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Les obligations Kraft Heinz carburent

Au même titre que l‘action cotée à la bourse de New York, les obligations émises par Kraft Heinz ont progressé depuis notre dernier point sur le géant de l’agro-alimentaire, et ce à la suite de la publication de ses trimestriels jeudi dernier.

En proie à de sérieuses difficultés, sur fonds de changements de comportement des consommateurs, le Roi du Ketchup a visiblement rassuré les marchés en publiant des résultats supérieurs aux attentes.

Le numéro 5 mondial de l’alimentation a bouclé le troisième trimestre sur un chiffre d’affaires de 6,08 milliards de dollars, comparativement aux 6,38 milliards réalisés à la même époque l'an dernier et les 6,13 milliards anticipés par le consensus.

Le bénéfice net ressort pour sa part à 899 millions de dollars (619 millions un an plus tôt), tandis que le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 69 cents (53 cents attendus).

Dans un communiqué, Miguel Patricio, le directeur général fraîchement nommé, a reconnu que les résultats restaient en deçà du potentiel du groupe, avec « des performances inégales selon les catégories et les zones géographiques ».

Le groupe évoque ainsi plusieurs causes :  des pertes récurrentes de parts de marché au sein de ses activités de fromages naturels, de charcuterie et de café aux États-Unis, des remontées promotionnelles moins importantes que prévu au Canada, la baisse continue de la nutrition infantile en Chine, ou encore, la hausse des coûts de la chaîne logistique.

D’autres pays ou segments font en revanche meilleure figure. C’est le cas du Brésil où le géant alimentaire connaît une croissance à deux chiffres, de même que sur le segment des sauces de soja en Chine.

Rebond de l'action à Wall Street

Ces résultats supérieurs aux attentes ont en tous les cas permis à l’action du groupe issu de la fusion entre Kraft et Heinz il y a quatre ans de bondir de 14% à Wall Street.

Le titre n’en affiche pas moins une décote de 40% en regard du début d’année, plombé entre-temps par une dépréciation massive de 15 milliards de dollars sur ses marques emblématiques Kraft et Oscar Mayer (Hot Dog), au même titre qu’une réduction drastique du dividende.

Tout comme bon nombre d’acteurs du secteur, rappelons que Kraft Heinz se voit fragilisé par l’émergence de nouveaux modèles de consommation, même aux Etats-Unis, son marché domestique.

Et ce d’autant que le groupe a clairement raté le virage du bio ou du sans sel, restant ancré sur son modèle de plats prêt à réchauffé et ultra transformés.

Un rendement à l'échéance de 2,45% en dollar

Sur le secondaire, les obligations sont également orientées à la hausse. Pour ne citer qu’elle, l’émission à maturité 2022 se traite désormais à l’achat à un cours avoisinant les 102,75% du nominal.

Accessible par 2.000 dollars, elle permet d’escompter sur un rendement à l’échéance de 2,45%.

Notons encore que le groupe qui commercialise le Ketchup Heinz (qui fête cette année son 150ème anniversaire), le café Maxwell, les sauces Benedicta et de nombreuses marques américaines peu connue chez nous, appartient à la catégorie des émetteurs de bonne qualité ou "Investment Grade", en atteste son rating « BBB » chez Standard & Poor’s.