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Softbank sous pression après l'échec de We Work, prudence accrue des créanciers

Softbank Group Corp sous pression. Le conglomérat japonais, devenu au fil du temps un véritable fonds d'investissement présent au capital de multiples sociétés, subit le contrecoup de l'introduction en Bourse avortée de We Work, l'entreprise new-yorkaise spécialisée dans l'activité de bureaux partagés, et de la mauvaise performance boursière de certains de ses investissements, Uber et Slack en tête.

D'après des analystes contactés par Bloomberg, les réductions de valeurs encaissées sur ces participations pourraient se traduire par une perte de plus de 5 milliards de dollars au troisième trimestre, pour la compagnie dirigée et fondée par le milliardaire Masayoshi Son. Depuis son introduction en Bourse, Uber (application de transport rémunéré de particulier à particulier) et Slack (plate-forme de communication collaborative et gestion de projets) ont perdu de l'ordre de 30% de leur valeur respective. Quant à We Work, Softbank Group a investi 10 milliards de dollars en direct dans l'entreprise, sans passer par le "Softbank Vision Fund", plus grand fonds d'investissements à vocation technologique au monde d'une valeur de 100 milliards.

La valeur de la participation détenue dans Alibaba connaît elle aussi des jours difficiles, après des informations évoquant des discussions au sein de l'administration Trump, dans le cadre de la guerre commerciale entre Washington et Pékin, pour limiter les investissements américains en Chine.

Dans un entretien au magazine japonais Nikkei Business, Masayoshi Sun s'est dit embarrasé mais il a tenu à rassurer. Si les entreprises comme WeWork ou Uber sont critiquées aujourd'hui parce qu'elles perdent de l'argent, dans dix ans elles réaliseront des bénéfices substantiels", a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par Forbes et Bloomberg.

Entre-temps, cela ne fait pas les affaires du milliardaire qui cherche des investisseurs pour lancer son deuxième fonds d'investissement "Softbank Vision Fund 2". Mubadala Investment Co, le fonds souverain de l'Etat dAbou Dhabi, qui a investi 15 milliards de dollars dans le "Softbank Vision Fund 1", se tâte. Brahim Ajami, responsable des activités, indique "évaluer les options possibles" tout en précisant qu'il continuera à travailler avec Softbank, selon Bloomberg. Ajamibrelativise aussi l'importance de We Work, qui ne représente que 5% des investissements de Softbank Vision Fund 1, tandis que, par ailleurs, il y a 80 autres compagnies en portefeuille.

Pour certains analystes, We Work, Uber et Slack pourraient inciter à une plus grande prudence chez Softbank dans sa politique d'investissement, ce qui pourrait être une bonne chose pour les créanciers qui surveillent le niveau d'endettement de Softbank. Entre-temps, ceux-ci sont devenus plus prudents. S'ils continuent à faire confiance à Masayoshi Son, ils ont aussi relevé la prime de risque liée à la détention des obligations Softbank Group.

Pour ne citer qu'elle, la perpétuelle Softbank Group Corp au coupon de 6,875% se traite désormais à un cours proche de l'ordre de 93% du nominal, contre 98% encore en août, pour un rendement approchant 8%. Une rémunération particulièrement généreuse qui s’explique par des facteurs comme le niveau du rating (B+, catégorie spéculative) ou encore par l’aspect subordonné de cette obligation. Pour mémoire, en cas de faillite de l’émetteur, les détenteurs de ce genre de titres passent après les porteurs d’obligations seniors, tout en se situant juste avant les actionnaires.

Cette souche obligataire est libellée par coupures de 200.000 dollars en nominal.

Sources

Les communiqués de Softbank

Les investissements de Softbank pourraient lui faire perdre plus de 5 milliard de dollars (L'Usinedigitale.fr)

Comment Uber et WeWork Ont Plombé SoftBank (Forbes.fr)

SoftBank’s damage from Uber, WeWork could exceed $5 billion (Bloomberg.com)

Mubadala is undecided on SoftBank’s next Vision Fund (Bloomberg.com)

SoftBank debtholders hope for more caution after WeWork woes (Bloomberg.com)