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La valeur de la semaine: CMA CGM

Il y a du changement à la tête de CMA CGM, le numéro trois mondial du transport maritime par conteneurs. Jacques Saadé a choisi le lendemain de son 80e anniversaire pour annoncer qu’il quittait son poste de PDG occupé au sein du groupe marseillais qu'il a fondé en 1978.

Au cours de ses nombreuses années à la tête de l’armateur, Jacques Saadé a construit un véritable empire industriel composé aujourd’hui de 29.000 salariés et réalisant un chiffre d’affaires annuel de 15 milliards de dollars.

Mais si l’armateur marseillais a connu les succès, il a aussi traversé les tempêtes comme celle de 2009 qui failli bien emporter l'entreprise. CMA CGM se voyait alors fragilisée par une lourde dette héritée des années 2007-2008, une époque d’euphorie pour l’entreprise, au cours de laquelle la direction pariait sur l'avenir en commandant à grands frais des dizaines de navires.

Malheureusement pour CMA CGM, peu de temps après, le marché du transport maritime allait freiner brutalement. Frappé par la folie des grandeurs et par une surcapacité du marché, le groupe était alors contraint de s’engager dans un processus de restructuration de sa dette.

Il du également mettre en place un plan d'économies. Certains actifs furent cédés, dont la Compagnie du Ponant (croisières de luxe) ainsi qu'une participation dans le port de Malte.

Surcapacité du secteur

Malgré les mesures prises, CMA CGM continue bien malgré lui d’évoluer dans un secteur peu porteur, caractérisé par l’effondrement des prix du fret maritime, dû à la surcapacité et la faiblesse des volumes échangés.

Les derniers résultats trimestriels sont là pour le rappeler. Sur les 12 plus grands armateurs du monde, 11 d’entre eux ont en effet annoncé des résultats négatifs au deuxième trimestre de l’année passée. L’effondrement l’été dernier du géant sud-coréen Hanjin Shipping, septième armateur mondial, laissait même craindre une contagion à l’ensemble du secteur.

"Des navires trop nombreux et trop gros, une croissance et des échanges mondiaux en baisse… la surcapacité frappe le secteur du transport par conteneurs, en faisant lourdement reculer les taux de fret", voilà comment résumait bien la situation le site spécialisé meretmarine.com.

Afin de renforcer sa position concurrentielle sur le marché et de profiter de synergies, CMA CGM a pris le contrôle l’année passée de l’armateur singapourien Neptune Orient Lines. Dans les chiffres, cela s’est traduit par une hausse de 33,9% à 4,47 milliards de dollars du chiffre d’affaires au troisième trimestre.

L'armateur a en revanche clôturé le trimestre sur une perte nette de 268 millions de dollars, contre un bénéfice net de 51 millions un an plus tôt.

Les investisseurs reviennent à l’achat

Depuis leurs plus bas historiques observés au mois de mai dernier, les différentes obligations émises par l’armateur marseillais ont repris du poil de la bête sur le marché secondaire.

Actuellement, il est possible de se positionner sur l’emprunt arrivant à maturité en 2021 à un cours indicatif de 99% du nominal, contre 70% en mai dernier. Le rendement annuel est ramené par la même occasion de plus de 15 à 8% tout rond.

De maturité plus courte puisque remboursable en 2018, l’autre obligation du groupe se traite elle au-dessus du pair à 103% du nominal, avec un rendement annuel ramené à 7%.

Ces deux obligations de type senior non sécurisé sont libellées par coupure de 100.000 euros. Elles sont suivies par l’agence Standard & Poor’s qui leur accorde un rating hautement spéculatif « CCC+ ». L’investissement est fixé dans les deux cas à 100.000 euros en nominal.

Globalement, les titres CMA CGM semblent bénéficier du regain d'intérêt des investisseurs pour les actifs cycliques depuis l'élection de Donald Trump.

Source

Le Figaro, CMA CGM : Jacques Saadé cède les commandes à son fils aîné