Goldwasser Exchange

+32 (0)2 533 22 40
Du lundi au vendredi de 9h à 17h30

Accès client

DEME a le vent en poupe à la bourse de Bruxelles

Depuis son introduction en bourse en juin, et son affranchissement de sa maison-mère CFE, le pionnier des parcs éoliens en mer DEME a progressé de 18%, surperformant les indices bruxellois.

Berenberg a notamment contribué au bon comportement de la valeur en entamant dernièrement le suivi du dossier, avec un objectif de cours de 140 euros, impliquant un potentiel de hausse de 20 pour cent sur base du cours en vigueur.

Ce faisant, le courtier allemand est le plus optimiste sur le spécialiste de l’installation de parcs éoliens en mer (environ un tiers de ses ventes) et du dragage, cette opération industrielle consistant à extraire les matériaux situés sur le fond d'un plan d’eau pour en faire des voies navigables ou des digues.

Dans un rapport de 54 pages, l'analyste Christoph Greulich note que l’action se traite à 20 fois le bénéfice net attendu pour 2023 avec une valeur d'entreprise (dette comprise) de 6,5x le bénéfice opérationnel.

Comme d'autres analystes, Greulich met en avant les fortes perspectives de l'énergie éolienne offshore au cours de la décennie à venir, avec en toile de fond, la volonté européenne de réduire sa dépendance aux importations d’hydrocarbures russes, susceptible de donner un nouvel élan à l’industrie.

Rappelant que DEME est l’un des précurseurs du secteur, Berenberg s’attend à ce que le groupe en profite pleinement, avec un nombre d'installations éoliennes offshore qui devrait quadrupler d'ici 2030 (Chine exclue).

En parallèle, le marché ne devrait pas non plus sous-estimer les activités de dragage, estime l’analyste de Berenberg.

"Après cinq années de vaches maigres, nous observons une reprise progressive du marché. La crise énergétique va relancer la demande européenne grâce à la construction de terminaux de gaz naturel liquéfié. Ce sera aussi le cas dans les pays exportateurs d’hydrocarbures, comme ceux du Moyen-Orient qui réinvestissent leurs rentes élevés".

Conjugué à la montée des eaux et à l'urbanisation des zones côtières, ces différents éléments devraient jouer en faveur de Deme. Berenberg pointe également les barrières élevées à l'entrée dans le secteur en raison du niveau élevé d’investissement.

Léger recul des prévisions bénéficiaires

Côté opérationnel, DEME a clôturé le premier semestre sur un chiffre d'affaires en hausse de 22% à 1,29 milliard d’euros.

Celui qui est également actif dans l'assainissement des sols, l'exploitation minière en eaux profondes et l'hydrogène vert, a par ailleurs signé un bénéfice net en progression de 13% à 35 millions d’euros.

Relativement bien équilibré entre l’éolien et le dragage, le carnet de commandes a reculé en revanche de 5,9 milliards d’euros à la fin de 2021 à 5,6 milliards six mois plus tard.

La dette nette a atteint pour sa part 573,7 millions d'euros, contre 392,7 millions d'euros fin 2021.

En disant s’attendre à un bénéfice net légèrement inférieur à celui de l’année passée, DEME a en revanche déçu. En arrière plan, les tensions dans la chaîne d'approvisionnement, l'augmentation des prix des matériaux et des carburants et une attitude plus prudente des clients.

Selon Degroof Petercam (à conserver, 125 euros), on estime que les vents contraires auquel fait face l’activité de dragage (mises en cale sèche, répercussion de l'inflation des coûts, capacité inutilisée entre les projets) devrait être temporaires, et dit s'attendre à ce que l’entreprise renoue avec sa croissance bénéficiaire à partir de 2023.