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Correction sur les marchés : stop ou encore ?

C’est la grande tendance du moment : les taux d’intérêt remontent, entrainant une correction des indices boursiers des deux côtés de l’Atlantique. Car s’il se cantonnait dans un premier temps aux taux en dollar, le renchérissement du coût du crédit touche désormais la courbe obligataire en euro.

Ainsi, le rendement de l’emprunt souverain belge à dix ans vient de repasser en territoire positif (0,07% ce vendredi), une première depuis avril dernier. Son homologue américain a lui touché les 1,50%.

La remontée des taux US découle essentiellement de l’ampleur du plan de relance américain (attendu à 1.900 milliards de dollars), et les craintes qu’il ne fasse remonter l’inflation, d’autant que les matières premières progressent fortement ces derniers mois. 

Sur le Vieux Continent, les plans de relance sont également là, de même que les prévisions de retour à la croissance. Un rebond économique qui devrait être amplifié par l'épargne colossale des citoyens et la trésorerie des entreprises.

Si dès lors l'économie retrouve ses niveaux de croissance, quoi de plus normal de voir des taux négatifs (une aberration en soi) faire place à des taux positifs. 

Rappelons que la Belgique (de même que la France par exemple) se finance depuis des mois et même des années à des taux négatifs, plombée pourtant par des déficits budgétaires et une dette qui dépasse largement les 100% du PIB.

Pour la BCE, qui manipule les taux d'emprunts souverains en rachetant les dettes des Etats pour maintenir les taux à des niveaux artificiellement bas, il pourrait devenir difficile de justifier une telle action, sur fond d'une croissance forte et une hausse de l'inflation.

D'où la hausse des taux d'intérêt, les investisseurs exigeant des rendements plus importants pour faire face au risque de dérapage des prix à la consommation.

Repli boursier.

Jusqu’à hier, les valeurs boursières de la tech et du NASDAQ étaient les principales touchées, à l’image d’Apple qui accuse un repli de 17% en regard de ses plus hauts de février. 

Et pour cause, au-delà de leurs fondamentaux solides, elles ont bénéficié depuis pas mal de temps de l’effet TINA : There is no alternative (aux taux bas), concentrant l'intérêt des investisseurs.

Depuis hier, la correction s'est toutefois propagée à l'ensemble de la cote, puisque des valeurs cycliques ont également piqué du nez.

La remontée des taux (même si sa vitesse inquiète) ne doit cependant pas remettre fondamentalement en cause les fondamentaux des marchés boursiers et une vision haussière à long terme.

Comme évoqué ci-dessus, les plans de relance sont bel et bien là, tandis que le rebond de la croissance est attendu comme vigoureux, voire exceptionnel.

Et à l’exception des valeurs technologiques qui ont surperformé les marchés, singulièrement depuis le début de la crise sanitaire, les valeurs des secteurs traditionnels ont encore de la marge à rattraper et ne profiteront pas moins de la croissance économique à venir.