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Le dollar rejoint l’euro dans un climat plombé par les incertitudes. Le résumé de la semaine.

Goldwasser Exchange fait le point sur ce qu’il faut savoir pour commencer la semaine.

Des marchés qui ne savent plus sur quel pied danser.

Ayant plongé suite à la publication des mauvais chiffres de l’inflation aux Etats-Unis (9,1%), les marchés ont rebondi vendredi en raison du bon indice des ventes de détail. Sur la semaine, les indices ont finalement peu bougé. Le S&P 500 a perdu 0,93% et le Nasdaq 1,57%. En Europe, le Stoxx 600 est en baisse de 0,8%. Il a surtout été plombé par les titres italiens suite à la démission de Mario Draghi. Le scoop de la semaine, c’est le retour de la parité du dollar et de l’euro. Cela n’était plus arrivé depuis 20 ans. Comme on s’attend à un relèvement de 0,75%, voire même de 1% du taux directeur lors de la prochaine réunion de la Fed, il est probable que le dollar n’en restera pas là. L’autre fait notable est l’érosion lente mais continue du prix du pétrole. Jeudi, le Brent est brièvement descendu à 95 dollars le baril pour clôturer la semaine au dessus de 100 dollars. L’hypothèse d’une récession globale est la principale cause de cette décrue. Elle est considérée comme de plus en plus probable dans la zone euro en raison de l’impact de la crise énergétique sur la production industrielle et de l’inflation sur le pouvoir d’achat des consommateurs. La Commission européenne ne table plus que sur une croissance de 1,4% en 2023. En Chine, la croissance n’a été que de 0,4% lors de ce deuxième trimestre. En cause, la politique de zéro Covid et le marasme immobilier. Et si les Etats-Unis bénéficient encore provisoirement d’une activité soutenue, les nuages s’accumulent à l’horizon, comme vient de le rappeler Jamie Dimon, le patron de JP Morgan, première banque américaine. Tout rebond des marchés devrait donc être limité par un triple étau : une inflation persistante, des taux d’intérêt en hausse et un recul de l’activité économique.

Inflation: toujours plus haut !

L’inflation du mois de juin aux Etats-Unis a atteint 9,1%. C’est davantage que les prévisions des experts qui tablaient sur 8,8%. Sur un mois, la hausse est de 1,3%. Hors énergie et denrées alimentaires, elle s’élève à 5,9% (0,7% pour le mois de juin). Si l’énergie est responsable de près de la moitié de la hausse, celle-ci est générale et concerne également les prix des véhicules, les transports, le logement et les dépenses de santé. Seule lueur d’espoir : le prix moyen à la pompe est retombé à 4,65 dollar le gallon après avoir dépassé les 5 dollars, il y a un mois. La Fed va donc réagir en relevant son taux directeur ce 27 juillet. Cette semaine, le consensus des experts prévoyait une hausse brutale de 100 points de base mais vendredi, le soufflé était quelque peu retombé et il était plutôt question de 0,75%. A l’exception de la Chine qui vient de baisser son taux et du Japon qui maintient le statu quo, la hausse des taux d’intérêt est globale. Le Canada a relevé son taux de 1%, la Nouvelle-Zélande et la Corée d’un demi-point et ce 21 juillet, la BCE va relever son taux directeur de 0,25%. Christine Lagarde a déclaré que la BCE réagirait en fonction des données macro-économiques et elle n’a pas exclu une hausse plus importante en septembre. Il est vrai que la Commission européenne prévoit désormais une inflation de 7,6% en 2022.

Energie : un gigantesque jeu de Stratego.

Le choc tectonique de la guerre d’Ukraine ainsi que le chantage au gaz exercé par Poutine sur les pays européens conduisent tous les grands acteurs à rebattre leurs cartes dans le domaine essentiel de l’approvisionnement énergétique. C’est à un véritable bouleversement planétaire auquel on assiste de nos jours. L’Europe qui tente de se dégager du gaz et du pétrole russe en diversifiant ses sources d’approvisionnement (Etats-Unis, Algérie, Qatar, Israël, Egypte, etc) oblige du coup la Russie à se tourner vers d’autres pays pour écouler ses hydrocarbures. La Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil ont augmenté leurs importations de pétrole russe, en profitant souvent des rabais offerts. La Russie est devenue le premier exportateur de pétrole en Chine, détrônant l’Arabie saoudite. La demande chinoise est telle qu’elle a obligé l’Iran à baisser le prix de son pétrole de meilleure qualité pour le mettre à niveau avec le russe. Les importations de pétrole russe en Inde sont passées de 1% avant la guerre à 18% en mai. Lors de son déplacement récent à Moscou, Jair Bolsonaro a déclaré que la Russie était un partenaire stratégique du Brésil et qu’il comptait « acheter autant de diesel qu’il le pourra ». Même l’Arabie saoudite a doublé ses importations de pétrole russe, essentiellement pour son propre usage, ce qui lui permet d’exporter son brut qui génère de meilleures marges.

Energie : les Etats reprennent la main.

Un autre fait notable du « grand jeu » autour de l’énergie, ce sont les restructurations en cours et la reprise en main des Etats dans ce secteur hautement stratégique. La nationalisation d’EDF est un signe que la France veut retrouver la maîtrise de son approvisionnement énergétique, en l’occurrence de son parc nucléaire qui a fourni 69% de l’électricité française en 2021. On constate la même tendance en Allemagne où l’Etat se prépare à renflouer le géant gazier Uniper au bord de la faillite pour un montant évalué à 9 milliards d’euros. La loi fédérale sur l’énergie va d’ailleurs être amendée afin que l’Etat puisse prendre des participations dans les entreprises en difficulté dans le secteur critique de l’énergie. En Russie, le retrait des grandes compagnies occidentales comme BP, Shell ou Exxon laisse le terrain entièrement libre aux géants russes Gazprom et Rosneft. En revanche, on s’attend à une fusion entre Rusal (aluminium, bauxite) et Norsk Nickel (cuivre, nickel, cobalt, palladium, platine) dans le secteur stratégique des matières premières. Avec l’aggravation des tensions géopolitiques, les Etats veulent retrouver la maîtrise de leurs ressources et de leurs approvisionnements. Un prélude à une économie de guerre ? 

Net avantage à Poutine.

Pour l’instant, il tient la corde dans le terrible bras de fer qui l’oppose à l’Occident. En dépit de pertes importantes, l’armée russe grignote du terrain dans l’Est de l’Ukraine en raison d’une puissance de feu supérieure et il n’est pas sûr que les Ukrainiens soutenus militairement par l’Otan soient en mesure de reprendre du terrain. Les finances de l’Ukraine sont exsangues. Pour se maintenir à flot, ce pays a besoin de 5,5 milliards d’euros par mois mais sur les 9 milliards d’euros promis par l’UE, un milliard seulement a pu être dégagé. La banque centrale ukrainienne est condamnée à faire tourner la planche à billet. Poutine compte énormément sur la fatigue des Occidentaux, qui se préoccupent de plus en plus du prix du gaz, de la vie chère et de leurs fins de mois. Même s’ils se déclarent solidaires du peuple ukrainien, un nombre croissant d’Européens souhaite un cessez-le-feu rapide et l’ouverture de négociations. Cette opinion va encore  s’accentuer à l’approche de l’hiver. Poutine a encore d’autres raisons de se réjouir. Coup sur coup, trois gouvernements occidentaux battent de l’aile. En France, Macron a perdu la majorité absolue au Parlement et il aura du mal à faire passer ses réformes, notamment sur l’assurance-chômage et l’âge de la retraite. Un exécutif paralysé est dans l’ordre du possible. Au Royaume-Uni, Boris Johnson a démissionné, son gouvernement expédie les affaires courantes et on ne connaîtra pas le nom du nouveau premier ministre avant septembre. Le duel opposera sans doute l’ex ministre des finances Richi Sunak et Penny Mordaunt, ex secrétaire d’Etat au commerce extérieur. Entretemps, l’inflation pourrait grimper jusqu’à 12%, des millions de Britanniques ont du mal à survivre et le Royaume-Uni est à la traîne sur un grand nombre de critères économiques. Enfin en Italie, le premier ministre Mario Draghi vient de donner sa démission, le mouvement 5 Etoiles dirigé par Giuseppe Conte lui ayant refusé sa confiance. Si la démission du sage Draghi se confirme, ce serait un coup dur pour l’Italie dont la situation financière est fragile. Un scénario dont l’Europe se serait bien passée au milieu d’une des pires crises depuis la deuxième guerre mondiale.

BYD ne fait pas un bide.

Au premier semestre, BYD, le constructeur chinois de véhicules hybrides et électriques a vendu davantage de voitures en Chine que Tesla : 641.000 voitures contre 564.000 pour Tesla, dont la production a été freinée par les mesures de lockdown à Shanghai. Même si elle est conjoncturelle, cette performance prouve la montée en puissance des Chinois dans tout ce qui a trait aux énergies renouvelables. La force de BYD, dont Warren Buffett est actionnaire à 8%, tient à l’intégration verticale de tous les éléments de fabrication des véhicules. BYD fabrique ses propres puces et produit ses batteries depuis 30 ans. Les voitures BYD, moins chères que les Tesla, sont destinées au marché de masse. BYD, qui vend déjà des bus électriques en Europe cherche à exporter ses modèles mais il n’est pas sûr qu’elles correspondent aux normes anti-pollution de l’UE. En tout cas, BYD est une marque dont on entendra parler à l’avenir.

La parole est aux tribunaux.

Elon Musk ayant fini par retirer son offre d’achat, Twitter a décidé de poursuivre le patron de Tesla pour l’obliger à respecter son engagement à acquérir le réseau social pour 44 milliards de dollars. Musk motive son retrait par le fait que Twitter ne lui a pas fourni les informations qu’il demandait au sujet du nombre de faux compte et de spams. Une première évaluation conduite par Musk donnait un pourcentage de faux comptes bien supérieurs aux 5% allégués par Twitter. A cela, Twitter a répliqué qu’il n’était pas en mesure de divulguer l’ensemble des données car celles-ci étaient protégées par la législation sur les données personnelles et que ce motif n’était d’ailleurs pas suffisant pour retirer l’offre d’achat. Twitter accuse Musk de ne pas avoir fait le nécessaire pour financer son acquisition. Et d’ajouter : « le comportement de Musk confirme simplement qu’il voulait se sortir d’un contrat qu’il avait signé librement et qu’il voulait nuire à Twitter par la même occasion ».  L’affaire est portée devant un tribunal du Delaware. Si le juge condamne Elon Musk, ce qui semble probable aux yeux d’une majorité d’experts, il n’est pas sûr qu’il puisse le forcer à racheter Twitter car entretemps les banques ont résilié leur prêt. Suite au prochain épisode.

L’action de la semaine.

La semaine prochaine, on attend les résultats trimestriels de IBM, SAP, ABB, Volvo, des pharmaceutiques suisses Roche et Novartis ainsi que des banques américaines Goldman Sachs et Bank of America. Plusieurs grandes banques ont déjà publié leurs résultats et dans l’ensemble les bénéfices reculent de 30% par rapport à 2021. JP Morgan a vu ses bénéfices fondre de 29% en raison de provisions destinées couvrir des créances douteuses. Citigroup a annoncé un bénéfice en baisse de 27% mais néanmoins supérieur aux attentes tandis que Wells Fargo, dont le bénéfice a chuté de 48% voit cependant ses revenus d’intérêt progresser en raison de la hausse des taux. La banque d’affaires Morgan Stanley a vu ses bénéfices baisser de 29% en raison d’un recul important de sa branche investissements.

Toute l'équipe de Goldwasser Exchange vous souhaite une bonne semaine.