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Un coupon de 2,375% pour la nouvelle obligation Renault en euro

Dans un climat porteur, la marque au losange a levé un milliard d'euros sur le marché obligataire en début de semaine. Nécessitant une mise de fonds de 100.000 euros, l'obligation fraichement émise devrait être assortie d'un rating « BB+ » chez Standard & Poor’s.

Rémunérée par un coupon de 2,375%, que le constructeur s'engage à verser en rythme annuel, l'obligation se traitait aux alentours du pair dans les premiers échanges.

Même s'il a fortement baissé ces derniers mois (les rendements dépassaient les 5% au plus fort de la crise sanitaire) le niveau de rémunération affiché est donc plutôt confortable par les temps qui courent, signe que Renault n'apparait pas comme un émetteur totalement dénué de risque.  

En atteste d’ailleurs la signature spéculative du constructeur. Ces derniers mois, en marge de la pandémie et d'une baisse des ventes, les agences de notation ont tour à tour abaissé la notation de la dette senior de Renault, reléguée en catégorie spéculative.

Des résultats rassurants ?

Les investisseurs qui ont souscrit au nouvel emprunt auront peut-être été confortés par les résultats publiés dernièrement par le groupe de Boulogne Billancourt.

Après un premier semestre catastrophique (perte de sept milliards d'euros), le constructeur a quelque peu sorti la tête de l'eau au troisième trimestre, avec une activité toujours sous pression (CA en baisse de 8,2% à 10,37 milliards d’euros) mais montrant des signes d'amélioration.

En Russie notamment, second marché du constructeur, les ventes ont continué de progresser (+4,5%) tandis qu’elles ont plus que doublé en Turquie.  

Sur son territoire domestique, Renault affiche des résultats honorables avec des immatriculations en hausse de 2,7%, notamment grâce au duo Clio-Captur qui a trouvé son rythme de croisière, et une Zoé qui continue de crever l'écran, dans l'Hexagone comme en Europe.

Notons que sur le l’ensemble du marché européen, la part de marché du groupe a progressé de 0,2 point à 10,3% (400.223 véhicules écoulés). Vue sous un autre angle, la baisse atteint 2,9% en glissement annuel, soit moins que la concurrence.

Cap sur les marges

Avec des ventes divisées par deux, le marché brésilien a en revanche souffert de la politique voulue par le nouveau patron du groupe Luca de Meo. Avec l'homme d'affaires italien, exit la politique des volumes et focus sur la valeur. Comprenez par-là, privilégier les modèles rentables et en croissance au profit d’une course aux volumes chère à Carlos Ghosn, le PDG déchu de la marque au losange.  

Car si Renault écoule beaucoup de véhicules (3,75 millions en 2019) il est surtout présent sur des segments où la concurrence est féroce et les marges très faibles. L’italien a annoncé la couleur, "le cap devra être mis davantage sur les profits", rappelant que "ce sont les marges qui permettent d'investir et de se développer".

Pour ce faire, le nouveau DG entend s’inspirer du grand rival PSA (Peugeot Citroën) qui, sous l’impulsion de Carlos Tavares, est monté en gamme avec les Peugeot 3008 ou 5008 ou les Citroën Aircross. "C’est un mouvement que Renault n’a pas fait. Le centre de gravité de la gamme Renault doit être plus haut", estime De Meo.

A l’occasion de la publication des trimestriels, de Meo a souligné que le redressement serait long pour le groupe et que cela prendra au moins deux ans avant de percevoir des résultats vraiment positifs.

Source

motor.com, Renault enregistre de premiers signes d'amélioration