition, la direction la jugeant très inférieure à la valeur réelle de l’entreprise.

Le score est sans appel pour Daniel Kretinsky puisque seulement 41,7% des actions ont été apportées, alors que l’homme d’affaires avait fixé un seuil minimum de 67,5% des actions ordinaires.

Bon perdant, Kretinsky, a indiqué qu’il restait un investisseur de long terme mais qu’il attendait de voir comment évolueraient les projets de Metro. Parmi ceux-ci : la cession de la chaîne d’hypermarchés en difficultés Real et la recherche de partenaires en Chine. Le groupe allemand a déjà cédé ces dernières années sa chaîne de grands magasins Kaufhof et scindé sa chaîne d’électronique grand public dans le cadre d’un repositionnement de ses activités. La direction et le conseil de surveillance de Metro ont maintenant la responsabilité de démontrer que Metro vaut plus que les 16 euros par action offerts, a aussi déclaré l’homme d’affaires à la presse allemande.

L’action Metro, qui n’a jusqu’à présent jamais dépassé le cap des 16 euros à la Bourse de Francfort, est actuellement valorisée par le marché aux alentours de 14,25 euros, ce qui donne au groupe une capitalisation boursière de 5 milliards.

Sur le marché obligataire, les créanciers respirent, voyant s’éloigner la perspective d’une opération de LBO (« leveraged buyout ») et la menace d’une dégradation des ratings. Il est probable que l’acheteur refinance la dette contractée pour financer l’offre en la faisant supporter par Metro, à travers une opération de « leveraged buyout », indiquait Louise Parker, analyste de Bloomberg Intelligence, il y a quelques semaines. Les observateurs, dont Moody’s, s’attendaient en corollaire à une aggravation substantielle de l’endettement de Metro.

L’obligation ‘senior non garantie’ Metro AG, notée BBB- chez Standard & Poor’s, s’échange aux alentours de 102% du nominal, après être tombée à près de 97% durant la période d’acceptation de l’offre (du 10 juillet au 7 août). Son rendement tourne autour de 1,11%, sur base d’une maturité égale au 19 mars 2025 et d’un coupon de 1,5%.

Sources

Les communiqués de Metro AG

Daniel Kretinsky annonce l'échec de son offre sur Metro (L’UsineNouvelle.com)