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Un rachat de Carrefour à 20 euros, la bonne affaire pour les actionnaires ?

Ouvrant peut-être la voie à une consolidation du secteur de la grande distribution sur le vieux-continent, l’enseigne canadienne Alimentation Couche-Tard a approché Carrefour dans le cadre d’une opération « amicale » évaluée à 16,2 milliards d’euros (hors dette).

Un tel montant valoriserait l’action du géant de la grande distribution autour des 20 euros par titre. Ça n’est pas énorme, quand on sait que Carrefour cotait au-dessus des 30 euros il y a sept ans, sans parler des plus hauts historiques de la valeur avoisinant les 70 euros. C’était certes il y a bien longtemps, au tournant du siècle dernier.

Il faut dire qu’alors en vogue, le modèle de la grande distribution et ses rayons interminables dont Carrefour se voulait l’étendard, a été quelque peu délaissé par des consommateurs davantage enclins à se tourner vers l’enseigne bio locale.

En outre, Carrefour évolue sur un segment hautement concurrentiel, et souffre depuis quelques années de la concurrence accrue du commerce en ligne. De quoi rogner les marges.

Pour autant, le gouvernement ne serait pas trop favorable à un rapprochement entre son fleuron de la grande distribution et l’enseigne canadienne. Bruno Lemaire, Ministre de l’économie, a même évoqué "la souveraineté alimentaire des Français", rappelant être en mesure de s’opposer à la transaction par décret.

Chez Carrefour, qui tire la moitié de ses revenus en France, on indique voir dans cette approche la preuve du "bien-fondé du plan de transformation lancé en 2018". Sur fonds "d’une trajectoire de croissance rentable retrouvée", le management dit désormais "pouvoir envisager de participer à des opérations de consolidation si les conditions de marché sont réunies".

2 poids 2 mesures

Si d’aucuns voient l’intérêt d’un groupe international pour Carrefour, l’annonce en a certainement surpris plus d’un. Et ce alors que Couche Tard, « le dépanneur privilégié des Québécois », pèse nettement moins en termes de revenus annuels : l’équivalent de 49 milliards d’euros (au sein duquel les ventes de carburant occupent une place significative) contre près de 80 milliards chez Carrefour.

Dans le même ordre idée, Carrefour, c’est plus de 320.000 collaborateurs à l’échelle mondiale (130.000 pour son prétendant).

En revanche, Couche-tard (16.000 points de vente dont 9.000 aux Etats-Unis et 2.700 en Europe) génère davantage de bénéfices (2,1 milliards d’euros en 2019) que Carrefour (1,3 milliard) et pèse surtout nettement plus en terme de valorisation.

Avant l’annonce des tractations « amicales et non contraignantes », Carrefour affichait une capitalisation boursière de 12,64 milliards d’euros et Alimentation Couche-Tard, coté à Toronto, de plus de 37 milliards de dollars canadiens (24 milliards d’euros).

Un écart de valorisation qui découle notamment des marges générées par les deux enseignes : 8% du bénéfice opérationnel pour le Canadien contre 5,9% chez Carrefour.

Un dossier apprécié des analystes

On notera qu’au cours actuel, Carrefour affiche, selon les estimations, une décote de l’ordre de 20 à 25% en regard de la moyenne du secteur européen. Pour les actionnaires historiques en quête de jour meilleurs, la pilule pourrait donc s’avérer quelque peu amère.

Du côté des analystes, Carrefour restait plébiscité avant l’annonce de l’intérêt de Couche Tard. Sur les 23 maisons de courtage qui suivent le dossier, 18 conseillent d’acheter la valeur, tandis que cinq sont "neutres" sur le dossier et zéro à la vente.

Le cours cible à douze mois se monte à 17,90 euros (cours actuel de 16,30 euros).

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