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Spectaculaire recul des obligations Telecom Italia

Coup de froid sur les obligations Telecom Italia. En cause: la remontée globale des taux d’intérêt, mais pas seulement. Oblis fait le point.

Par exemple, l’obligation Telecom Italia Finance SA au coupon de 7,75% et libellée par coupures de 1.000 euros cote actuellement aux alentours de 104% du nominal alors qu’elle évoluait encore à 147% il y a un an environ (cfr graphique). La baisse est donc spectaculaire et l’évolution du rendement l’est tout autant. Ce dernier est de l’ordre de 7,18% pour une maturité fixée au 24 janvier 2033.

Sur une échéance similaire, en dollar cette fois, l’obligation Telecom Italia Capital SA offrant un coupon de 6% et libellée par coupure de 1.000 affiche un parcours similaire, avec des prix désormais bien en deçà du pair: 75,39% au dernier relevé. Autrement dit, le rendement se voit propulsé à 9,48% pour une échéance fixée au 30 septembre 2034.

La maturité plutôt éloignée de ces deux emprunts, chacun noté « BB- » dans la catégorie « High yield » (spéculative) chez Standard & Poor's, peut expliquer le net recul des prix sur le marché secondaire. Mais il faut aussi chercher du côté de l’actualité de l’entreprise.

Offre de KKR

En effet, les créanciers ont plutôt mal accueilli l’annonce d’une perte de 8,65 milliards d’euros, conséquence d’importantes dépréciations d’actifs, au titre de l’année 2021. Mais ils ont surtout retenu la présentation du plan stratégique présenté par le nouveau PDG du groupe, Pietro Labriola. Un plan perçu comme une alternative à l’offre de rachat lancée par le fonds d’investissement américain KKR qui s’était déclaré (en novembre 2021) prêt à racheter Telecom Italia pour près de 11 milliards d’euros. Une offre qui avait été plutôt bien reçue chez certains investisseurs, mais elle a capoté face au refus de Telecom Italia de donner accès à ses comptes.

NetCo et ServCo

Quant au plan stratégique de Pietro Labriola, il consiste à scinder les activités de téléphonie fixe, donc l’infrastructure (réseau en fibre et en cuivre), des activités de services pour loger celles-ci dans deux sociétés distinctes, NetCo et ServiceCo respectivement. Ce plan permettrait de fusionner le réseau de Telecom Italia avec celui de son rival OpenFiber, sous le contrôle de l’État Italien via la Caisse des dépôts italienne (Cassa Depositi e Prestiti, CDP), qui est actionnaire des deux sociétés. Avantage de l’opération: réaliser des économies d’échelle aux niveaux des investissements tout en créant un champion unifié du haut débit.

Elections & valorisation des actifs

Le dossier pourrait connaître une avancée, maintenant qu’un résultat clair s’est dégagé des élections générales qui ont eu lieu en Italie. Selon l’agence Bloomberg, la CDP serait prête à aller de l’avant avec une offre longtemps attendue sur le réseau de Telecom Italia. « Avec un résultat électoral clair offrant la perspective d'un nouveau gouvernement stable, les conseillers d'un groupe d'investisseurs dirigé par la CDP, finalisent une offre qui devrait être soumise dans la première moitié du mois d’octobre », indique Bloomberg.

La valorisation des actifs reste toutefois au cœur des préoccupations. D'un côté, les conseillers de Telecom Italia l'évaluaient initialement à environ 20 milliards d'euros. De l'autre côté, Vivendi, le principal actionnaire de l'opérateur, l'estime autour de 31 milliards d'euros.