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Le fonds américain Elliott secoue AT&T; réaction modérée des obligataires

Elliott Management s’attaque à AT&T. Le fonds d’investissement activiste a adressé une lettre au conseil d’administration du numéro un américain de la téléphonie fixe (et numéro deux dans le mobile), dans lequel il estime l’entreprise « fortement sous-évaluée ».

Dans ce courrier, Elliott, qui précise détenir une participation de 3,2 milliards de dollars dans AT&T, explique que l’opérateur américain pourrait, grâce à « des initiatives facilement réalisables (focus stratégique accru, efficacité opérationnelle améliorée, renforcement du leadership et de la supervision…), réaliser un accroissement substantiel et historique de valeur ». L’action pourrait ainsi atteindre une valeur de 60 dollars par action d’ici la fin 2021 - une belle marge de progression puisque le titre AT&T valait 36,25 dollars vendredi et 36,79 dollars lundi à la clôture des marchés – si l’opérateur télécom met en œuvre ces mesures, avertit Elliott. Une opportunité rare pour une entreprise, d’autant qu’il s’agit de l’une des plus importantes au monde, ajoute-t-il.

Le fonds d’investissement dirigé par Paul Singer s’interroge également sur la politique d’acquisition d’AT&T qui a mené à l’émergence d’un conglomérat. « Nous sommes fermement convaincus que la stratégie de fusions et acquisitions a contribué à la piètre performance de l’action, tout en causant des distractions qui ont contribué à la récente sous-performance opérationnelle », lit-on dans le mémo.

Particulièrement ciblée, l’acquisition de Time Warner, pour la modique somme de 85 milliards de dollars, est mise en doute. Malgré 600 jours écoulés entre la signature et le closing de l’opération (et plus d’un an passé depuis lors), AT&T n’a pas encore expliqué clairement pour l'acquisition de Time Warner est stratégique pour la société AT&T, écrit Elliott.

Le fonds activiste estime également qu' AT&T devrait accélérer les cessions d’actifs pour diminuer l’énorme dette d’environ 180 milliards de dollars, liée notamment cette acquisition. 

Le montant de 180 milliards évoqués par Elliott correspond au montant affiché le 14 juin 2018, lorsque l’opération de rachat de Time Warner a été bouclée. Depuis lors, AT&T a réduit sa dette à 167 milliards de dollars à la fin du deuxième trimestre 2019, représentant un ratio dette nette sur Ebitda de 2,7 (*). AT&T, dont la capitalisation boursière est de 269 milliards de dollars, s’est dit en bonne voie de réduire encore son endettement pour atteindre 150 milliards à la fin de l’année et un ratio de 2,5.

Si le courrier a eu un impact positif sur l’action AT&T, la réaction sur le marché obligataire a été plus mesurée. Le groupe est massivement présent sur le marché de la dette, avec des emprunts libellés en dollar américain, en dollar canadien, en euro…

En euro justement, AT&T vient d'émettre une nouvelle obligation d’une durée de 20 ans (maturité 14 septembre 2039) au coupon de 1,80%  Elle peut être achetée sur le marché secondaire aux alentours de 98% ce qui correspond à un rendement proche de 2%. Son rating est BBB chez Standard & Poor’s permet de la ranger dans la catégorie des investissements de bonne qualité. 

Avec le même rating S&P, l’obligation en dollar canadien au coupon de 2,85% et d’une maturité égale au 25/05/2024 se traite sur le secondaire à 100, 60% du nominal. Son rendement avoisine 2,71% et elle est disponible par coupures de 150.000 dollars canadiens (+/- 103.300 euros).

Les deux souches obligataires figurent au rang de dette ‘senior non sécurisée’ de l’émetteur.

Sources

Les communiqués d'AT&T

AT&T shares jump after activist Elliott Management takes $3.2 billion stake, sees stock worth $60 (CNBC.com)

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(*) La dette de la société est couverte à raison de 2,7 fois le résultat brut opérationnel