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Recul de la volatilité ou calme avant la tempête ? Le résumé de la semaine.

Goldwasser Exchange fait le point sur ce qu’il faut savoir pour commencer la semaine.

Les marchés soufflent le chaud et le froid.

La semaine a encore été volatile mais en mode mineur. A Wall Street, le VIX, surnommé parfois « indice de la peur » est retombé à 25 après avoir atteint 35 les semaines précédentes. Les investisseurs sont dans l’expectative. D’un côté, les perspectives sont négatives comme l’attestent les déclarations de Jamie Dimon, patron de la banque JPMorgan et de Larry Fink, patron de BlackRock. Quant à Elon Musk, il a déclaré avoir « un très mauvais pressentiment » et a décidé de réduire de 10% les effectifs de Tesla. D’un autre côté, certains experts estiment que l’inflation a atteint un pic et que les mauvaises nouvelles sont désormais absorbées par les marchés. Pour l’heure, le pessimisme domine. Les rebonds des bourses sont considérés comme des réactions ponctuelles d’un marché fondamentalement baissier. Les hausses ne sont pas accompagnées d’une amplitude et d’un volume suffisants et chaque rebond, comme celui de jeudi, est suivi d’un recul. Vendredi, les bons chiffres de l’emploi aux Etats-Unis (390.000 jobs créés) ont fait chuter la bourse, qui craint une surchauffe de l’économie et un gonflement des salaires. Autre raison du recul: la décision du cartel OPEP+ d’augmenter sa production de pétrole de 200.000 barils/jour n’a pas fait baisser les prix pour autant. Le Brent se négocie à 120 euros le baril.  Sur la semaine, le S&P 500 a cédé 1,20% et le Nasdaq 0,98%. En Europe, le Stoxx 600 affiche un recul de 0,87%.

En zone euro, l’inflation est toujours aux sommets.

Elle a atteint 8,1% en mai, dépassant les prévisions des économistes, qui tablaient sur 7,8%. Principal responsable : la hausse du prix de l’énergie, qui contribue pour 40% dans la hausse générale des prix.  On observe toujours de grandes disparités entre les pays. La France (5,2%) affiche un chiffre deux fois inférieur à celui des Pays-Bas (10,2%). Une moindre dépendance à l’approvisionnement en gaz et en pétrole, la mise en place d’un bouclier tarifaire sur les fournitures d’énergie et une limitation de la hausse des salaires expliquent l’inflation relativement modérée en France. Face à ces niveaux d’inflation, la BCE ne peut plus rester les bras croisés. Deux hausses de 0,25% sont théoriquement prévues en juillet et  en septembre mais certains banquiers centraux sont en faveur d’un traitement plus radical, notamment un relèvement d’un demi-point dès juillet afin de sortir de la zone des taux négatifs. Ils n’auront probablement pas gain de cause car une hausse trop brutale des taux directeurs risquerait de creuser l’écart entre les taux des pays les plus endettés et les autres. Elle aurait également l’inconvénient de freiner une croissance déjà passablement anémique.

Inflation US : le pic a-t-il été atteint ?

On le saura vendredi prochain avec la publication de l’indice des prix à la consommation. Les experts tablent sur 8,2%, soit légèrement mieux que les 8,3% d’avril et les 8,5% de mars. Mais rien n’est moins sûr car les prix à la pompe ne cessent de grimper et le salaire horaire moyen a progressé de 0,3% en mai. Un bon chiffre pourrait avoir un impact psychologique positif dans la mesure où il signifierait que le pic est dépassé mais la vitesse de décélération par rapport au pic est l’aspect que les experts tiennent à l’œil. Le FED tente d’effectuer un « atterrissage en douceur » mais le tout est savoir de quel niveau d’atterrissage la FED se satisfera. Il est possible que le taux d’intérêt idéal s’approche des 3%, en tenant compte du fait que les prix de l’énergie ne baisseront pas de sitôt. Larry Fink, le patron de BlackRock, le plus grand gestionnaire d’actifs au monde, estime que l’inflation se maintiendra à des niveaux élevés pendant plusieurs années et que les moyens d’intervention de la FED ne sont pas suffisants pour la juguler. L’inflation serait due à un déséquilibre structurel entre l’offre et la demande dans un contexte où les ressources, notamment énergétiques, sont plus rares. Une quatrième hausse d’un demi-point en septembre, après celle de mai, juin et juillet est donc dans l’ordre du possible. Deux membres de la FED, Lael Brainard et Loretta Mester la préconisent si l’inflation n’a pas substantiellement reculé d’ici là.

L’heure n’est pas à l’optimisme.

L’impact de la guerre d’Ukraine s’ajoutant aux problèmes liés à la reprise post-Covid, oblige chacun à réviser ses prévisions. Quelques capitaines d’industrie ont fait ces derniers temps des déclarations plutôt alarmistes. C’est notamment le cas de Jamie Dimon, le patron de la banque JPMorgan, qui s’attend à « un ouragan » et conseille aux investisseurs d’être très prudents. En plus des conséquences de la guerre sur l’inflation et le prix du brut - qui pourrait bondir à 150-175 dollar le baril, - Dimon craint aussi l’impact du délestage d’environ un trillion de dollars d’obligations dans le chef de la FED. Il estime qu’à l’inverse de ce qui s’est passé lors de la crise de 2008, les banques n’auront pas les capacités d’absorber ce flot et qu’il faudra donc s’attendre à une grande volatilité.

Un embargo quasi total sur le pétrole russe.

Les 27 se sont mis d’accord sur sixième paquet de sanctions contre la Russie. Celui-ci prévoit un embargo sur les importations de pétrole russe d’ici fin 2022. Trois pays d’Europe centrale - la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque, - sont exemptés de l’accord. Ils pourront continuer à se fournir en pétrole russe via l’oléoduc de Droujba, qui transite par l’Ukraine. L’embargo décidé par l’UE couvrira 92% des importations russes à partir du 1er janvier 2023, ce qui, au prix actuel du brut, représente 120 milliards d’euros de manque à gagner pour Moscou. Autant d’argent qui n’alimentera pas la machine de guerre de Poutine. Les sanctions prévoient également l’exclusion de la banque Sberbank du réseau Swift. De leur côté, l’UE et le Royaume-Uni ont convenu de ne plus assurer les cargos sous pavillon étranger transportant du pétrole russe. Cette décision pourrait s’appliquer à tous les pétroliers transitant par un port russe, même ceux qui ne transportent pas du brut russe, par exemple, le pétrole en provenance du Kazakhstan.

Et pour le gaz russe ?

Un embargo des 27 sur le gaz russe sera plus difficile à obtenir que celui sur le pétrole mais la Pologne, la Bulgarie, la Finlande et les Pays-Bas sont déjà privés de gaz russe en raison de leur refus de régler en roubles les factures de Gazprom. L’Europe s’est engagée à diviser par trois ses importations de gaz russe d’ici la fin de l’année, ce qui représenterait également un manque à gagner de 100 milliards d’euros par an pour la Russie à partir de 2023. Un objectif ambitieux qui ne sera pas sans conséquences pour l’Allemagne et l’Italie, les deux pays européens les plus dépendants du gaz russe. D’après Confindustria, la confédération de l’industrie italienne, il manquerait près de 20% de gaz à l’Italie d’ici mars 2023 en cas d’arrêt brutal des importations russes, les sources alternatives ne couvrant pas l’entièreté des besoins de la péninsule.

L’action de la semaine.

Après Salesforce, c’est au tour de Microsoft d’annoncer des revenus en baisse en raison de la hausse du dollar. Le renchérissement du billet vert handicape les multinationales américaines qui dépendent fortement des marchés extérieurs. La firme de Redmond évalue son manque à gagner à 460 millions de dollars pour le prochain trimestre. En valeur brute, ce chiffre semble important mais en réalité, il ne représente que 1% des revenus trimestriels de Microsoft. Les bénéfices projetés ne seraient amputés que de 0,03 dollar par action. Autant dire que l’impact est négligeable et ne change pas grand-chose à la qualité du titre en tant qu’investissement à long terme. Microsoft possède plusieurs pôles d’activité, dont celui du Cloud, qui est en forte expansion. C’est aussi une machine à générer du cash. Sa trésorerie s’élevait à 104 milliards en date du 31 mars. Il existe, bien sûr, des risques de marché et le titre Microsoft peut être frappé par des vents contraires. Il a d’ailleurs cédé près de 20% depuis le début de l’année. Il reculera peut-être encore si l’on estime comme beaucoup d’analystes en ce moment que le marché est dans une tendance baissière. Il que n’en reste pas moins cette entreprise est une véritable locomotive et qu’elle ne disparaîtra pas de sitôt.

Toute l'équipe de Goldwasser Exchange vous souhaite une bonne semaine.