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Les marchés en mode turbo. L’inflation reculerait-elle enfin ? Le résumé de la semaine.

Goldwasser Exchange fait le point sur ce qu’il faut savoir pour commencer la semaine.

Des bourses euphoriques.

La semaine a été marquée par deux surprises de taille. D’abord, déjouant les pronostics des instituts de sondage, les élections américaines de mi-mandat n’ont pas donné lieu à “une vague rouge”. Les démocrates ont globalement bien résisté. Ils peuvent espérer conserver la majorité au Sénat et ne la perdront que d’une poignée de sièges à la Chambre des représentants. Mais c’est surtout l’annonce jeudi d’un ralentissement de l’inflation US à 7,7% qui a fait l’effet d’un électrochoc et propulsé les bourses. En juin, l’indice des prix CPI s’élevait encore à 9,1%. Les investisseurs ayant estimé que le pic de l’inflation était désormais dépassé, ils ont fêté la nouvelle par un rallye spectaculaire. Le S&P 500 bondissait de 5,54% et le Nasdaq, de 7,35%. Du jamais vu depuis 2020 ! Les bourses européennes n’étaient pas en reste avec un DAX en progression de 3,51% et un Stoxx 600 en hausse de 2,75%. En même temps, les taux US plongeaient et l’euro repassait largement au dessus de la parité pour atteindre 1,0213 dollar. Les technologiques étaient particulièrement en verve. Amazon reprenait 12,18%, Nvidia 14,33%, Salesforce 10,02% et Apple 8,90%. Vendredi, les marchés ont consolidé leurs gains. La journée était plus calme sauf sur le front de l’euro, qui a poursuivi son envolée face au billet vert en cotant 1,0352 dollar à la clôture.

L’inflation US ralentit.

L’indice des prix CPI pour le mois d’octobre a progressé de 0,4% et affiche 7,7% sur base annuelle alors que les analystes tablaient respectivement sur 0,6% et 7,9%. L’essence et les coûts associés au logement sont les principaux responsables de la hausse. L’indice sous-jacent (hors énergie et produits alimentaires) se comporte également mieux que prévu: 0,3% et 6,3%. Est-ce le tournant tant attendu? Peut-être mais cela demande à être confirmé. En attendant, quatre membres de la Fed se sont exprimés pour un ralentissement de la hausse des taux tout en gardant fermement le cap d’un resserrement du crédit car l’inflation est loin d’être jugulée. Vendredi, les “Fed Funds futures” indiquaient 85% de chances en faveur d’une hausse de 0,5% des taux directeurs le 14 décembre et ils prévoient désormais un taux terminal à 4,82%.

Midterms: pas de raz-de-marée républicain.

La vague rouge annoncée par les sondagistes n’a pas eu lieu. Les démocrates ont tenu bon sauf en Floride, au Texas et dans l’Etat de New-York, où ils ont cédé du terrain. Mais ils ont bien résisté dans les grands Etats du Nord, notamment au Michigan, où Gretchen Whitmer l’emporte largement au poste de gouverneur et en Pennsylvanie où le géant à cagoule John Fetterman, à peine remis d’un AVC, a finalement triomphé de Mehmet Oz, le médecin télévisuel soutenu par Donald Trump. Côté républicain, le grand vainqueur est sans conteste le gouverneur de Floride Ron DeSantis, qui a gagné avec 20 points d’avance et s’annonce comme un concurrent possible de Donald Trump aux primaires de 2024. Les autres triomphateurs de ces élections sont les défenseurs de l’avortement, qui sont parvenus à graver le droit à l’IVG dans les Constitutions de plusieurs Etats. Le grand perdant est Trump. Plusieurs candidats adoubés par lui ont mordu la poussière et il n’aura pas l’occasion de surfer sur un raz-de-marée républicain pour annoncer sa candidature. La seule tempête qui a soufflé ce soir-là était du côté de Mar-a-Lago.

Encore un camouflet pour Poutine.

Deux jours à peine après l’annonce de l’évacuation de Kherson par le ministre russe de la défense Sergueï Choïgou, la ville a été effectivement libérée par les soldats ukrainiens, à la grande joie des habitants restés sur place. Seule capitale provinciale conquise par l’armée russe au début de l’invasion, l’oblast de Kherson avait été annexé de facto par Moscou. Poutine s’était, paraît-il, opposé à une évacuation en septembre mais l’armée russe n’avait plus d’autre choix que d’opérer un retrait, les lignes d’apprivisionnement ayant été systématiquement pilonnées par l’artillerie ukrainienne. Contrairement à ce qui s’était passé à Lyman, les 30.000 soldats russes se sont retirés dans un bon ordre relatif, détruisant le principal pont derrière eux. Ils ont pris position sur la rive Est du Dniepr où ils auront un avantage stratégique. Il est probable que les deux camps feront une pause durant l’hiver pour reconstituer leurs forces tout en poursuivant leur guerre d’usure par artillerie interposée. L’occasion sera-t-elle mise à profit pour lancer une initiative de paix ou établir un cessez-le-feu ? Les jours de Poutine sont-ils comptés ? Les rumeurs vont bon train mais depuis neuf mois, elles ont généralement été démenties par la réalité.

Joe Biden et Xi Jinping en tête-à-tête.

Ils se rencontreront lundi 14 novembre, en marge du sommet du G20 à Bali. Il ne faut pas attendre grand-chose de ce sommet si ce n’est que chaque dirigeant tracera pour l’autre les lignes rouges à ne pas dépasser. Ce face à face a pour but de “mieux comprendre les priorités et les interêts de chaque partie” a déclaré un officiel de la Maison-Blanche. Nul doute que les deux dirigeants aborderont la question de Taiwan et la liberté de navigation en mer de Chine.  Joe Biden s’est trouvé à plusieurs reprises en contradiction avec la position américaine dite “d’ambiguité stratégique” en déclarant que les Etats-Unis défendraient l’île si celle-ci était attaquée. De son côté, Xi Jinping a déclaré que Beijing “ne renoncera jamais à la force en vue de la réunification de la Chine”, ce qui en langage clair signifie qu’elle le fera le jour où elle possédera une supériorité militaire écrasante. L’autre sujet de discussion concernera les pratiques économiques déloyales de la Chine, au premier chef, les transferts forcés de technologie. La maîtrise des technologies d’avenir est un enjeu critique car les Américains veulent conserver leur avance. Avec le “Chips Act” voté en juillet, ils ont décidé d’investir massivement dans les puces made in USA et les entreprises doivent désormais demander l’autorisation de vendre des composants de pointe à la Chine. Ce recentrement stratégique américain a pour but de freiner les ambitions chinoises. La technologie américaine étant dominante, ce sont toutes les entreprises mondiales du secteur qui sont concernées par la volonté de découplage.

Twitter au bord du chaos.

Elon Musk doit se demander quelle mouche l’a piqué en décidant de reprendre Twitter. Deux semaines après son arrivée, le navire prend eau de toutes parts. Pour maintenir la plateforme à flot, il a viré près de 3.700 employés. La moitié du personnel. Aux autres, il a exigé des semaines de 80 heures et banni le télétravail. Des départements entiers, dont celui de la communication, ont été supprimés. Les responsables de la sécurité et de la confidentialité des données ont démissionné, ce qui a amené l’Agence américaine de la concurrence à lancer un avertissement à Elon Musk. Des annonceurs importants dont General Motors, Carlsberg et Audi ont décidé de suspendre provisoirement leurs publicités en attendant d’y voir plus clair dans la politique de modération de la plateforme. Le lancement de l’abonnement Twitter Blue à 8 dollars/mois comprenant la certification a fait le bonheur des plagiaires, qui ont profité de l’aubaine. Face au déferlement de faux comptes Trump et Lebron James, Musk a dû suspendre provisoirement son offre. Agitant la menace d’une “chute massive des revenus”, il a même évoqué la possibilité d’une banqueroute. Il ne doit pas être loin de la vérité car au taux actuel, Twitter doit 1,2 milliard de dollars par an aux banques, qui elles-mêmes, s’attendent à prendre un bouillon sur la partie du prêt non sécurisée. Et cerise sur le gâteau, un actionnaire de Tesla intente un procès à Musk au motif que le package de 56 milliards que celui-ci avait négocié ne se justifie pas, le boss partageant son temps entre Tesla, SpaceX et Twitter.

L’obligation de la semaine.

Le géant de l’alimentation Nestlé a émis trois nouvelles souches obligataires en euros pour les échéances 2028, 2031 et 2034, dont les coupons vont de 3% à 3,375%. Principal avantage: elles sont proposées par coupures de 1.000 euros, ce qui les rend accessibles à tous les portefeuilles. A titre d’exemple, l’obligation Nestlé Finance International arrivant à maturité le 15 mars 2028 est proposée à 100,12% de sa valeur nominale. Son coupon s’élève à 3%, ce qui correspond à un rendement de 2,97%. Ces obligations n’ont pas encore obtenu de ratings mais le groupe Nestlé bénéficie d’une notation “investment grade” (AA- chez Standard & Poor’s et Aa3 chez Moody’s). Nestlé est l’un des principaux groupes agro-alimentaires au monde. Il  emploie 270.000 personnes et vend plus de 2.000 produits alimentaires, de santé et de bien-être dans 186 pays. Sa capitalisation avoisine les 300 milliards d’euros.

L’action de la semaine.

On attend les résultats trimestriels de Nvidia, Walmart, Applied Materials, des européennes Vodafone, Siemens, Bouygues et Alstom ainsi que des géants chinois Tencent, Alibaba, Baidu, Weibo et JD.com. Oblis a déjà eu l’occasion de mentionner Nvidia, leader mondial dans le domaine des processeurs et cartes graphiques. Les processeurs et interfaces Nvidia se retrouvent dans une vaste gamme d’applications: des jeux vidéo à la conduite autonome, des data-centers aux super-ordinateurs. Le titre est toutefois en baisse de 50% depuis près d’un an en raison de l’engorgement du secteur des jeux vidéo et du recul des ventes de PC. Ce ralentissement de la demande touche également les data-centers. De plus, Nvidia subit aussi la concurrence de AMD et ses ventes en Chine ont été freinées par la décision américaine d’interdire les fournitures de puces à haute performance susceptibles d’avoir des applications militaires. Nvidia est une entreprise promise à un grand avenir mais l’action se négociant à 40 fois les bénéfices prévisionnels de 2023, est chère.

Dans la déferlante des sociétés ayant publié leurs résultats, il faut mettre en évidence Visa, qui reste un actif solide. Les revenus et les bénéfices de Visa ont affiché une hausse de 19% pour le trimestre et de 22% et 27% pour l’année fiscale 2022. En dépit d’un contexte marqué par l’inflation, les paiements par carte Visa ont augmenté de 10%. Visa a augmenté son dividende de 20% mais celui-ci reste modeste (moins de 1%). La firme a racheté ses titres à hauteur de 14,8 milliards de dollars cette année et elle compte procéder à un rachat de 12 milliards dans l’année qui vient, preuve d’une confiance dans ses perspectives. Avec son cours/bénéfices prévisionnels de 29 le titre est cher et Visa pourrait souffrir d’une récession plus sévère que prévue mais pour un grand nombre d’analystes, Visa reste un bon investissement à long terme.

Toute l'équipe de Goldwasser Exchange vous souhaite une bonne semaine.