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Lufthansa en zone de turbulences

Alors qu’elle a repris depuis ce matin ses liaisons vers la Chine, la compagnie allemande Lufthansa, propriétaire de Brussels Airlines, fait face à des vents contraires et joue son avenir ce jeudi. L'occasion de faire le point sur l'action et les obligations du transporteur.

Première compagnie européenne en nombre de passagers transportés (devant Ryanair et Air France-KLM), la Deutsche Lufthansa jouera son avenir demain matin à l’occasion d’une assemblée générale des actionnaires, lesquels devront statuer sur le plan de sauvetage (neuf milliards d’euros) concocté par le gouvernement allemand. 

L’accord, qui a obtenu en début de mois l’aval de la Commission européenne (en contrepartie de plusieurs concessions dont une réduction de la flotte), marquerait donc le grand retour de l’Etat dans la compagnie aérienne. 

Dans les grandes lignes, il prévoit que Berlin prenne 20% du capital contre 300 millions d’euros et injecte 5,7 milliards de fonds. Une aide indispensable compte tenu de la situation de liquidité périlleuse de la société, dont la majeure partie de la flotte est clouée au sol depuis des semaines. 

Dans le cadre de l’accord de sauvetage, on trouve également un prêt de trois milliards octroyé et garanti par l’État, qui obtient au passage deux sièges au conseil de surveillance du transporteur, lequel a l'interdiction de verser des dividendes et de payer des bonus à ses dirigeants. 

Ce retour des autorités au sein de la compagnie privatisée entièrement en 1997 n’est pas vu d’un bon œil par tout le monde, et singulièrement par le milliardaire Heinz Hermann Thiele qui détient à lui seul 15% des droits de vote et qui pourrait dès lors, faire basculer l’assemblée ce jeudi. 

En grandes discussions avec les autorités ces derniers jours, Thiele, dont la participation se verrait diluée, met en cause la prise de participation de l’Etat au prix nominal de 2,56 euros. En repli de 40% cette année, l’action cotait 10 euros à la clôture des marchés ce mardi.

Un rendement de 4% en euro

Si le vote devait ne pas être favorable au plan de sauvetage, Lufthansa sera manifestement contraint de déposer un dossier d'insolvabilité. Pour l'heure sur le marché obligataire, les investisseurs gardent leur calme au vu des 4% de rendement annuel exigé pour détenir l’obligation remboursable dans quatre ans par la compagnie. Il s’agit en effet d’un rendement parmi les plus faibles du secteur.

Libellé par coupures de 1.000 euros, le titre est disponible à l’achat à 86% du nominal et est assorti d'un rating spéculatif "BB+" chez Standard & Poor's.

Notons que même si les liaisons internationales rédémarent, la direction ne table pas sur un redémarrage rapide et prévoit un plan de restructuration d'envergure. Il comprendrait le licenciement de quelque 22.000 des 138.000 employés que compte la compagnie. 

Au plus fort de la crise, la pandémie de coronavirus a quasiment mis à l’arrêt toute l’activité de Lufthansa, à l’exception du transport de fret, et lui a fait perdre 2,1 milliards d’euros au premier trimestre.