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Le point sur les obligations des compagnies aériennes

Les investisseurs ont revu sérieusement à la hausse leurs exigences de rendement pour détenir des obligations émises par les compagnies aériennes. Si l’ensemble du secteur est touché, certains transporteurs s’en tirent toutefois mieux que d’autres. Oblis dresse l'état des lieux des bons et des moins bons élèves européens.

Rappelons utilement qu’au plus les investisseurs exigent un rendement élevé pour souscrire à une obligation d'un émetteur, au plus ils estiment que sa solidité financière et sa capacité à honorer ses échéances de dette est sensible.

Deutsche Lufthansa AG

Parmi les transporteurs qui paraissent le mieux traverser la crise (sur base en tout cas du niveau de rendement exigé par le marché), la compagnie allemande Lufthansa, propriétaire de Brussels Airlines, tire clairement son épingle du jeu.

Son obligation remboursable en 2024 affiche certes un rendement annuel plus que doublé sur un an, mais de seulement de 2,50% (coupures de 1.000 euros, rating BB+ chez Standard & Poor’s).

Ce niveau de rémunération relativement faible à l’échelle du secteur, s’explique notamment par le fait que le géant allemand peut compter sur le soutien de son gouvernement, qui lui a concocté un plan de sauvetage passant par une prise de participation de 20% du capital et d'une injection de liquidité de 5,7 milliards d’euros.

Une aide indispensable pour la compagnie qui perdrait un million d’euros par heure et ne transporte plus que 1% du nombre habituel de passagers. Ne s'attendant pas à un redémarrage rapide, Lufthansa a lancé une restructuration qui pourrait mener à des suppressions d'emplois de grande ampleur, et une réduction de sa flotte d'avions.

Ryanair Ltd

Le transporteur irlandais à bas coût, qui entend justement contester devant la justice européenne ce plan de sauvetage, voit lui aussi ses rendements progresser dans des mesures raisonnables.

L'obligation Ryanair arrivant à maturité dans trois ans affiche ainsi un rendement annuel de 3,67%, sur base d’un cours inférieur au pair de 93,30% du nominal (coupure de 100.000 euros rating BBB chez Standard & Poor’s).

Alors que sa flotte est clouée au sol depuis la mi-mars, Ryanair a annoncé dernièrement le licenciement de près de 3.000 personnes en Europe et une reprise de 40% de son trafic en juillet.

 

 

easyJet Plc

Les rendements obligataires sont plus élevés du côté d’easyJet, la low cost britannique concurrente de Ryanair, qui a reçu pour sa part un prêt de 600 millions de livres du Trésor et de la Banque d'Angleterre.

Son obligation remboursable dans trois ans affiche ainsi un rendement de 5,70%, sur base d’un cours inférieur au pair de 86% du nominal (coupure de 100.000 euros, rating BBB- chez Standard & Poor’s).

Rappelons qu’au même titre que Ryanair, le trafic de la compagnie britannique est largement axé sur les voyages de loisir, lesquels devraient redémarrer plus vite que les déplacements pour affaires, du fait notamment de la généralisation du télétravail.

Air France-KLM

L’obligation remboursable dans deux ans par Air France-KLM a vu pour sa part son rendement pratiquement quadruplé en marge de la crise, pointant désormais à 6,60% (coupure de 100.000 euros - pas de rating).

Le transporteur franco-néerlandais a pourtant pu lui aussi compter sur les aides gouvernementales. Il s'est ainsi vu octroyer par l’Etat français une aide de sept milliards d’euros, dont quatre milliards de prêts bancaires garantis à 90% par l’Etat et le solde de prêts directs du même Etat, avec en contrepartie, des engagements sur l’amélioration de sa rentabilité et sur le plan environnemental.

La compagnie, qui dessert 312 destinations dans 116 pays, a annoncé cette semaine que sa capacité allait être réduite de 40% d’ici à 2021 en France, avec la fermeture de destinations, lorsqu’il y a une alternative ferroviaire à moins de 2h30.