Goldwasser Exchange

+32 (0)2 533 22 40
Du lundi au vendredi de 9h à 17h30

Accès client

Tout savoir sur la chute de l'action Colruyt, au plus bas depuis 2006

En disant s’attendre à ce que ses coûts augmentent de plus de 200 millions d’euros, avec un impact qualifié de "considérable" sur son bénéfice pour l’exercice en cours, Colruyt a douché les marchés et plongeait de 22% en matinée.

Hausse des coûts

En marge de l'envolée des prix de l’énergie, du transport et des coûts liés à l’indexation des salaires, le leader belge de la grande distribution s’attend ainsi à ce que son résultat soit considérablement réduit.

Réuni en assemblée générale avec ses actionnaires hier soir, Colruyt a ajouté que "l'incertitude résultant de la situation géopolitique et de la crise énergétique pourrait encore influencer ses prévisions".

Le groupe de Halle affirme qu'il restera très attentif à l’évolution de ses coûts et à sa trésorerie, de sorte de pouvoir conserver sa politique des prix les plus bas.

Dès l’ouverture, le pensionnaire du Bel20 s’est écroulé de 22% sous les 23 euros. Il faut remonter à 2006, soit plus de 16 ans, pour retrouver un tel niveau de faiblesse de la valeur.

Les analystes réagissent

KBC Securities a abaissé dans la foulée "d’accumuler" à "conserver" sa recommandation sur l’action, dont l'objectif de cours se voit ramené de 31,00 à 29,00 euros.

En charge du dossier, Michiel Declercq rappelle que l’exercice 2021/22 s’était déjà traduit par un résultat en nette baisse de 31% à 288 millions d’euros. Selon l’analyste, ce même résultat devrait encore fondre de 25% pour l’exercice en cours à 217 millions d’euros.

Dans une note intitulée "Doom & Gloom", que l’on peut traduire littéralement par "pessimisme et morosité", Degroof Petercam confirme sa recommandation "à conserver" et son target price de 30,00 euros, lequel valorise Colruyt en ligne avec ses pairs du secteur, fait savoir le courtier.

Ce dernier a toutefois réduit ses prévisions de bénéfice opérationnel de 339 à 297 millions d’euros pour l’exercice en cours, et fait remarquer que la hausse de l’endettement annoncée par le distributeur était anticipée, mais sera plus élevée que prévu.

Degroof ajoute avoir relevé la valorisation "cachée" de Parkwind, qui chapeaute les activités d’éolienne en mer du groupe Colruyt et de la famille éponyme, de 300 à 550 millions d’euros, de quoi compenser en partie l'impact de la baisse du bénéfice opérationnel.

Michiel Declercq estime lui que la vente partielle de Parkwind pourrait constituer un catalyseur pour l’action.

Parts de marché sous pression

Citant une exécution très cohérente de sa stratégie de prix les plus bas, Degroof rappelle que Colruyt n'est pas seulement le leader du marché, mais aussi très rentable et générateur de trésorerie. Pour autant, malgré tous les investissements, il est devenu de plus en plus difficile pour le distributeur de gagner des parts de marché.

En arrière-plan, l’arrivée d'Albert Heijn et celle attendue de Jumbo qui conduit à une concurrence accrue.

Le broker rappelle que Colruyt a déjà perdu 80 points de base de parts de marché en marge de la pandémie et des mesures sanitaires, un environnement dont ont tiré profit les magasins de proximité dans lesquels Colruyt est sous-représenté.

Grâce à sa garantie des prix les plus bas, Degroof s’attend certes à ce que Colruyt soit en mesure de gagner des parts de marché sur fond de pouvoir d'achat des consommateurs sous pression. 

Pour y arriver, de plus en plus d'efforts seront toutefois nécessaires, ce qui entravera la croissance des bénéfices et la génération de flux de trésorerie, conclut-il.