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Le boom des technologiques va-t-il continuer en 2021 ?

Le titre Tesla va-t-il poursuivre son ascension stratosphérique ? Et Amazon ? Et Apple ? Est-ce tenable ? N’a-t-on pas affaire à une bulle ? Ce sont des questions à plusieurs trillions auxquelles il est difficile de répondre. En revanche, il est possible de dégager les tendances de fond qui marqueront 2021. Une chose est sûre, bulle ou pas bulle, la technologie demeurera le principal moteur de croissance des économies. Par conséquent, investir dans ce secteur reste une stratégie gagnante.  

C’est une évidence. Les technologiques qui étaient déjà les grandes vedettes des marchés financiers avant le coronavirus, sont passées à la vitesse supérieure en 2020. La pandémie a eu pour effet de nous plonger encore un peu plus dans la vie numérique pour assurer l’essentiel de nos activités : travail, études, loisirs, communications, approvisionnement. Chacun s’est rendu compte que les Zoom, WhatsApp, Netflix, Amazon étaient devenus indispensables pour continuer à fonctionner. Il n’est donc pas surprenant que les titres de ces entreprises se soient littéralement envolés en 2020, avec un indice Nasdaq 100 clôturant l’année sur une progression de 44%. 

Un article récent du Financial Times l’illustre parfaitement. Les technologiques au sens large se taillent la part du lion des meilleures performances des entreprises de plus de 10 milliards de dollars de capitalisation. Celle d’Apple dépasse maintenant 2 trillions de dollars. Tesla a bondi de 787% en 2020 et a encore gagné 25% depuis le 1er janvier. Zoom a pris 413%. Le géant Amazon a grimpé de 73%. Sans oublier les autres qui ont plus que doublé en 2020 : Pinterest, Snap, DocuSign, Shopify, Roku, les applications de paiement en ligne Square et Paypal, les fabricants de puces Nvidia et AMD. Cette hausse spectaculaire ne s’est d’ailleurs pas limitée aux entreprises américaines. 36 firmes chinoises se classent dans le top 100, tels les sites d’e-commerce Pinduoduo, JD.com et Meituan ou les fabricants de véhicules électriques BYD et CATL.  

Les technologiques vont-elles poursuivre leur folle ascension en 2021 ? Si la pandémie recule, ne vont-elles pas finir par céder leur place à d’autres secteurs, en particulier ceux qui furent massacrés en 2020, tel le tourisme ou les compagnies aériennes ? Les technologiques étant devenues très chères, assistera-t-on à une rotation du marché vers des valeurs de croissance classiques, voire des valeurs défensives ?  Sans oublier la question qui est sur toutes les lèvres : faut-il craindre l’explosion d’une bulle rappelant celle des dot-coms en 2000 ? 

Sur cette dernière question, les avis sont partagés. Ceux qui croient à la formation d’une bulle ont des arguments à faire valoir, comme le prouve le cas Tesla. La capitalisation de Tesla dépasse maintenant celle combinée des dix principaux constructeurs, dont Volkswagen et Toyota, alors que la firme d’Elon Musk représente moins de 1% du marché automobile avec ses 500.000 véhicules vendus en 2020. Même si les projections les plus optimistes prévoient que Tesla vendra 1,7 millions de véhicules en 2025, cela ne représentera jamais que 3% du marché mondial. 

A l’heure actuelle, Tesla vaut 1760 fois ses profits 2020, alors que cela ne fait que cinq trimestres que cette firme dégage des bénéfices, et ceci en partie grâce à l’appoint de ses crédits-carbone. Ajoutons à cela que les marges brutes sont relativement faibles dans le secteur automobile, que Tesla doit s’attendre à une concurrence impitoyable de la part des constructeurs européens et surtout chinois et que sa part du marché des voitures électriques tournera autour de 15% dans les années à venir. En d’autres termes, aucun élément fondamental ne justifie le prix actuel du titre Tesla. C’est avant tout le résultat d’une spéculation frénétique.  

On peut citer d’autres exemples, tel celui de Airbnb, dont la capitalisation (90 milliards de dollars) représente un tiers des 25 plus grandes chaînes hôtelières. Certes, Tesla et Airbnb font partie de la nouvelle économie et la comparaison avec les entreprises traditionnelles n’est peut-être pas pertinente mais nouvelle économie ou pas, à la fin de la journée, la valorisation d’une entreprise se juge sur ses bénéfices. 

Pourtant, malgré les valorisations excessives de certains titres qui font craindre la menace d’une bulle, la plupart des analystes restent très optimistes sur les technologiques. D’abord, parce que le basculement du off-line vers le on-line est un phénomène irréversible. Ensuite parce que des entreprises comme les GAFAM génèrent des bénéfices considérables. Assises sur des tonnes de cash et de données exploitables, elles ont l’ambition de conquérir les domaines de la santé, de l’assurance, de la finance, de la monnaie digitale et des véhicules autonomes (comme l’indique le rapprochement récent entre Apple et Hyundai).  

Certes, ces géants doivent s’attendre à subir des procès pour pratiques monopolistiques et devront se plier à des législations visant à réguler leur activité mais les procédures mettront probablement des années avant de déboucher sur des sanctions mettant en péril leur développement. C’est la raison pour laquelle les analystes restent positifs sur leur avenir. Des cinq GAFAM, seul Apple bénéficie de moins de 80% de recommandations d’achat tandis qu’Amazon fait l’unanimité. Cet optimisme s’étend aux technologiques en général. Une étude de la banque UBS indique qu’entre 2015 et 2019, le recul des valeurs technologiques n’a jamais excédé 11% et n’a pas duré plus d’un mois. Ces reflux provisoires ont été suivis d’un rebond de 20% dans les six mois qui ont suivi. Tout recul du secteur doit donc être perçu comme une occasion d’achat. 

Examinons plus en détail quelques créneaux technologiques ayant les faveurs des analystes en 2021

 

Le télétravail

Testé à grande échelle à l’occasion du confinement, il va s’imposer à l’avenir comme le mode de travail de référence pour un grand nombre d’employés. Selon une étude de CCS Insights, 60% des dirigeants d’entreprise en Europe et aux Etats-Unis s’attendent à ce que 25% au moins de leurs employés adoptent cette façon de travailler. D’après une enquête du cabinet McKinsey réalisée dans neuf pays, 20% des employés seraient capables de télé-travailler de 3 à 5 jours par semaine sans perte de productivité, même si l’étude préconise plutôt un mode de travail hybride, alternant travail au bureau et travail à domicile. Les secteurs les plus aptes à adopter le télétravail sont la finance et les assurances, le management et l’informatique. Il va de soi que de nombreux outils de télétravail profiteront de cette lame de fond. Applications de visioconférence (Zoom, Microsoft Teams, Google Meet, Cisco Webex), interfaces de signature électronique (DocuSign), plateformes de collaboration et de mise en réseau basées sur le cloud (Citrix Systems, RingCentral, Dropbox, Slack), tableaux blancs et flipcharts virtuels (Miro, Mural).  

Le cloud

Les entreprises publiques et privées recourent de plus en plus à l’externalisation de leurs ressources informatiques via les services cloud, Cette tendance va se poursuivre du fait de la croissance exponentielle des données. Trois géants dominent le marché du cloud : Amazon Web Services (AWS) leader de l’IaaS (infrastructure en tant que service), Microsoft Azure, leader du cloud hybride (combinaison de cloud privé et de cloud public) et Google Cloud Platform. Alibaba Cloud est le leader en Chine. Des fournisseurs de services tels Oracle, Salesforce, SAP, Workday, Citrix ou Red Hat occupent des niches spécialisées.  

La cyber-sécurité

Elle est de plus en plus indispensable pour assurer la protection des données et rendre les serveurs imperméables aux actions des hackers et des espions industriels. La sécurisation des ressources informatiques est d’autant plus nécessaire que les données transitent sur les réseaux et que les hackers sont de plus en plus habiles comme on vient encore de s’en apercevoir depuis l’intrusion récente d’un groupe de hackers russes dans les serveurs de plusieurs agences gouvernementales américaines. Le comble, c’est que l’attaque a réussi à pénétrer les défenses de FireEye, l’une des principales entreprises de cyber-sécurité américaines. En revanche, elle a échoué à infecter les serveurs de CrowdStrike, une autre entreprise phare du secteur. D’après Statista, les dépenses en cyber-sécurité s’élèveront à 250 milliards de dollars en 2023. 

L’e-commerce

En 2020, les ventes en ligne ont représenté 16,4% du total des ventes de détail. Selon Shopify, 84% des consommateurs, tous âges confondus, ont effectué des achats en ligne durant le confinement et le commerce en ligne a attiré 150 millions de nouveaux utilisateurs. Pour le cabinet McKinsey, l’e-commerce a réalisé en 3 mois la croissance qu’il aurait mis dix ans à atteindre si les conditions avaient été normales. Cette tendance se poursuivra en 2021, même si les commerces « brick & mortar » se redresseront sitôt que la pandémie régressera. Quelques noms généralement cités : JD Com, principal concurrent d’Alibaba et qui pourrait profiter des ennuis du géant chinois ; Pinduoduo qui s’est spécialisé dans les achats groupés ; MercadoLibre, qui opère dans 18 pays d’Amérique Latine ; Etsy, qui se spécialise dans la vente de produits artisanaux ; Shopify, plateforme de commerce électronique permettant à tout un chacun de créer sa boutique en ligne. 

Les fintechs

Font partie de ce secteur, les entreprises qui font appel aux technologies numériques pour proposer de nouveaux services financiers, de la banque en ligne aux plateformes de paiement, des services financiers aux prêts entre particuliers. Les entreprises opérant dans cet espace et qui sont le plus souvent citées sont les plateformes de paiement en ligne Paypal et Square, dont le titre a bondi de 244% en 2020.