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Les jours de Recticel en bourse sont-ils comptés ?

Les récentes déclarations du management et celles des analystes vont dans le même sens: il sera très dur pour Recticel, devenu par la force des choses un pure player de l’isolation, de rester indépendant.

Pour contrer l’OPA hostile lancée l’an dernier par Greiner, la direction de Recticel a trouvé la parade en cédant au groupe américain Carpenter son activité de mousses techniques, à un prix annoncé de 656 millions d’euros.

Et alors que l’assemblée générale des actionnaires a avalisé la vente de sa division literie (et ses marques Lattoflex, Swissflex et Beka), voilà Recticel désormais concentré quasi exclusivement sur l’isolation.

Une nouvelle configuration laissant dire aux initiés que Recticel pourrait se faire racheter à terme, et ce compte tenu de sa petite taille sur le marché.

Interrogé par Oblis, Kris Kippers, en charge du dossier pour la banque d’affaires Degroof Petercam, estime que ‘la petite taille de Recticel ne joue pas en sa faveur et en fait plus que jamais une proie pour un concurrent de plus grande envergure, une société de private Equity ou une holding.

Et ce d’autant que l’entreprise dirigée par Olivier Chapelle est désormais assimilée à un acteur 100% ESG, ces critères respectueux des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance prisés par les investisseurs.

'Certes, la direction pourrait procéder à quatre ou cinq acquisitions pour grossir, avec des montants avoisinant les 20 millions d’euros, mais ce ne sera probablement pas suffisant'.

Kris Kippers ne retient pas spécialement la piste d’un rachat par le producteur de mousses irlandais Kingspan, qui avait déjà essayé de racheter Recticel en 2019. Et pour cause, racheter la société belge contraindrait le nouvel ensemble à procéder à des cessions pour cause de concurrence.

A l’heure actuelle, Recticel est le numéro deux européen dans les mousses de polyuréthane, avec une part de marché oscillant entre 15 et 25% au Bénélux. 

Quid du timing ?

Selon l’analyste, les spéculations sur des fusions et acquisitions entourant Recticel pourraient aller bon train une fois les ventes de la division de literie et de mousses techniques entérinées.

De quoi assurément justifier l’enthousiasme des courtiers qui ont revu à plusieurs reprises ces derniers mois leur objectif de cours sur l’action. 

Quatre des cinq suiveurs du dossier conseillent d’ailleurs d’acheter l’action. On notera qu’avec un target price de 22 euros, ING est le plus optimiste sur le dossier (dernier cours de clôture de 19,6 euros).