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Pourquoi l’Euro a atteint la parité avec le dollar, et pourquoi il pourrait encore baisser…

Pour la première fois depuis sa mise en circulation il y a vingt ans, l’euro a atteint la parité avec le dollar cette semaine. De l’avis général des commentateurs, ce niveau somme toute symbolique ne devrait pas résister longtemps, compte tenu des nombreux vents contraires auxquels fait face la monnaie unique.

Un cocktail d’éléments défavorables à l’euro

Depuis le 5 décembre 2002, la parité avait toujours été favorable à la monnaie européenne. Mais en regard d’une baisse à deux chiffres de l’euro depuis le 1er janvier, ou encore de 15% en glissement annuel, le dollar a pris le dessus.

Incontestablement, le billet vert a su tirer profit de sa qualité de valeur refuge en marge des incertitudes multiples découlant de l’invasion de l’Ukraine.

Ensuite, il y a la faiblesse persistante des taux en euro qui pousse les investisseurs à privilégier des placements dans d’autres devises, plus rémunératrices pour leur épargne.

C’est le cas naturellement du dollar, sachant que la Réserve Fédérale américaine a relevé à plusieurs reprises son taux directeur, actuellement fixé dans la fourchette 1,5% - 1,75%.

Et tandis que l’inflation a encore dépassé les attentes aux Etats-Unis en juin, comme l’ont dévoilé les chiffres publiés hier (9,1% en glissement annuel), cela renforce encore la légitimité de la Fed à serrer davantage la vis.

A ce titre et depuis hier, certains cambistes n’hésitent plus à évoquer une prochaine hausse de taux de 100 points de base par l’institution monétaire les 26 et 27 juillet prochains, comme l’a d'ailleurs fait ce mercredi la Banque du Canada.

Enorme différentiel de taux

De notre côté de l’Atlantique, en retard dans son processus de resserrement monétaire, la BCE a maintenu jusqu’à présent son taux directeur à -0,25%, qu'elle devrait relever de seulement 25 points de base le 21 juillet selon les prévisionnistes.

Le différentiel avec sa contrepartie en dollar devrait donc bientôt dépasser les 200 points de base, tandis que le consensus entrevoit un taux directeur US avoisiner les 3,50% d’ici à la fin de l’année.

On rapellera que la BCE dispose de moins de flexibilité pour remonter ses taux comparativement aux autres banques centrales, compte tenu des risques de fragmentation.

En relevant ses taux, la BCE doit en effet se garder de provoquer une hausse des rendements obligataires des pays dits périphériques, et singulièrement ceux de l’Italie, le pays qui inquiète le plus les suiveurs.

Enfin, l’euro plie très clairement ces dernières semaines sous les craintes de voir Moscou couper l’approvisionnement en gaz, de quoi plomber l’activité sur le vieux continent, et singulièrement celle de sa locomotive allemande.

Il est également à noter que l’Eurogroupe, qui réunit les ministre des Finances de la zone euro, a indiqué dernièrement que l’objectif premier de la BCE était de contenir l’inflation, peu importe l’impact sur la croissance.

Partant, les prévisions pour la zone économique devraient en souffrir, et se répercuter sur ladite devise.

Bon à savoir: si vous souhaitez protéger votre épargne d’une éventuelle dépréciation de l’euro, vous trouverez dans notre sélection de nombreuses obligations en devise.