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Kinepolis: profiter du coup de mou de l’action pour rentrer à bon compte?

Malgré un retour progressif des visiteurs en salle et des perspectives saluées par les analystes, Kinepolis peine à retrouver un second souffle après son rebond boursier de 2021. L’action affiche même un repli de 7,50% depuis le 1er janvier.

Et pourtant, les courtiers qui suivent le dossier ont confirmé avec panache leur objectif de cours sur le leader belge des salles obscures, après la publication de son update trimestriel le 28 avril dernier.

Au premier trimestre, Kinepolis dit avoir accueilli 5,9 millions de cinéphiles dans l’ensemble de ses complexes, soit 67,3% des entrées du premier trimestre de 2019, hors Covid.

Le nombre de visiteurs est resté impacté par les restrictions sanitaires dans certains pays, notamment aux Pays-Bas où l’exploitant dit avoir accusé un manque à gagner de 400.000 visiteurs du à la fermeture des salles en février.

On rappellera que si les complexes belges représentent en temps normal environ un quart du chiffre d’affaires, Kinepolis est également présent aux Etats-Unis depuis 2019 suite au rachat MJR Digital Cinemas (enseigne de 10 complexes et 164 salles) et au Canada via le réseau Landmark.

À la date de publication de ses comptes, plus aucune mesure de restriction n’était toutefois en application dans les régions où Kinepolis est présent, de quoi entrevoir des jours meilleurs.

Dans une note de recherche, l’analyste Guy Sips de KBC Securities dit d’ailleurs s’attendre à ce que le second trimestre soit très bon, soutenu par le succès des nouvelles sorties en salle et les vacances de Pâques qui ont confirmé la tendance du retour des visiteurs.

L’analyste s’attend également à ce que le second trimestre soit solide sur le plan financier, grâce au "plan d'entrepreneuriat" élaboré par la direction, lequel démontre la force de la stratégie commerciale de Kinepolis. 

Guy Sips conclut sa note en disant s’attendre à ce que Kinepolis, qu’il qualifie comme "l’un des meilleurs opérateurs de cinéma à l’échelle mondiale - si pas le meilleur" - sorte renforcé de la pandémie.

Une valeur pour jouer l’inflation ?

Au contact de la direction, KBC Securities dit également avoir appris que la hausse des prix était facilement absorbée par Kinepolis, ce qui fait de l’entreprise une valeur relativement imperméable à l’inflation et capable d’adapter facilement ses tarifications.

De quoi conforter le courtier dans son objectif de cours de 73,5 euros. La recommandation d’achat a bien sûr été maintenue, Kinepolis figurant même dans la « dynamic top list » du courtier.

L’optimiste est également de mise chez Degroof Petercam, qui a confirmé la recommandation d’achat et l’objectif de cours de 66 euros, citant une fréquentation des salles de 76% en avril, soutenue par les contenus proposés en salle.

Les films les plus populaires actuellement sont « Les Animaux Fantastiques : Les secrets de Dumbledore », « Sonic The Hedgehog 2 » et « The Lost City ».

Les semaines et mois à venir seront marqués, entre autres, par la sortie des blockbusters « Downton Abbey 2 », « Top Gun: Maverick », « Jurassic World : Le Monde d'après » ou « Elvis ».

Avec l'assouplissement des restrictions sanitaires, Kinepolis peut désormais fonctionner à plein régime, ce qui a un impact positif sur les opérations, note Degroof Petercam.

Le revenu par visiteur est resté élevé au premier trimestre, note la banque d’affaires, qui dit tabler sur un taux de fréquentation de 94% en 2023 par rapport au niveau observé avant Covid (hors acquisitions). 

"Une prévision prudente compte tenu de la montée en puissance en cours de certains complexes aux Pays-Bas et en France, qui n'étaient pas encore à leur plein potentiel lorsque Covid a frappé".

Dans l’ensemble, les analystes s’accordent également à dire que la génération de cash-flow libre de Kinepolis dans les prochaines années pourrait ouvrir la voie à de nouvelles acquisitions.

Interrogé par Oblis, Guy Sips souligne qu’une politique de croissance externe "pourrait être intéressante sachant que la plupart des cinémas ne sont pas toujours très bien exploités et que Kinepolis a prouvé qu'il pouvait améliorer leur performance une fois ceux-ci passés sous son giron".

Fin de la doctrine "streaming first" ?

Selon Kepler Cheuvreux (à l’achat - target price de 72 euros), un autre élément susceptible de soutenir les exploitants est que la prise de contrôle éclair de l’industrie du streaming pendant la pandémie tend à s’estomper.

En pleine crise sanitaire, Disney avait sorti certaines de ses productions directement sur sa plateforme de streaming. Certains craignaient alors que la doctrine du « streaming first », chère notamment à Wall Street, ne perdure une fois le retour à la normale sanitaire.

En marge du festival CinemaCon de Las Vegas et voyant les rentrées d’argent issues de ses blockbusters, les studios Disney ont rappelé l'importance de la sortie en salles. 

Jerry Bruckheimer, producteur du nouveau « Top Gun » était parmi ceux qui ont souligné que  "son œuvre était faite pour être vue en salle, et non à la maison sur un service de streaming".