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Moody’s dégrade CMA CGM et met en lumière le défi de la dette

La date du mercredi 25 septembre 2019 ne devrait pas laisser un bon souvenir dans la communauté des créanciers obligataires de CMA CGM, puisqu’elle coïncide avec la décision de Moody’s de dégrader les ratings de la compagnie active dans le transport de fret.

Pour planter le décor, signalons que le groupe français basé à Marseille est le quatrième plus important fournisseur de services mondiaux de transport par conteneurs, selon Moody’s, qu’il exploite également des terminaux à containers et qu’il offre des services de transport intermodaux, de transport terrestre et de logistiques. CMA CGM a réalisé l’année dernière un chiffre d’affaires de 23,5 milliards de dollars, un montant qualifié de « record » par l’agence de notation. Il devrait dépasser les 30 milliards avec l’acquisition de Ceva Logistics (bouclée en avril sur une participation de près de 98% du capital de la société rachetée), une opération qui permet au groupe de s’appuyer sur deux piliers : le transport maritime et la logistique.

Mais l’acquisition de Ceva Logistics, toujours déficitaire, a nettement affaibli le profil de liquidité de l’entreprise ces douze derniers mois, estime Daniel Harlid, analyste principal pour la valeur chez Moody’s. Dans ce contexte, le rating des obligations ‘seniors non garanties’ est dégradé d’un cran, de B3 à Caa1, un peu plus bas encore dans la catégorie spéculative.

Chez Standard & Poor’s, la note a été confirmée à B+ mais la perspective réduite de « positive » à « stable », en raison de la performance financière plus faible qu’attendu de Ceva Logistics qui, combinée à de mauvaises conditions macroéconomiques, devrait restreindre la génération de trésorerie et les ratios de crédit, rapporte Spread Research. Et les analystes de la société d’études de crédits de rappeler que CMA CGM doit respecter la clause suivante reprise dans ses contrats de prêts : disposer de minimum  600 millions de trésorerie dans son bilan. 

La société d’études de crédits note rappelle que les obligations 2021, 2022 et 2025 s’échangent non loin de leur point le plus bas sur le marché secondaire et elle conseille de rester à l’écart de ces titres en raison d’incertitudes trop élevées, tant au niveau macroéconomique (guerre commerciale…) que propres à CMA CGM (consommation de trésorerie importante, endettement net élevé, échéances obligataires nécessitant des cessions d’actifs…). La nouvelle réglementation environnementale qui entrera en vigueur en 2020, obligeant l’ensemble des compagnies maritimes à réduire leurs émissions de soufre, constitue un défi supplémentaire.

Sans cession importante d’actifs (vente d’une part minoritaire de Ceva Logistics, cessions de terminaux de containers…), le refinancement de l'emprunt 7,5% 15/01/2021 sur le marché obligataire sera problématique avertit Spread Research.