Goldwasser Exchange

+32 (0)2 533 22 40
Du lundi au vendredi de 8h30 à 18h

Accès client

Un coupon de 0,50% mais un cours de 91% du nominal pour l’obligation Wirecard

Trois mois après son placement sur le primaire, l’obligation remboursable dans cinq ans par Wirecard, le géant allemand des solutions de paiement dématérialisé, affiche une décote de neuf points. De quoi permettre à l’investisseur de tabler sur rendement à l’échéance de 2,50% en euro.

 

 

Pourquoi une telle décote pour ce placement portant considéré de bonne qualité (rating Baa3) chez Moody’s ? La raison est notamment à chercher du côté de l’évolution des taux qui ont progressé ces dernières semaines, les obligations d’Etat étant quelque peu délaissées au profit des marchés boursiers.

En outre, les investisseurs ont revu à la hausse leurs exigences de rendement suite aux révélations du Financial Times évoquant, et ce à plus d’une reprise, des soupçons d’irrégularités comptables au sein de la filiale singapourienne de Wirecard.

Notons que ce cours bien inférieur au pair rend l'obligation extrêmement « attractive » d’un point de vue fiscal. Pour mémoire, acheter une obligation sous les 100% du nominal permet à l’investisseur résident belge de réaliser une partie du rendement offert par l’obligation en exemption d’impôt.

Star allemande de la croissance

Basée à Aschheim en Bavière, Wirecard est l'une des plus importantes sociétés de croissance européenne. Les services qu’elle propose sont similaires à ceux du géant mondial Paypal. Sur base d’un enregistrement en ligne, le client ouvre un compte qu’il peut ensuite approvisionner pour effectuer toutes sortes de transactions.

Dernièrement, la société qui fêtera ses 15 ans d’existence l’année prochaine, a fait parler d’elle en lançant un compte rémunéré à un taux de 0,75%. But de l’opération: élargir sa base de clients et étendre son contrôle sur toute la chaîne du paiement.

Revers de médaille, ce compte « rémunéré » en période de taux négatif a un prix: les coûts de retraits avec la carte Wirecard aux distributeurs s'élèveront ainsi à deux euros dans la zone euro.

Wirecard s’exporte en Chine

Notons que les soupçons d’irrégularités comptables n’ont pas entravé la solide dynamique de croissance de Wirecard, qui n'a donné aucun signe de faiblesse au troisième trimestre.

La croissance des volumes de paiements traités a progressé de 36% au cours des neuf premiers mois de l’année, atteignant 1,9 milliard d'euros. Le bénéfice après impôts a lui bondi de 53% à 386 millions sur la période.

Et le management n’entend pas s’arrêter en si bon chemin, se montrant optimiste pour 2020, un exercice qui coïncidera avec l'arrivée du groupe en Chine en marge de l’acquisition d'Allscore Payment.

Sur ce marché en plein essor, la société allemande se confrontera notamment aux géants locaux Tencent, qui possède WeChat Pay et à Alibaba qui gère Alipay.