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Il y a aussi de bonnes nouvelles. En voici neuf !

2020 est une année à marquer d’une pierre noire. Coronavirus, confinement, récession économique, catastrophes climatiques, tensions Etats-Unis-Chine, menaces de guerre en Méditerranée, dans le Caucase, en Libye ou en mer de Chine, montée du populisme, impunité des dictateurs... Submergés par les mauvaises nouvelles, nous avons eu tendance à négliger les informations positives. En voici quelques-unes, histoire de garder le moral. 

Inutile de faire un dessin. Chacun l’a vécu au quotidien : l’année 2020 est à oublier au plus vite. Mais dans le flot des mauvaises nouvelles, qui n’était pas sans faire penser à l’épisode biblique des plaies d’Egypte, quelques informations positives ont tout de même réussi à surnager. En voici quelques-unes, en vrac.

1. Le vaccin anti-Covid est pour bientôt

De mémoire de spécialiste, on n’a jamais vu autant de moyens mobilisés pour combattre une épidémie. Alors que d’ordinaire, la mise au point d’un vaccin prenait au moins 10 ans, le vaccin anti-Covid sera opérationnel en moins de 18 mois. Sauf accident de parcours, plusieurs vaccins seront disponibles au premier semestre 2021. Pour la Belgique, Maggie De Block a même fixé la date (en mars) et le nom du produit (le vaccin Sanofi-GSK) mais l’expérience a montré qu’il fallait prendre les propos de la ministre avec des pincettes, d’autant plus que le vaccin Sanofi-GSK ne démarrera ses essais cliniques à grande échelle qu’en décembre. Il est donc peu probable qu’il soit prêt en mars.  

Qu’à cela ne tienne, de nombreux vaccins concurrents ont entamé leur dernière phase de test. Le “Vaccine Tracker” du New York Times en dénombre 11, sans compter le vaccin russe et quatre vaccins chinois qui sont d’ores et déjà administrés aux professions de première ligne. Plus près de nous, l’Union européenne a pré-commandé des vaccins à Sanofi-GSK (300 millions de doses), à Pfizer-BioNTech (200 millions + 100 millions en option), à Astra-Zeneca (300 millions) et à Curevac (225 millions). Le total des contrats passés avec les firmes pharmaceutiques porterait sur 1,5 milliards de doses selon un décompte AFP. De plus, l’UE a pris soin de ne pas mettre ses oeufs dans le même panier car les vaccins exploitent des approches différentes pour combattre le virus. En tout état de cause, la mise au point accélérée de ces vaccins doit être célébrée comme une prouesse remarquable de la communauté scientifique.  

2. Le rebond économique se profile

Les prévisions avancées il y a quelques mois concernant l’activité économique de 2020 étaient peut-être trop pessimistes. Même si la reprise est loin d’être acquise, certains pays s’en sortent mieux que prévu, notamment la Chine et l’Allemagne, deux grandes locomotives de l’économie globale. Cette relative bonne santé économique s’explique par le fait que la Chine a vaincu le coronavirus, et que l’Allemagne l’a largement contenu tout en investissant massivement pour soutenir ses industries. 

Après avoir reculé de 6,8% lors du premier trimestre, la croissance chinoise est repartie à la hausse au deuxième trimestre (+ 3,2%), dépassant les prévisions des économistes. Le secteur manufacturier et celui des services rebondissent fortement. Les exportations des quatre derniers mois sont en hausse par rapport à 2019. Jim O’Neil, ex-économiste chez Goldman Sachs, estime que la croissance chinoise sera positive en 2020 et qu’en 2021, elle aura effacé les pertes de 2020. Il existe cependant une grande disparité dans les situations vécues par les Chinois. Les classes supérieures et moyennes ont repris le chemin de la consommation dans un pays libéré du virus, comme le prouve les ventes de voitures au Salon de l’Auto qui s’est ouvert à Beijing mais les classes inférieures continuent de souffrir.  

La reprise est également plus rapide que prévue en Allemagne grâce à son atout principal, le secteur manufacturier, qui profite de la demande globale, venant de Chine notamment. L’indice des directeurs d’achat a bondi à 56,6 en septembre, au plus haut depuis deux ans. En revanche, le secteur des services reste à la traîne. Et même si la pandémie semble partiellement jugulée grâce aux mesures adoptées par le gouvernement fédéral et les Länder, le consommateur allemand demeure prudent. La production automobile progresse mais elle reste 15% en dessous de ses niveaux d’avant la pandémie.  

3. Une paix signée entre frères ennemis

Qui l’eût cru il y a 10 ou 20 ans ? Deux pays du Golfe, les Emirats arabes unis et Bahrein ont enterré la hache de guerre en établissant des relations diplomatiques, commerciales et sécuritaires avec Israël. Les deux pétromonarchies avaient noué des relations officieuses avec l’Etat hébreu depuis des années, notamment dans le domaine du renseignement. La menace de l’expansionnisme iranien, l’ennemi commun d’Israël et des pays du Golfe et l’amicale pression de la Maison Blanche ont sans doute accéléré le rapprochement entre ces pays. En contrepartie de la reconnaissance d’Israël, Netanyahou a dû renoncer, en tout cas provisoirement, à son projet d’annexion d’une partie des territoires occupés.

4. La prise de conscience de la menace climatique progresse

Après l’Union européenne, qui s’était déjà engagée à atteindre la neutralité carbone en 2050, c’est au tour de la Chine par la voix de son président Xi Jinping, d’annoncer le même objectif, mais à l’horizon 2060. Le plan climatique ambitieux du candidat Joe Biden prévoit également la neutralité carbone en 2050 – c’est-à-dire l’équilibre entre le CO2 émis par l’homme et celui absorbé par les écosystèmes naturels. C’est une bonne nouvelle car il s’agit des trois plus grands émetteurs de CO2 de la planète. Même si cettre prise de conscience tardive n’évitera sans doute pas une hausse des températures de 2° par rapport à l’ère pré-industrielle, il s’agit d’un pas dans le bon sens.

5. La solidarité européenne s’affirme

Ça n’a pas été tout seul. Le club des pays frugaux, parfois qualifiés de “radins” se refusait à donner de l’argent aux pays plus dépensiers mais aussi plus gravement touchés par la pandémie comme l’Italie et l’Espagne. Après quatre jours et trois nuits de tractations acharnées, frôlant plusieurs fois la rupture, les 27 se sont mis d’accord sur un plan de relance et brisé un tabou en mutualisant leur dette. Une étape historique car c’est l’UE en tant que bloc qui emprunte 750 milliards et s’engage à soutenir les pays qui en ont le plus besoin, les principaux bénéficiaires étant l’Italie et l’Espagne.

6. La Suisse reste dans l’espace Schengen

Il n’y aura donc pas de Swissxit. Dimanche dernier, 63% des Suisses ont dit non à la proposition de mettre fin à la liberté de circulation entre la Suisse et les pays de l’UE. Cette votation populaire avait été organisée à l’initiative de l’Union démocratique du centre, le parti conservateur et anti-européen qui souhaite limiter fortement l’immigration en Suisse. C’est la troisième fois que le UDC voit l’un de ses référendums rejetés. 

7. L’humanité ne cesse pas d’innover

Un exemple parmi tant d’autres. Le 21 septembre, Airbus a dévoilé trois concepts d’avions propulsés à l’hydrogène et se donne pour objectif la mise en service d’un appareil commercial “zéro émissions” en 2035. L’hydrogène vert, produit par électrolyse, est une source d’énergie propre et les moteurs à hydrogène sont une option crédible dans un monde qui vise la neutralité carbone. L’Allemagne a prévu un budget de 9 miiliards d’euros pour développer les usages de l’hydrogène et la France, 7 milliards. L’UE projette de construire pour 2030 un parc d’électrolyseurs produisant 40 gigawatts d’électricité, soit le double de la capacité du barrage des Trois Gorges en Chine, la plus grande centrale d’énergie au monde. 

8. La technologie, une manne pour les investisseurs

Si la bourse a rebondi aussi vite après la chute du mois de mars, c’est aux valeurs technologiques qu’elle le doit. Quelques exemples de hausses depuis le 1er janvier. Zoom: +617%. Tesla: 404%. Nvidia: +120%. Amazon: +72%.  Apple: + 56%. Netflix: +56%. Salesforce: +51%. Le confinement, qui fut le lot de la moitié de l’humanité, a contraint les usagers à modifier leurs comportements. Par la force des choses, Internet s’est imposé comme le principal contact avec le monde extérieur et les activités en ligne sont rapidement devenues incontournables.  Les outils de télétravail, les achats en ligne, le streaming video et d’autres applications ont grandement bénéficié de la situation, ce qui a eu pour effet de propulser le secteur de la technologie dans son ensemble. 

9. Bientôt un gouvernement belge

500 jours après les élections, la coalition Vivaldi accouchera-t-elle d’un gouvernement de plein exercice? On croise les doigts car les blagues les plus courtes sont les meilleures. Lundi, les négociations achoppaient encore sur les questions budgétaires, qui, paraît-il, avaient été à peine entamées alors qu’il s’agit de la “clé de voûte de tout accord de gouvernement” (Le Soir).