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Chute de l’action Colruyt, stop ou encore?

L’action du leader belge de la grande distribution corrige de 27% depuis le 1er janvier et même de 42% par rapport à ses plus hauts annuels. Vu sous un autre angle, c’est aussi un plus bas de 16 ans pour Colruyt. De quoi considérer un achat à bon compte sur la valeur?

A en croire la communauté des analystes et malgré la faiblesse du cours, il n’y aurait pas lieu de se presser pour acheter l’action du pensionnaire du Bel20. 

Seul un broker est d’ailleurs à l’achat sur le dossier, en l’occurrence Alpha Value, qui détonne avec un objectif de cours de 45,4 euros (27 euros jeudi à la clôture), là où le consensus médian répertorié par Bloomberg pointe à 29 euros. 

Ils sont par ailleurs cinq courtiers à recommander de vendre l’action, contre sept à conserver.

Dans l’ensemble, les analystes s’accordent à dire que le distributeur va continuer à faire face à un environnement hautement concurrentiel, confronté de surcroît à l’envolée des coûts, ce qui va peser sur sa rentabilité.

Colruyt a commencé à dévisser en bourse en septembre dernier, lorsque la direction a lancé un avertissement sur bénéfices. Cela s’est confirmé dans les chiffres annuels publiés le 14 juin dernier, qui ont fait état d’une chute de 30,8% à 288 millions d’euros du bénéfice net.

Et Colruyt n’exclut pas une nouvelle baisse des bénéfices pour l’exerce en cours, le management soulignant que le contexte macro-économique actuel et les vents contraires vont se maintenir.

Colruyt a également annoncé sabrer dans son dividende, une première depuis un quatre de siècle, ce qui a rajouté encore à la déception des investisseurs.

Illustrant le sentiment global des analystes, Kepler Cheuvreux estime que "Colruyt a perdu de sa superbe" et que les flux de trésorerie seront sous pression tandis que le groupe fait face à des investissements importants et que la dette pourrait augmenter.

Lors de son exercice 2021-22, Colruyt a acté un repli de 1,2 pour cent à 10 milliards d’euros de son chiffre d’affaires, alors que sa part de marché en Belgique a légèrement augmenté de 30,6 à 30,8%.

De la valeur cachée dans la filiale éolienne?

Rappelons qu’outre son enseigne phare (250 magasins en Belgique), Colruyt détient également les enseignes OKay, Bio-Planet, Cru, Dreamland, Dreambaby, de même que la chaîne de pompes à essence Dats24 et de fitness Jims.

Colruyt, c’est aussi l'énergie verte et les éoliennes. A ce titre, on a appris en début de semaine que le groupe s’interrogeait sur sa participation (58%) dans Virya Energy, sa branche éolienne offshore, qui détient des participations dans Parkwind, Eurowatt et Eoly Energy.

Comprenez par-là que le groupe est à la recherche d’un partenaire pour soutenir la croissance insolente du secteur, ou vendre sa participation.

Du côté des analystes d’ING (conserver - objectif de cours de 36 euros), on estime qu’une telle opération pourrait libérer « de la valeur cachée et améliorer la visibilité » de la filiale.

De quoi peut être expliquer le regain de forme (+9%) du pensionnaire du Bel20 en début de semaine.

Chez KBC Securities (neutre - objectif de cours de 29 euros), on est un peu moins optimiste et on s’étonne de cette option stratégique, sachant que Colruyt s'est concentré davantage sur les énergies renouvelables ces dernières années.