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Des marchés plus résilients que prévu. Le résumé de la semaine

Goldwasser Exchange fait le point sur ce qu’il faut savoir pour commencer la semaine.

Les marchés en bien meilleure forme.

Les bourses ont fortement rebondi cette semaine et affichent leur meilleur mois depuis novembre 2020. Les investisseurs ont été encouragés par les déclarations de Jerome Powell, qui a laissé entendre que la hausse des taux pourrait se ralentir à l’avenir. A vrai dire, Jerome Powell a également prévenu que la lutte contre l’inflation était sa priorité n° 1 mais les opérateurs ont surtout retenu ce qu’ils voulaient entendre. Ils ont négligé les mauvaises nouvelles – un deuxième trimestre consécutif de croissance négative aux Etats-Unis, une inflation avoisinant les 10% dans les économies développées - pour se concentrer sur les bonnes. Les résultats des entreprises, qui dépassent le plus souvent les attentes malgré les vents contraires, sont un motif d’optimisme. Certains secteurs comme les technologiques mais aussi les micro-processeurs, les automobiles, les cartes de crédit, les pharmaceutiques et le tourisme font preuve d’une grande résilience. Sans oublier les GAFAM dont les cours ont globalement progressé et bien sûr, les pétrolières dont les profits crèvent les plafonds. Au total, le S&P 500 et le Nasdaq ont gagné respectivement 4,26% et 4,70% sur la semaine (7,97% et 11,35% sur le mois). En Europe, le Stoxx 600 a progressé de 2,96% sur la semaine et de 7,95% en juillet. Les titres allemands ont comparativement moins bien performé en raison de la menace que la pénurie de gaz fait peser sur la capacité industrielle du pays.

Taux US : un traitement de choc. 

Mercredi dernier, la Fed a relevé son taux directeur de 0,75% pour l’amener dans la fourchette 2,25% - 2,50%. Jerome Powell n’a pas exclu une nouvelle « hausse importante » en septembre et les économistes se partagent entre 0,5% ou 0,75%. Le marché escompte, lui, un taux à 3,3% à la fin de l’année. Il y a fort à parier que la Fed va poursuivre sa stratégie agressive. D’abord, Jerome Powell a fait de la lutte contre l’inflation sa priorité. « La stabilité des prix est la condition qui fait tourner la machine économique »  a-t-il répété. Ensuite, l’inflation ne baissera pas de sitôt. L’indice des dépenses de consommation personnelles, la mesure des prix la plus suivie par la Fed, a encore progressé à 6,8% en juin. Le risque, bien sûr, serait de faire subir un atterrissage brutal à l’économie américaine comme semble l’indiquer le recul de 0,9% du PIB au deuxième trimestre, faisant suite à un premier trimestre négatif. Techniquement, cela signifie que l’économie américaine serait déjà en récession mais ni Jerome Powell ni Janet Yellen n’abondent dans ce sens. Pour eux, l’activité reste soutenue, comme l’indique le faible taux de chômage et la tension sur les salaires. Il reste donc encore de la marge pour poursuivre une hausse des taux. Certains soutiennent cependant que le resserrement du crédit est insuffisant pour juguler l’inflation et que des mesures fiscales d’accompagnement sont nécessaires. C’est la position de l’ancien Secrétaire au Trésor Larry Summers, qui fut l’un des premiers à tirer la sonnette d’alarme sur l’inflation. Il préconise de lever des impôts pour éponger la demande. Summers estime aussi que seule une récession permettra de réduire l’excès d’inflation.

Rayon de soleil estival en Europe. 

Vendredi, on a eu droit à un déluge de statistiques macro-économiques sur l’état de santé des pays de la zone euro. Au chapitre de l’inflation, c’est toujours aussi mauvais. La fièvre ne retombe pas, bien au contraire. Elle a atteint 8,9% en juillet, 4% sans l’énergie et les denrées alimentaires. La France reste la meilleure élève avec 6,8% mais les Pays-Bas sont à 11,6% et l’Espagne à 10,8%. Une situation intenable à terme. Heureusement, la croissance est meilleure que prévue : 0,7% dans la zone euro alors qu’on n’attendait que 0,2%. Celle-ci est stimulée en grande partie par le tourisme, les loisirs et la restauration comme l’attestent les chiffres de l’Espagne  (+ 1,1%), de l’Italie (+ 1%) et de la France (+ 0,5%). Les Européens ont voulu s’offrir une tranche de bon temps avant un hiver qui s’annonce redoutable. L’Allemagne reste à la traine avec une croissance nulle en raison du ralentissement de l’activité industrielle. Ce bilan de santé, - fièvre inflationniste élevée mais état général résilient, - donne à penser que le traitement de la BCE pourrait être plus agressif que prévu. Soit un relèvement de 50 points de base en septembre, ce qui amènerait le taux directeur à 1%.

Gazprom ferme un peu plus le robinet du gaz.

On s’y attendait un peu. Après l’arrêt provisoire du gazoduc Nord Stream 1 pour cause de maintenance, l’approvisionnement a redémarré mais il a été réduit de moitié. L’Europe ne reçoit plus que 20% du volume de gaz dont elle bénéficiait avant la guerre. Les prix ont aussitôt flambé pour dépasser 200 euros le MWh, dix fois plus qu’il y a un an. Face au scénario probable d’une fermeture définitive du robinet du gaz, les pays européens n’ont pas tardé à réagir. L’Allemagne, qui est la plus touchée, a adopté des mesures de rationnement. A Berlin, les monuments ne sont plus éclairés et à Hanovre,  l’eau chaude a été supprimée dans les bâtiments municipaux. Mais la principale initiative est à l’actif de la Commission européenne. Elle a proposé de réduire de 15% la consommation sur l’ensemble du territoire européen, ce qui permettrait d’économiser l’équivalent d’un tiers de la consommation annuelle de gaz russe. Une douzaine de pays (dont la Belgique), moins dépendants du gaz russe, ont refusé de se plier à une réduction unilatérale. l’UE a été forcée de trouver un compromis. Le plan de réduction de 15% se fera sur base volontaire, pays par pays. Il ne deviendrait obligatoire qu’en cas de situation critique.

Italie : « l’homme malade » de l’Europe fait une rechute.

Le séisme politique qui secoue l’Italie arrive au plus mauvais moment et risque de précipiter l’Europe dans une crise grave. Une de plus. Trois partis de la coalition au pouvoir (Forza Italia, la Ligue et MI5) ayant refusé d’accorder leur confiance à Mario Draghi, celui-ci a donné sa démission. Le président Mattarella a appelé à de nouvelles élections le 25 septembre. Le parti d’extrême-droite Frères d’Italie dirigé par Georgia Meloni est en tête des sondages. La coalition qu’elle formerait avec Forza Italia et la Ligue du populiste Matteo Salvini disposerait d’une large majorité dans les deux chambres. Il est même possible que ce bloc décroche les deux tiers des sièges, ce qui lui permettrait de modifier la Constitution. Sachant que deux de ses composantes sont euro-sceptiques, on imagine la menace qu’un tel gouvernement représenterait pour l’unité européenne. On s’attend cependant à ce que cette coalition fasse profil bas car l’Italie, qui ploie sous une dette de 2,7 trillions, doit toucher la plus grosse part du Fonds de relance européen destiné à soutenir son économie défaillante. Une nouvelle tranche de 19 milliards est attendue le 31 décembre, à condition que l’Italie adopte des réformes structurelles. Si la nouvelle coalition au pouvoir s’y oppose, elle n’aura rien. Plus grave encore, le soutien de la BCE aux pays de la zone euro en difficulté, via le plan de rachat d’obligations TPI, dépend lui aussi de l’adhésion à ces réformes. Il y a fort à parier qu’avec une coalition souverainiste au pouvoir, le spread entre les taux italiens et allemands s’élargira. Si de surcroît, la BCE rechigne à intervenir, les taux italiens partiront à la hausse et la charge de la dette italienne deviendra vite intolérable, précipitant une nouvelle crise de l’euro et des dettes souveraines. Et tout ça dans un contexte d’inflation galopante, de crise énergétique et de populations au bout du rouleau. Un cocktail explosif !

Qui va remplacer BoJo ?

Le 5 septembre, on saura qui de l’ex ministre des finances Rishi Sunak ou de l’actuelle ministre des affaires étrangères Liz Truss succèdera à Boris Johnson. 175.000 membres du parti conservateur sont appelés à voter, ce qui représente 0,35% de la population britannique. Pour l’heure, les sondages donnent Liz Truss largement en tête avec 62% des suffrages. Liz Truss est une libérale pro-business qui veut réduire le rôle de l’Etat et simplifier l’administration. A la différence de Rishi Sunak, qui préconise de réduire l’inflation avant de songer à baisser les impôts, Liz Truss veut à la fois baisser les taxes et augmenter les dépenses (notamment militaires). Cette approche consistant à vouloir le beurre et l’argent du beurre est qualifiée de « cakeism » par les Anglais. Liz Truss, qui fut contre le Brexit avant de changer son fusil d’épaule et qui a tendance à se prendre pour Margaret Thatcher, peut se vanter d’avoir une expérience ministérielle. Nombreux sont ceux qui doutent cependant de sa capacité à diriger le paquebot britannique dans un contexte de crise grave. D’autant plus que le Royaume-Uni souffre de défauts structurels importants : faible productivité, revenus qui stagnent, fortes inégalités, investissements insuffisants. L’UE doit également s’attendre à ce le gouvernement Truss détricote unilatéralement le protocole irlandais.

Résultats des entreprises : le verre à moitié plein.

La saison des résultats bat son plein et les entreprises affichent souvent des résultats au delà des attentes, même si leurs bénéfices reculent par rapport à 2021. Selon le tableau de bord I/B/E/S de Refinitiv en date du 26 juillet, 75,9% des 133 compagnies du S&P 500 ont annoncé des bénéfices surpassant les estimations. Ce chiffre est moins élevé mais reste au dessus de la moyenne (57,1%) pour les 98 entreprises européennes du Stoxx 600. Cette bonne tenue relative des entreprises concerne de nombreux secteurs. Au hasard, on note les prévisions encourageantes de Renault, en dépit d’une dépréciation due à l’arrêt de ses activités en Russie et de Volkswagen, qui prévoit un deuxième semestre solide en raison d’une forte demande. Ailleurs aussi, les résultats surprennent favorablement : Merck, BNP Paribas, Mastercard… La liste est longue. Parmi les GAFAM, Apple a surpassé les prévisions des analystes. Même si sa croissance est loin d’atteindre celle de l’année dernière, les ventes de l’iPhone 13 restent très solides. Amazon affiche également une bonne santé avec un chiffre d’affaires en progression de 7%, dû notamment aux résultats de sa division cloud. Le titre a bondi de 10% cette semaine. Les résultats de Microsoft sont restés en deçà des prévisions en raison de la dépréciation des devises face au dollar mais les perspectives de la firme sont positives. Il n’y a que Meta (Facebook) qui boit la tasse. Non seulement les résultats déçoivent les attentes mais les perspectives restent sombres. Mark Zuckerberg a annoncé que l’entreprise « devait faire plus avec moins de ressources ».  Enfin, est-il nécessaire d’ajouter que les profits des pétrolières – BP, Shell, Exxon, Chevron, TotalEnergies -, qui progressent encore par rapport au premier trimestre, frisent l’indécence.

Toute l'équipe de Goldwasser Exchange vous souhaite une bonne semaine.